Traitement du diabète de type 2 et risque de NAFLD

Les diabétiques de type 2 ont un risque élevé de NAFLD (non alcoholic fatty liver disease) et en particulier de sa forme agressive, la stéatohépatite (NASH pour non alcoholic steatohepatitis).
Des études randomisées contrôlées suggèrent que les agonistes du récepteur du glucagon-like peptide 1 (a-GLP1) et les inhibiteurs du cotransporteur 2 sodium-glucose (i-SGLT2) pourraient avoir un rôle bénéfique (via la réduction du poids et des effets anti-inflammatoires), ce qu'une équipe anglaise a entrepris de vérifier dans la vraie vie par comparaison aux inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase-4 (i-DPP4). Ce choix s'explique par la neutralité pondérale et l'absence d'effet hépatique de ces agents.
Une première cohorte a comparé sur la période 2007-2020, les nouveaux utilisateurs de plus de 40 ans d'a-GLP1 (n=30.291) et d'i-DPP4 (n=225.320). Les a-GLP1 étaient associés à une plus faible incidence de NAFLD 3,9 vs 4,6 par 1000 patients-année (PA), HR 0,86 mais sans signification statistique IC 95% 0,73-1,01. Les courbes d'incidence cumulée divergeaient après 4 ans d'utilisation.
Une deuxième cohorte a comparé sur la période 2013-2020 les nouveaux utilisateurs de plus de 40 ans d'i-SGLT2 (n=41.184) et d'i-DPP4 (n=148.421). Les i-SGLT2 étaient associés à une plus faible incidence de NAFLD 5,4 vs 7,0 par 1000 PA, HR 0,78 avec signification statistique IC 95% 0,68-0,89.
Les courbes d'incidence cumulée divergeaient dès 4 mois d'utilisation.
Dans les deux cohortes, l'association mise en évidence n'était pas modifiée par l'âge, le sexe, l'utilisation actuelle d'hypolipémiants ou l'utilisation antérieure de glitazones ou de metformine.
A noter encore que lorsque des dosages avaient été réalisés, les a-GLP1 et les i-SGLT2 étaient respectivement associés à une diminution significative du risque d'élévation des transaminases de 11% (HR 0,89 ; IC 95% 0,83-0,95) et de 34% (HR 0,66 ; IC 0,61-0,71). Ces résultats sont d'autant plus intéressants que pendant la période d'étude l'incidence de la NAFLD a presque quadruplé passant de 1,2 par 1000 PA en 2007 à 4,5 par 1000 PA en 2019 et qu'à ce jour nous n'avons que peu d'options thérapeutiques.
D'après R Pradhan et al. Diabetes Care. 2022 Feb 1. Online ahead of print.