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Obligation vaccinale: "Le momentum est passé"

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La commission Santé a clos mercredi ses auditions sur l'obligation vaccinale et le Covid Safe Ticket (CST) par un débat entre les groupes politiques. Signe de l'embellie sanitaire mais aussi des divergences qui subsistent, particulièrement dans la majorité, les discussions n'ont pas débouché sur des recommandations même si, à entendre les députés, les nombreux experts entendus ont permis de tirer quelques lignes de force qui serviront si des mesures devaient être réactivées.

la rédaction - 10 mars 2022

"L'intérêt n'est pas de dire aujourd'hui si l'on est pour ou contre l'obligation vaccinale ou le CST mais d'être en mesure de réfléchir rapidement si une nouvelle situation l'exigeait", a souligné Laurence Zanchetta (PS).

Malgré les déclarations entendues au mois de novembre, l'obligation vaccinale ne trouve plus beaucoup d'alliés aujourd'hui. Le "momentum" est passé, ont constaté plusieurs députés. La mesure n'est pas pour autant écartée définitivement car la question qui semble la plus prégnante est celle de l'avenir du passe sanitaire qui a pris la forme en Belgique du CST (accordé aux vaccinés, aux personnes récemment rétablies ou à celles qui ont passé un test négatif).

Vooruit, le parti du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, reste partisan d'un passe vaccinal "1G" comme le signe d'une vaccination qui serait une obligation citoyenne s'imposant à tous. "Nous ne pouvons pas laisser la toute grande majorité de la population être prise en otage par les personnes qui sont contre la vaccination", a dit Karine Jiroflée.

"Nous devons éviter la banalisation des restrictions de liberté", a averti Daniel Bacquelaine (MR).

Les écologistes y sont en revanche clairement opposés. Ils y voient une "politique hypocrite", selon Laurence Hennuy. Même écho chez les libéraux qui s'opposent également à la mise en veille du CST. A leurs yeux, il faut tout simplement le supprimer. "Nous devons éviter la banalisation des restrictions de liberté", a averti Daniel Bacquelaine (MR). "Cela n'a pas de sens de conserver un système dormant", a jugé Roby De Caluwé (Open Vld). La N-VA et le Vlaams Belang ont plaidé dans le même sens. "Supprimez-le", a exhorté Peter De Roover (N-VA) en rappelant à quel point l'instrument avait clivé la société. Pour les Verts, il faudra procéder à une évaluation, tel que le prévoit l'accord de coopération qui institue le CST, et si la situation imposait à nouveau de recourir à un tel outil, le couler dans une loi dont l'objectif, la nécessité et la proportionnalité devront être clairement établis.

Le CD&V joue en revanche la carte de la prudence. Les chrétiens démocrates veulent conserver différents outils si une nouvelle vague de la pandémie frappait le pays. "En tant que responsable politique, on doit veiller à des solutions structurelles et ne pas courir derrière les faits", a ainsi souligné Nathalie Muylle.

Une partie de l'opposition a déploré l'absence de conclusion de la commission. "Il me semble essentiel que cette commission ne termine pas ses travaux par une succession de monologues des partis qui constitueraient notre conclusion", a souligné Catherine Fonck (cdH). La cheffe de groupe centriste a appelé ses collègues à s'atteler à l'élaboration de recommandations. Elle a elle-même proposé qu'une instance soit désignée pour procédure à une évaluation scientifique rigoureuse du CST avant de décider de le laisser ou non dans la "boîte à outils". Opposé à la "société du passe", DéFI estime qu'un travail pourrait être mené sur l'obligation vaccinale, par le biais d'une loi et d'un "baromètre" de l'obligation qui permettrait de savoir si à un moment donné la mesure est activée et comment.

La question de l'obligation vaccinale pourrait revenir plus vite que prévu au parlement. Le conseil des ministres a approuvé un projet de loi instaurant la mesure pour le personnel soignant. "Votre discours sera-t-il suivi d'effets?" a demandé Sofie Merckx (PTB). "Malgré tout ce qui a été dit, vous venez avec l'obligation pour les soignants. Je ne comprends pas".

Plusieurs groupes ont insisté sur la nécessité d'investir dans la première ligne, non seulement pour garantir des soins de proximité mais aussi pour assurer une meilleure information de la population.

Avec Belga

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