Bruxelles : baisse du nombre de visites à domicile en médecine générale

Comme dans le reste de la Belgique, Bruxelles connaît une lente fonte du nombre de visites à domicile auprès des médecins généralistes. Entre 2011 et 2019, on est passé de un contact sur cinq effectué à domicile (21%) à un contact sur sept (15%). C'est le constat d'une enquête jumelée FAMGB/BHAK auprès de 389 MG bruxellois en collaboration avec l'Observatoire de la santé et du social de Bruxelles-Capitale.
L'importance de la visite à domicile a été démontrée : c'est le seul moyen de connaître l'environnement familial et social du patient. A l'heure des tentatives de maintenir les personnes âgées à domicile, ce constat n'en est que plus prégnant. Fort heureusement, en 2019, 64 % des contacts avec un généraliste pour les plus de 80 ans à Bruxelles étaient le fait de visites à domicile (contre 15 % pour la population bruxelloise dans son ensemble). Aucune baisse sensible n'est observée à ce sujet, ce qui est une bonne chose.
Dans le reste de la population, en revanche, on constate que la visite à domicile est une pratique en déclin en fonction de l'âge du médecin. " Globalement, le temps hebdomadaire consacré aux visites à domicile augmente en fonction de l'âge des médecins généralistes : les médecins âgés de 55 ans et plus consacrent en moyenne douze heures par semaine aux visites à domicile, contre huit heures par semaine pour les médecins de moins de 35 ans. Par ailleurs, le nombre de visites à domicile diffère selon le type de pratique : les médecins généralistes exerçant en pratique solo (en moyenne plus âgés) consacrent en moyenne douze heures par semaine aux visites à domicile, contre 5,7 heures pour les médecins (en moyenne plus jeunes) exerçant en pratique de groupe multidisciplinaire. Cette différence entre médecins solos et médecins travaillant en groupe est en partie due au fait que les patients pris en charge dans les pratiques de groupe multidisciplinaire sont en moyenne plus jeunes et ont dès lors moins besoin de visites à domicile. "
Des raisons plus prosaïques expliquent le déclin des visites à domicile à Bruxelles : l'impossibilité de trouver un parking (raison invoquée par 82% des MG interrogés) et une rémunération insuffisante eu égard à l'effort consenti (73% des MG l'évoquent). Enfin, la charge de travail est mentionnée en troisième position. " Un peu plus de la moitié des médecins généralistes (56 %) ayant participé à l'enquête souhaitent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée et aimeraient travailler moins. "
Logiquement, le nombre de consultations en cabinet pour 1.000 personnes a augmenté au cours de la période 2011-2019 dans les trois Régions (Bruxelles: +10,3%; Flandre: +15,6%; Wallonie: +16,5%). Du coup, le nombre total de contacts avec un médecin généraliste pour 1.000 personnes est resté relativement identique.