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Honoraires d'urgence: d'autres médecins indignés d'être "outliers"

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Plusieurs médecins de La Roche en Ardenne taxés d'outliers sont sans réponse de leur courrier au Service d'évaluation et de contrôle médicaux (SECM), qui leur reproche un volume trop grand d'honoraires d'urgence. Leurs arguments semblent pourtant valables. Ils se disent outrés et indignés.

Nicolas de Pape - 30 mars 2022

"E n vertu de l'adage 'le clou qui dépasse ramasse le marteau', vous m'avez adressé avant toute prise d'information, un courrier inconvenant et injuste par la négation même de notre fonction", écrit le Dr J-L. M., qui officie à La Roche et qui parle au nom de nombreux MG la région de La Roche et de Marche-en-Famenne. "Dès que j'ai vérifié au dictionnaire ce que recouvrait ce barbarisme 'outlier' dont vous m'affublez, j'ai ressenti une grande indignation."

Dans le cas du Dr M. comme dans celui du Dr Freddy Piron qui s'était exprimé dans ce sens et lui aussi sans réponse de l'Inami (lire jdM n°2705), le "dérapage" du Dr M. s'explique aisément, selon lui par le fait qu'il exerce dans un désert médical en week-end et en soirée, la géographie spécifique de son bassin de soins et "sa grande disponibilité depuis 43 ans". Il ne peut, dit-il, vérifier à quoi et à qui correspondent les attestations de soins puisqu'elles sont anonymes, il n'y a pas de programme de facturation et "il n'y a dès lors rien à vérifier ni à rembourser".

Au lieu d'être stigmatisé je devrais être félicité

Urgences encombrées

Le médecin souligne, en sus, que ces honoraires d'urgence ont vraisemblablement évité "le recours dispendieux aux équipes du 112 et des urgences au moins dix fois plus coûteuses. Et ces services surencombrés de broutilles m'en sont gré, voire font le reproche à la première ligne d'avoir abandonné le terrain".

Au lieu d'être stigmatisé, écrit-il à la médecin-inspectrice générale de l'Inami, Christine Lys, le Dr M. estime qu'il devrait être félicité "pour maintenir notre disponibilité de proximité". Carrément cynique, il ajoute: "En effet, vu la pandémie et justement la disparition d'autres confrères, il est fort probable que mon 'outlying' soit encore pire en 2020 et 2021. Toutefois, je vous rassure, les lois de la nature et d'autres embûches comme celle-ci me feront sortir de vos statistiques à courte ou moyenne échéance. Pour le reste, je suis serein si toutefois l'Inami fait la différence entre 'outlier' et 'outlaw' et entre soin non-programmable et exigence particulière. Je vous prie d'agréer mes sentiments distingués comme le sont la plupart de mes confrères ayant reçu votre mise en garde."

Malgré nos tentatives réitérées, à l'heure de boucler ce numéro, il n'a pas été possible d'avoir des explications du SECM. Un sujet trop sensible pour être explicité?

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