Le président Zelensky dénonce un "crime de guerre" avec le bombardement d'un hôpital

Le bombardement par la Russie mercredi d'un hôpital pédiatrique dans le port stratégique de Marioupol en Ukraine représente un "crime de guerre", a estimé le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message vidéo. Pour Sergueï Lavrov, "la maternité servait de base aux nationalistes ukrainiens" (lire encadré).
"Aujourd'hui est le jour qui définit tout. Qui est de quel côté. Des bombes russes sont tombées sur un hôpital et sur une maternité à Marioupol (...) Les bâtiments sont détruits. A ce stade il y a 17 blessés. Les débris sont en train d'être fouillés", a-t-il dit.
"Quel genre de pays, la Russie, a peur d'hôpitaux et de maternités et les détruit ?", a-t-il ironisé, dénonçant les "atrocités" infligées à Marioupol, soumise à un blocus russe depuis plus d'une semaine.
"Européens ! Ukrainiens ! Habitants de Marioupol ! Aujourd'hui nous devons nous unir pour condamner ce crime de guerre de la Russie, qui reflète tout le mal que les envahisseurs ont fait à notre pays", a ajouté Zelensky.
"Le bombardement aérien est la preuve finale. La preuve qu'un génocide d'Ukrainiens est en train de se produire (...) Nous n'avons jamais et n'aurions jamais commis un crime de guerre comme cela dans les villes de Donetsk ou Lougansk ou aucune région", a-t-il déclaré en référence à deux villes de l'est de l'Ukraine tenues par les séparatistes prorusses.
Le bombardement de l'hôpital de Marioupol mercredi a suscité l'indignation de l'Unicef et de pays Occidentaux.
A Moscou, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a pour sa part affirmé lors d'un point presse que des "bataillons nationalistes" ukrainiens avaient fait partir les patients et le personnel de l'hôpital pour l'utiliser comme base de tirs.
Belga
La maternité à Marioupol "servait de base à des nationalistes ukrainiens", justifie Lavrov
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a justifié jeudi le bombardement d'une maternité dans la ville ukrainienne assiégée de Marioupol, dont le bâtiment servait selon lui de base à un bataillon nationaliste.
"Cette maternité a été reprise depuis longtemps par le bataillon Azov et d'autres radicaux, et toutes les femmes en couches, toutes les infirmières et tout le personnel de soutien ont été mis à la porte", a assuré M. Lavrov à l'issue de pourparlers avec son homologue ukrainien en Turquie.
Le ministre russe des Affaires étrangères a par ailleurs jugé jeudi "dangereuses" les livraisons d'armes par les Occidentaux à l'Ukraine qui combat une invasion de l'armée russe, à l'issue de premiers pourparlers avec son homologue ukrainien.
"Ceux qui gorgent d'armes l'Ukraine doivent bien sûr comprendre qu'ils porteront la responsabilité de leurs actes", a déclaré Serguei Lavrov devant la presse, dénonçant en particulier les livraisons de missiles sol-air portables.