Pour l'épidémiologiste Marius Gilbert, "la rupture de confiance avec le politique est totale"

L'épidémiologiste Marius Gilbert (ULB) a vivement exprimé jeudi son incompréhension et sa colère face au "marchandage politique" intervenu, selon lui, mercredi au sein du comité de concertation qui a décidé de refermer le secteur culturel (cinémas, théâtres....)
Interrogé sur les ondes de la Première, le scientifique a violemment rejeté cette décision qui n'était même pas réclamée par les experts scientifiques du GEMS, a-t-il pointé.
"La rupture confiance (avec le politique), elle est totale et elle intervient à un moment où l'on en a le plus besoin!", a lâché M. Gilbert, la gorge nouée par l'émotion.
"Je pense qu'ils (les politiques, ndlr) ne se rendent pas compte que ce marchandage politique est occupé à avoir un effet délétère sur la cohésion sociale".
Pour lui, avec pareille décision, il ne faudra pas s'étonner de voir demain le secteur culturel, le personnel soignant et "tous les secteurs qui se sentent maltraités" par le gouvernement défiler dans la rue aux côtés de l'extrême droite, à la base de plusieurs manifestations récentes à Bruxelles contre les mesures sanitaires.
Réuni mercredi après-midi, le comité de concertation a décidé d'imposer une série de mesures sanitaires pour anticiper l'arrivée du variant Omicron du coronavirus en Belgique.
Si le secteur horeca a été épargné, les autorités ont en revanche décidé, entre autres mesures, de fermer toutes les salles de spectacle et de cinéma. Une mesure largement incomprise à la lumière des strictes normes sanitaires appliquées dans ce secteur.
Avec Belga
Jeholet déplore l'absence de voix flamande au Codeco d'hier pour défendre la culture
Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles a déploré jeudi l'absence de voix flamande, mercredi lors du comité de concertation, pour défendre le secteur culturel, obligé de refermer ses portes à la surprise générale.
Selon Pierre-Yves Jeholet (MR), seules trois voix -dont la sienne- se sont élevées mercredi autour de la table pour contester l'opportunité de fermer le secteur culturel, mais "je n'ai rien entendu du côté de la Flandre", a-t-il regretté jeudi matin sur les ondes de Bel-RTL.
"Je comprends la colère et l'indignation (du monde culturel). Les lieux de culture ne sont pas des clusters de contamination", a ajouté le ministre-président francophone. "Je pense que ça n'a pas beaucoup de sens".
Cette décision de fermer les lieux culturels sera réévaluée à la mi-janiver. "J'espère qu'on sera (alors) plus nombreux à défendre la culture...", a-t-il encore confié.
Son gouvernement se penchera en janvier prochain sur les aides à mobiliser pour venir en aide au secteur culturel.