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Vivalia se remet progressivement

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"Nous maîtrisons la situation. Vivalia gère la crise de manière professionnelle", assure Yves Bernard, directeur général de l'intercommunale de santé attaquée par des pirates se réclamant du groupe Ransomware Lockbit.

25 mai 2022

Au niveau de l'informatique, Vivalia continue de se diriger vers une reprise. "Nous restons dans une dynamique de redémarrage progressif suivant les priorités fonctionnelles établies et qui restent inchangées avec, dans l'ordre, les laboratoires, la radiologie et les dossiers médicaux, conjointement avec la stérilisation et la pharmacie."

Depuis le 19 mai, de nouveaux ordinateurs, en nombre limités, sont installés dans les services jugés prioritaires. "Ce sont des PC sans connexion extérieure qui doivent permettre une reprise progressive. Ils pourraient notamment permettre de récupérer le listing des consultations. Bien évidemment, cette installation doit être encadrée par des contrôles de sécurité d'un niveau maximum", précise le groupe hospitalier.

Paiement des salaires et honoraires

Le département ressources humaines a également cherché des solutions afin de pouvoir payer au personnel son salaire du mois de mai ainsi que le versement des primes d'avril. Un dispositif informatique alternatif a pu être mis en place. La direction financière a également dégagé des solutions pour pouvoir verser les honoraires des prestataires indépendants et honorer les factures des fournisseurs.

"Alors que notre téléphonie est revenue à son état normal, nous rappelons que le call center 0800/35.168 mis en place (24h/24, 7j/7) est toujours opérationnel pour répondre aux questions les plus fréquentes. Entre le 17 et le 20, ce numéro vert a déjà reçu près de 11.000 appels (avec un taux de réponse de 97%)! Merci donc à la population de n'appeler ce numéro qu'en cas de nécessité", rappelle Vivalia. Un message que les généralistes de la région peuvent également faire passer à leurs patients.

Au niveau médical, certaines des 6.300 consultations programmées cette semaine peuvent avoir lieu, il s'agit de consultations justifiées par l'état du patient ou un suivi médical, sur avis du médecin concerné. L'intercommunale a demandé aux personnes qui doivent bénéficier d'un suivi médical essentiel, de contacter le service concerné ou de se présenter à l'hôpital au moment fixé pour leur rendez-vous. Sont concernées, notamment, les femmes enceintes pour leur suivi de grossesse (venir avec son carnet de grossesse), les personnes traitées en chimiothérapie, en oncologie, en diabétologie, en orthopédie ou encore les suivis de plâtre.

Pour le reste, au niveau médical, les opérations non-urgentes sauf exception jugée selon des critères de nécessité et d'urgence, en concertation entre médecins, infirmières et le directeur médical sont annulées ; la médecine d'urgence est maintenue ; tous les examens d'imagerie programmés sont annulés. Les centres de prélèvements et centres Covid sont opérationnels.

"Nous maîtrisons la situation"

Yves Bernard, directeur général de l'intercommunale, lors d'un point presse organisé vendredi passé par visioconférence, s'est déclaré "choqué" par les articles de presse évoquant une situation de "chaos" dans les hôpitaux. "Vivalia gère la crise de manière professionnelle. Nous maîtrisons la situation." Le Dr Pascal Pierre, directeur général aux affaires médicales, reconnaît que la situation sur le terrain est difficile. "Mais c'est loin d'être le chaos", a-t-il nuancé. "Nous sommes dans une société extrêmement connectée à l'heure actuelle. L'attaque est bien plus profonde que ce que d'autres hôpitaux ont connu. Le but premier est que tout refonctionne de manière safe. Tout le monde aimerait que son ordinateur refonctionne demain. Mais ce ne sera pas le cas. Il existe un plan de redéploiement qui prévoit d'abord la radiologie, puis les dossiers patients, puis le redéploiement de l'ensemble."

La direction financière a dégagé des solutions pour pouvoir verser les honoraires des prestataires indépendants et honorer les factures des fournisseurs.

Selon le directeur général, le rétablissement total de la situation pourrait prendre plusieurs mois.

Bon momentum

Le contexte actuel est-il plus propice aux cyberattaques? "Oui, on est dans un très bon momentum pour les cyberattaquants, car les entreprises ne sont pas encore habituées à cette digitalisation. C'est donc tout boni, tout bénéfice pour les pirates. Cette mise à jour informatique montre de nombreuses failles. Les hôpitaux sont des proies faciles sans vouloir dire qu'ils font mal leur boulot, que du contraire. Cette vulnérabilité durera le temps de la transition. C'est un peu comme si on construisait une nouvelle maison, mais qu'on n'avait pas encore installé les alarmes", explique Axel Legay, spécialiste en cybercriminalité à l'UCLouvain et coordinateur de la coupole CyberWal à notre consoeur du Vif.be, Caroline Lallemand (lire l'interview sur www.levif.be et www.journaldumedecin.com).

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