L'eSanté n'intéresse que 45% des Belges
Une étude menée par l'UCLouvain et la VUB montre que l'utilisation des services numériques essentiels a progressé en Belgique en 2020. Toutefois des disparités persistent et les services de santé connaissent une augmentation moins importante.
Un service numérique est considéré comme essentiel lorsque "sa faible utilisation ou sa non-utilisation est susceptible de générer des discriminations sur le plan de l'accès aux droits sociaux, aux soins de santé et aux opportunités commerciales liées à la consommation de biens et de services", expliquent les auteurs de l'étude.
C'est l'utilisation des services de commerce en ligne qui a connu la plus forte hausse en 2020, avec 11% de plus qu'en 2019. Toutefois, le niveau de vie a logiquement une importance cruciale sur le recours à l'e-commerce: seuls 54% des bas revenus (moins de 1.200 euros) y ont recours, contre 89% des hauts revenus (plus de 3.000 euros). Les personnes qui utilisent internet de manière limitée (moins de sept utilisations différentes en trois mois) ont également beaucoup moins recours à l'e-commerce (44%) que les autres (98%).
Les services de santé et d'administration en ligne ont, eux, connus une augmentation moins importante (+5 et +4% par rapport à 2019). Seuls 68% des Belges utilisent l'e-administration et ce chiffre tombe à 45% concernant l'e-santé. Encore une fois, les différences au niveau des revenus, de l'éducation et de l'usage d'internet créent de fortes inégalités: entre 24 et 43% d'écart en fonction du critère et du service.
Les services bancaires en ligne sont ceux qui ont connu la plus faible augmentation, avec 3% par rapport à 2019. L'e-banking est toutefois le service le plus utilisé par les Belges (82%). Encore une fois, les disparités sont flagrantes, notamment concernant les personnes ayant un usage limité d'internet qui ne sont que 56% à utiliser ce service, contre 96% pour le reste de la population.
Enfin, l'étude montre que seul un internaute sur trois ayant un faible niveau de diplôme (32%) ou de revenu (29%) estime que l'utilisation d'internet lui permet de traiter des questions administratives plus facilement. Ce chiffre tombe à 24% pour les personnes qui ont une utilisation limitée d'internet.