La pandémie de Covid-19 a intensifié la problématique des enfants de rue à Kinshasa

Dans la capitale congolaise, plus de 25.000 enfants survivent dans la rue. Entre violence, drogue et prostitution, leurs conditions de vie sont souvent dramatiques. Malgré la crise, des associations leur permettent de se réinsérer dans la société.
On les appelle les "shégués" en lingala. Ils sont des milliers d'enfants livrés à eux-mêmes dans les rues de la capitale. Leur quotidien est fait de violences, d'abus, de faim, de drogues... Ils dorment dans les marchés, les stades et errent dans les rues durant la journée, à la recherche d'un peu d'argent ou de nourriture.
Certains ont été abandonnés, chassés, d'autres fuient leur foyer dans l'espoir d'une vie meilleure. Ils n'ont ni toit, ni famille, ni éducation, ni soins de santé.
La pandémie a aggravé les choses
De nombreuses familles ont été plongées dans la précarité, ce qui a poussé plus d'enfants encore à "descendre" dans la rue. La plupart des jeunes rencontrés pour la première fois par les équipes de Louvain Coopération, ces derniers mois, ont déclaré avoir quitté leur foyer pour fuir la faim ou rechercher des moyens afin de subvenir aux besoins de leur famille.
Une autre conséquence désastreuse de cette pandémie observée, c'est l'augmentation des cas d'infections sexuellement transmissible chez les enfants et les jeunes de la rue. Et ce, parce qu'il a fallu choisir entre manger ou se protéger. En effet, en raison de la fermeture des activités commerciales, les jeunes filles, pour survivre, se sont livrées aux premiers clients capables de leur donner de l'argent et ont dû accepter leurs conditions, à savoir : des rapports sexuels non protégés.
L'aide se poursuit
Des aides comme celles de Louvain Coopération et de leurs partenaires locaux sont dès lors plus qu'indispensables, et se poursuivent heureusement malgré la crise. Les enfants sont accueillis, logés, nourris et soignés dans des centres, et sont ensuite réinsérés dans la société par la rescolarisation ou la formation à un métier. Des psychologues sont à leur écoute et les aident à renouer avec leur famille. Ces dernières sont accompagnées pour améliorer leur situation financière, pour accéder à un logement.
Grâce à cette aide, 661 enfants kinois ont repris le chemin de l'école ou entamé une formation professionnelle au premier semestre 2021. 75% des enfants ont été rescolarisés par les partenaires de coopération Louvain, 258 enfants ont bénéficié d'un accompagnement psychosocial dans les différents centres, et 110 enfants ont réintégré leur famille depuis le début de cette année.
Une tâche qui reste immense et nécessite des moyens importants. C'est pourquoi Louvain Coopération lance une grande campagne de soutien, pour donner à ces jeunes les outils nécessaires pour s'en sortir.
https://www.louvaincooperation.org/fr/campagne-enfant-des-rues