Patients et praticiens positifs concernant la stratégie injectable cabotégravir/rilpivirine

Disposer d'une stratégie thérapeutique à longue durée d'action et, qui plus est, injectable constitue, dans l'absolu, une avancée majeure pour la prise en charge des patients vivant avec le VIH surtout lorsqu'on sait toute l'importance d'une bonne adhérence thérapeutique pour garantir l'efficacité virologique.
Mais qu'en pensent concrètement patients et praticiens européens ? Ebauche de réponse avec les résultats intermédiaires de l'étude CARISEL (Cabotegravir and Rilpivirine Implementation Study in European Locations).
CARISEL est une étude de phase IIIb, ouverte et multicentrique d'une durée de 1 an impliquant 437 patients et 70 membres du staff médical de 18 cliniques réparties en Belgique, Espagne, France, Pays-Bas et Allemagne. Le but de cet essai était d'évaluer l'acceptation, la faisabilité et la pertinence de cette nouvelle stratégie de traitement par le biais d'enquêtes et d'entretiens.
En voici les premiers résultats les plus marquants avec un constat intéressant: se frotter concrètement à une nouvelle stratégie de traitement améliore positivement le point de vue initial et atténue les obstacles envisagés de prime abord.
- Si 84% des personnes vivant avec le VIH participant à l'étude et qui ont initié le traitement injectable associant cabotégravir et rilpivirine se montraient positives lors de l'initiation du traitement, ce sentiment positif se renforce avec le temps puisqu'on constate 91% d'avis positifs à 4 mois de suivi.
- Même état d'esprit positif de la part du staff médical avec 84% d'avis positifs pour cette stratégie après 5 mois de suivi.
- La plupart des patients étaient d'accord ou entièrement d'accord pour dire que cabotégravir et rilpivirine était une stratégie acceptable, appropriée et réalisable sur le plan pratique avec des score de 4,6 pour ces trois points sur échelle de Likert à 5 points.
- Les équipes soignantes considèrent que le cabotégravir et la rilpivirine en injectable constitue une stratégie de soin apporte une solution adaptée aux patients vivant avec le VIH notamment parce qu'elle agit positivement sur l'adhérence en restreignant le risque d'oubli (prise des comprimés ou renouvellement des ordonnances) ou celui d'un traitement aléatoire ou carrément abandonné par crainte de stigmatisation.
- Les principaux problèmes concernant la mise en oeuvre pratique de la nouvelle stratégie évoqués par les équipes soignantes au début de l'étude ont vu leur cote diminuer au fil du temps et de la pratique. Ainsi, les principales barrières considérées comme "modérément" à "extrêmement" préoccupantes au mois 1 comprenaient le risque de voir des résistances émerger (36% vs 16% après 5 mois), disposer de personnel en suffisance (34% vs 18% à 5 mois) et douleur à l'injection (34% vs 25% après 5 mois).
Notons enfin que ces résultats sont en ligne avec ceux observés lors de l'étude américaine CUSTOMIZE (présentée en juillet 2021 lors de l'IAS) et qui montraient que la stratégie d'un traitement ARV injectable à longue durée d'action pouvait être mise en oeuvre avec succès aux USA.
Réf: Gutner C. et al. PE2/36 et PE2/56 et Hocqueloux L. et al PE2/37, EACS 2021, Londres.