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Valoriser les déchets hospitaliers, le défi wallon

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Le traitement des déchets hospitaliers de type B2, c'est-à-dire ceux comportant un risque de contamination ou de blessure, comme les seringues, se fait quasi exclusivement par incinération. Or, le potentiel de réemploi et de valorisation de la matière de certains types de déchets hospitaliers est bien réel. Un groupe de travail devrait être mis sur pied dans les prochaines semaines.

23 février 2022

Cela fait longtemps, dans les travées parlementaires, que l'on attend que la ministre de l'Environnement communique sur ce groupe de travail. Ce dernier devrait regrouper l'administration wallonne, des professionnels du monde hospitalier et ceux du secteur des déchets, afin d'envisager des solutions juridiques pour soutenir les modes de gestion alternatifs à l'incinération pure et simple.

"On sait que les hôpitaux utilisent énormément de plastique", explique Olivier Maroy, député libéral wallon. "Le PVC est le plus largement utilisé dans les dispositifs médicaux jetables. Le projet VinylPlus Med, par exemple, tend à développer le recyclage des déchets de soins de santé sans risque en PVC. Cette matière peut, paraît-il, être facilement recyclée, de huit à dix fois, sans perte de qualité. Or, dans de nombreux hôpitaux, tout va toujours à l'incinérateur."

Un problème complexe

"La gestion des déchets d'activités hospitalières et de soins de santé est complexe, car elle doit allier à la fois des impératifs de santé publique et de protection de l'environnement", avance Céline Tellier, ministre wallonne de l'Environnement. "Actuellement, le traitement des déchets de type B2 en Wallonie se fait quasi exclusivement par incinération, au sein de l'unité de valorisation énergétique d'Ipalle à Thumaide. Le potentiel de réemploi et de valorisation de la matière de certains types de déchets hospitaliers est bien réel, mais il faudra toujours compter avec ce mode de traitement, car tous les déchets B2 ne pourront pas être recyclés ou réutilisés."

La ministre souligne qu'avec la crise du Covid, ce système de collecte et de traitement par incinération s'est par ailleurs montré particulièrement robuste. "À ce jour, l'ensemble des déchets B2 ont pu être traités sans rencontrer de problème majeur."

Un avenir plus circulaire

Heureusement, le Covid n'occupera pas toujours l'essentiel des occupations des hôpitaux. Il faut donc déjà veiller à préparer un avenir plus circulaire. "Bien que notre législation n'interdisait pas le recours à des traitements de désinfection à l'issue desquels le déchet B2 devient un déchet de type A, qui peut ensuite être géré comme un déchet ménager, cette option n'était pas privilégiée en Wallonie, jusqu'il y a peu", reconnaît Céline Tellier.

Depuis avril 2021, petite avancée toutefois: la société AMB de Mons a obtenu un permis d'environnement l'autorisant à exploiter une installation de désinfection de déchets de type B2. Ce permis encadre cette nouvelle activité via des conditions particulières d'exploitation.

Quid du groupe de travail?

"La mise en place d'un groupe de travail multi-acteurs, pour faire évoluer la législation wallonne en toute sécurité, est toujours d'actualité, mais, avant de réunir les principaux intéressés, il m'a semblé plus opportun de disposer d'abord d'un diagnostic - sans mauvais jeu de mots -, de données et d'informations concrètes sur le sujet pour servir de base aux discussions", répond Céline Tellier. "Pour ce faire, je comptais beaucoup sur les résultats du projet pilote Dechospi, mené avec plusieurs hôpitaux de la province de Hainaut. La finalisation de ce projet a pris plusieurs mois de retard, pour les raisons que vous imaginez, les hôpitaux ayant eu d'autres chats à fouetter - si vous me permettez cette expression -, mais le projet a finalement abouti en décembre 2021, avec le dépôt d'un rapport et d'un guide méthodologique, démontrant, en cela, la profonde motivation des hôpitaux à optimiser la gestion de leurs déchets."

Malheureusement, tant le rapport que le fameux guide méthodologique sont introuvables. On espère que la ministre communiquera davantage sur ce rapport dans les prochaines semaines. Tout juste sait-on que "ce guide propose une méthode afin d'établir un diagnostic de la gestion des déchets au sein d'un hôpital" et qu' "il a permis d'identifier diverses possibilités de réutilisation, de recyclage et de meilleure gestion de certains types de déchet".

Reste que les bases de travail sont maintenant disponibles pour organiser une réunion du groupe de travail dans les toutes prochaines semaines. "À cette occasion, il m'apparaît absolument nécessaire d'intégrer dans les travaux à mener les objectifs et les résultats du projet VinylPlus Med, cette initiative devant être encouragée pour faire progresser la circularité des déchets hospitaliers", conclut la ministre Tellier.

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