Un remboursement des antidouleurs beaucoup plus simple et avantageux pour le patient

L'Inami l'annonçait récemment: la procédure de remboursement pour les quelque 232.000 patients souffrant de douleurs chroniques est fortement simplifiée. Leurs analgésiques soumis à autorisation du médecin-conseil suivront, dès le 1er janvier prochain, une seule procédure, celle du chapitre IV. Ainsi le médecin fera une seule demande de remboursement à vie. Le patient sera remboursé à 75% plutôt qu'à 20%.
Jusqu'ici, le remboursement des anti-douleurs spécifiques suivaient deux systèmes de remboursement différents avec des conséquences différentes sur le prix et la durée de l'autorisation: AR de 2007 et chapitre IV. En ne conservant plus qu'une seule voix, celle du chapitre IV, les patients dans la douleur se voient offrir un système plus avantageux: le médecin fera une seule demande d'autorisation à la mutuelle qui sera valable à vie et le prix payé par le patient devrait baisser.
Durée limitée d'un an
Ce changement ne concerne que les patients bénéficiant d'une autorisation de remboursement pour une durée limitée d'un an (qui dépendent de l'AR susnommé qui disparaît le 1er janvier prochain).
Le médecin qui gère le dossier médical global doit donc s'attendre à ce que le patient le consulte afin que le premier demande une nouvelle autorisation auprès du médecin-conseil. Sinon, le patient perd son autorisation. En principe la mutualité devrait avertir les patients concernés.
Bonne nouvelle pour vos patients: ils seront remboursés à 75% au lieu de 20%. "Le patient paiera de 1,09 à 2,09 euros par boîte, ce qui est beaucoup plus avantageux que dans le système actuel où il payait en moyenne dix euros pour une même durée de traitement."
Autre changement: le conditionnement évolue dans le nouveau système: les boîtes sont désormais de grands modèles.
Pour les médecins, "au 1er janvier 2022, toutes les autorisations de remboursement d'analgésiques délivrées dans le cadre de l'arrêté royal du 3 juin 2007 perdront leur validité puisque cet arrêté est abrogé. Les demandes se feront désormais uniquement sur base du Chapitre IV, catégorie B", précise l'Inami. "En tant que médecin, il est donc nécessaire que vous planifiez une consultation avec vos patients qui ont actuellement une autorisation de remboursement annuelle basée sur l'arrêté de 2007."
Le médecin doit demander une nouvelle autorisation chapitre IV pour ses patients (§ 5460000 du Chapitre IV au médecin conseil de la mutualité du patient).
Il doit également adapter sa prescription à la nouvelle autorisation et prescrire, soit en "DCI" (dénomination commune internationale), soit une série de conditionnements listés par l'Inami (lire tableau).
Pour info, les pharmaciens qui verraient arriver un de vos patients avec l'ancienne autorisation sont invités à les encourager à venir en consultation pour mettre de l'ordre dans tout cela.
Diminution de la consommation d'antibiotiques de 15% en Europe
La consommation d'antibiotiques a diminué de plus de 15% l'an dernier par rapport à 2019, ressort-il jeudi d'une analyse du Centre européen de contrôle des maladies (ECDC). Cette baisse s'est surtout remarquée dans les soins de première ligne et est probablement une conséquence de la pandémie de coronavirus.
Le Covid-19 a perturbé les habitudes de soins de la population, qui s'est montrée plus hésitante à consulter un médecin pour des infections légères. Des patients et patientes ont aussi pu éprouver des difficultés à obtenir un rendez-vous en vue d'une consultation, note l'ECDC. De plus, les infections des voies respiratoires dont l'origine n'était pas le coronavirus se sont faites plus rares, grâce à la distanciation physique, aux confinements, à l'usage du masque buccal ou encore à la sensibilisation aux réflexes d'hygiène, comme le fait de se laver régulièrement les mains. En conséquence, moins d'antibiotiques ont été prescrits pour soigner des infections peu graves.
Les effets de cette diminution se remarquent particulièrement dans les pays qui traditionnellement surconsomment les antibiotiques, ou dans lesquels leur usage n'est pas adéquat, comme dans le sud et l'est de l'Europe.
Toutefois, les antibiotiques sont encore trop ou mal utilisés, ce qui augmente le risque de provoquer des résistances aux traitements et, à terme, met en péril des interventions vitales, comme les transplantations d'organes. Ce qui fait dire à la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, que la résistance des bactéries aux antibiotiques constitue une "pandémie silencieuse". "Des gens meurent car certains médicaments ne fonctionnent plus. Il faut agir à l'échelle mondiale. Investir dans la santé aujourd'hui, c'est sauver des vies futures." (Avec Belga).
