Variole du singe : le centre européen de contrôle des maladies exhorte les pays à agir rapidement

Le centre européen de contrôle des maladies (ECDC) a fait état de 85 cas de varioles du singe à travers huit Etats membres de l'Union européenne. L'institution européenne appelle les Etats à vite réagir.
Lundi, l'ECDC a publié une évaluation des risques et a appelé les pays à se concentrer sur l'identification rapide, le traitement, le suivi, la recherche des contacts et la notification des cas de variole du singe. Elle conseille également aux pays de vérifier la disponibilité des vaccins antivarioliques, des antiviraux et des équipements de protection pour le personnel de santé.
Les 67 cas qui sont connus pour l'instant ont été répertoriés en Autriche, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Portugal, en Espagne, en Suède et en Belgique (quatre cas). "Les cas de variole du singe actuellement identifiés chez l'homme surviennent principalement chez des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, ce qui suggère que la transmission peut se produire au cours de relations intimes", a déclaré l'ECDC. L'infection pourrait se produire par un contact étroit aux muqueuses ou aux plaies cutanées avec du matériel infectieux provenant de la variole, ou par "de grosses gouttelettes respiratoires lors d'un contact prolongé en face à face".
Le directeur de l'ECDC, Andrea Ammon, souligne que la majorité des cas enregistrés pour l'instant n'étaient accompagnés que de symptômes légers et que la chance de propagation à toute la population est très faible. "Toutefois, le risque de propagation supplémentaire du virus par contact étroit, par exemple lors d'une activité sexuelle entre personnes ayant des partenaires sexuels multiples, est considéré comme élevé."
Chez les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées, les symptômes peuvent être plus sévères, prévient l'ECDC. "Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour estimer avec précision la morbidité et la mortalité dans cette épidémie", a ajouté le centre européen de contrôle des maladies.
Les Etats-Unis veulent vacciner les cas contacts contre la variole du singe
Les Etats-Unis se préparent à vacciner les personnes ayant été en contact proche avec des patients atteints de la variole du singe, au moment où le pays, qui compte aujourd'hui cinq cas probables ou confirmés, s'attend à voir leur nombre augmenter.
"Nous souhaitons maximiser la distribution de vaccins à ceux dont nous savons qu'ils en bénéficieraient", a déclaré lundi Jennifer McQuiston, responsable au sein des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).
"C'est-à-dire ceux ayant été en contact avec un patient connu de la variole du singe, comme les soignants, les contacts personnels très proches, particulièrement ceux à risque de développer un cas grave de la maladie", a-t-elle précisé lors d'une conférence de presse.
Un cas a été confirmé dans le Massachusetts et quatre autres sont sur le point d'être analysés mais considérés comme très probables (un à New York, un en Floride, deux dans l'Utah). Tous sont des hommes ayant voyagé hors des Etats-Unis.
La maladie, cousine moins dangereuse de la variole éradiquée depuis une quarantaine d'année, commence par une forte fièvre et évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croûtes. Ce sont ces lésions qui permettent la transmission de la maladie en cas de contact.
Les autorités américaines ont confirmé que le séquençage du virus détecté dans le Massachusetts correspondait à celui identifié chez un patient au Portugal, et que la souche était celle présente en Afrique de l'Ouest, la moins grave des deux en circulation.
La plupart des personnes infectées guérissent spontanément dans les deux à quatre semaines, sans traitement spécifique.
Mais les autorités américaines préparent malgré tout la riposte.
Deux vaccins contre la variole autorisés par l'Agence américaine des médicaments (FDA) peuvent être utilisés. Le premier, ACAM2000, est un vaccin vivant atténué, déconseillé aux personnes immunodéprimées. Les Etats-Unis en possèdent 100 millions de doses.
A cause d'effets secondaires "potentiellement significatifs", sa distribution à grande échelle nécessiterait "une vraie discussion", a estimé Jennifer McQuiston.
Le second, Jynneos, est aussi un vaccin vivant mais non réplicatif, et donc considéré comme plus sûr. Les Etats-Unis n'en ont que 1.000 doses, mais ce nombre devrait "augmenter rapidement dans les prochaines semaines", selon la responsable.
Selon elle, des données montrent que ces deux vaccins peuvent aider à éviter le développement de la maladie s'ils sont administrés rapidement après l'exposition.
Elle a par ailleurs souligné que le risque de contamination restait globalement faible pour la population.