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Une demi-journée en moins en maternité : quelles conséquences ?

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Depuis sept ans, les parturientes passent une demi journée en moins en maternité. Cette mesure prise par Maggie De Block, ministre de la Santé à l'époque, a fait couler beaucoup d'encre décriant les risques encourus tant pour les mamans que pour les nouveaux-nés. Une étude menée sur 430.000 mamans et leurs bébés, par la Mutualité Chrétienne, a mesuré l'évolution de leurs réadmissions entre 2010 et 2019, dans les 30 jours maximum après la sortie de maternité.

Carole Stavart - 15 février 2022

"Cette analyse dresse un constat indéniable", observe Elisabeth Degryse, vice-présidente de la Mutualité chrétienne. "Il y a bien eu une augmentation des réadmissions des mamans et des bébés dans notre pays, entre la période "avant" et la période "après" la réduction du séjour en maternité", remarque-t-elle.

Pour les bébés, les taux de réadmission sont élevés et augmentent significativement : on passe de 4,8% (période 2010-2014) à 5,9% (période 2015-2019). En ce qui concerne les mamans, le taux de réadmission reste par contre faible : de 2010 à 2014, il est de l'ordre de 1,1% ; de 2015 à 2019, il augmente un peu à 1,3%.

L'Inégalité des chances dès la naissance est un facteur indéniable

Le séjour en maternité réduit n'est toutefois qu'un des facteurs parmi d'autres dans le risque de réadmission, explique la MC. Le statut social entre fortement en considération : on sait que les mères provenant de milieux plus vulnérables présentent souvent une santé plus fragile ou ont un accès parfois moins aisé aux soins.

Les mamans BIM ont un risque de réadmission plus élevé que les non BIM (1,7% contre 1,2%). Chez les bébés, l'écart est encore plus grand : le risque de réadmission des bébés BIM est évalué à 7,7% alors qu'il s'élève à 5,7% pour les bébés non BIM. "De là à affirmer que le statut social 'se transmet par le cordon ombilical', il y a un pas, mais force est de constater que démarrer dans la vie avec une hospitalisation d'avance par rapport à d'autres bébés n'est pas idéal", constate Elisabeth Degryse.

Dès lors, il est primordial de réaliser une évaluation au cas par cas, sur la capacité (économique, sociale, clinique) de la famille à mettre en oeuvre le suivi post-natal adéquat, insiste la MC.

Et si les courts séjours en maternité ne sont pas complètement remis en question dans cette étude, car dans de nombreux cas les mamans apprécient de rentrer plus rapidement à la maison et sans conséquence, les données semblent toutefois démontrer un taux de réadmission supérieur en cas de "court" séjour (maximum deux jours par voie basse, et trois jours par césarienne) par rapport à une durée de séjour 'moyenne' ( trois à quatre jours par voie basse, et quatre à cinq jours par césarienne).

L' analyse des facteurs prépondérants liés à la réadmission doit encore être approfondie.

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