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25% de risque d'arrêts de travail supplémentaire pour les parents d'enfants à besoins spécifiques

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La Belgique ne dispose pas ou de très peu de chiffres relatifs aux enfants à besoins de santé spécifiques. Idem en ce qui concerne l'impact sur la vie de leurs parents. Dans leur dernière étude, les Mutualités libres établissent, d'une part, une cartographie de la situation et d'autre part mettent en évidence des liens entre le fait d'avoir un enfant à besoins spécifiques et l'incapacité de travail, l'invalidité et le chômage des parents.

Laurent Zanella - 19 juillet 2022

Un enfant à besoins spécifiques est un enfant pouvant souffrir d'une maladie chronique physique ou de troubles du développement, du comportement ou de troubles émotionnels.

Les Mutualités libres ont cherché à identifier ces enfants parmi leurs jeunes membres (0-17 ans) sur base de critères liés aux mécanismes de protection sociale (allocation de soins pour les enfants ayant un besoin de soutien spécifique, forfait " malades chroniques ", statut " affection chronique " et maximum à facturer " malade chronique ").

Il ressort de l'étude qu'environ un enfant sur 15 en Belgique a des besoins de santé spécifiques (6,4% d'entre eux), plus souvent des garçons que des filles. Une famille sur dix est composée d'au moins un enfant à besoins spécifiques : 11,9 % des familles en Flandre, 9,7% en Wallonie et 8 % à Bruxelles.

Des parents plus souvent en incapacité de travail

Les études existantes ne disent rien sur l'impact, en Belgique, du besoin spécifique de l'enfant sur le parent. Il est cependant admis sur le plan international que ces parents connaissent (entre autres) un moins bon état de santé général, plus de stress pour l'éducation de leurs enfants, plus de problèmes physiques, un moins bon sommeil et davantage de problèmes de santé mentale.

Pour pallier ce manque d'informations, les chercheurs des Mutualités libres, en collaboration avec Els Dierckx (KU Leuven), ont croisé les données relatives aux parents d'enfants avec minimum un enfant à besoins spécifiques avec les données de l'incapacité de travail, de l'invalidité et du chômage.

Il en ressort que si 8,6 % des parents sans enfants à besoins spécifiques sont en incapacité de travail (de courte durée), ils sont 11 % à l'être lorsqu'ils en ont un et 12,9 % s'ils en ont deux. Dans le même ordre d'idée, si 6,1 % des parents sans enfants à besoins spécifiques sont en invalidité (incapacité de travail d'une durée supérieure à un an), ils sont 9,3 % à l'être lorsqu'ils en ont un et 13,5% s'ils en ont deux. Par contre, le fait d'avoir un enfant à besoins spécifiques n'a que peu d'impact sur le chômage des parents.

Recommandations

" Il faut admettre que les aides existantes ne protègent pas les parents d'impacts pour leur santé et leur situation professionnelle, même si des aides financières existent ", analysent les Mutalités libres, qui formulent une série de recommandations tantôt aux autorités publiques, tantôt à l'Inami et aux médecins-conseils.

On retiendra avant tout qu'il faut davantage d'attention pour les enfants à besoins spécifiques dans le cadre de la politique de soins pour les malades chroniques. " L'objectif est de stimuler tous les acteurs, y compris les prestataires de soins, à mettre sur pied des initiatives innovantes autour des familles ", expliquent les Mutualités libres qui estiment également qu'il faut dispenser les parents d'enfants à besoins spécifiques d'éventuelles sanctions décidées par le gouvernement à l'encontre de malades de longue durée. " Des mesures de soutien spécifiques sont nécessaires au sein des familles pour permettre aux parents concernés de réintégrer le monde du travail. "

Aux médecins-conseils, les Mutualités libres recommandent de cartographier systématiquement les besoins de santé spécifiques au sein de la famille et mettre des accompagnements en place, en collaboration avec le coordinateur de retour au travail. Et de proposer davantage de solutions telles que privilégier de plus longues périodes de travail à temps partiel, élargir l'accueil pour un enfant malade, proposer une aide domestique et plus systématiquement un accompagnement psychosocial. Des recommandations qui sont également valables pour les médecins du travail et les autres prestataires de soins.

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