Variole du singe : la Belgique veut maximiser les vaccinations des groupes-cibles dans les prochains jours

Les douze centres de référence SIDA du pays ont reçu instruction du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke de maximiser la vaccination de personnes faisant partie des groupes-cibles d'ici au plus tard la fin de la semaine prochaine, a indiqué celui-ci mercredi, lors d'un point de presse au sujet de l'épidémie.
Il a demandé à ces centres d'envoyer une invitation personnelle à chaque patient concerné.
Selon le ministre, entre 300 et 400 vaccins ont été inoculés jusqu'à présent dans le cadre de la campagne en Belgique.
Les groupes-cibles de la campagne de vaccination sont les suivants: les personnes ayant eu un contact à haut risque, celles qui ont eu un contact à très haut risque (ex.: un contact sexuel), les travailleurs du sexe masculins et transgenres, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), qui sont séropositifs ou sous thérapie VIH-Prep et qui ont eu au moins deux MST au cours de l'année écoulée, les personnes atteintes de troubles immunitaires graves et présentant un risque élevé d'infection, le personnel de laboratoire manipulant les cultures virales.
Au début de l'épidémie, la Belgique a pu acheter 200 doses du vaccin de troisième génération contre la variole (Imvanex) homologué en Europe. La Belgique a reçu 3.040 doses supplémentaires du vaccin américain similaire (Jynneos) via la Commission européenne. Elle a également commandé 30.000 doses supplémentaires de manière bilatérale auprès du producteur de vaccins Bavarian Nordic. La livraison aura lieu cet automne au quatrième trimestre (le mois dépend de l'entreprise).
Outre les douze centres de référence sida, quatre organisations de travailleurs du sexe pourront également organiser la vaccination, à partir de demain, jeudi. Il s'agit de Ghapro, Pasop, Alias et Espace P.
Le stock de doses actuellement disponible sera réparti selon les proportions suivantes entre les différents groupes-cibles: 1500 pour le VIH et les personnes fort exposées au risque de VIH, 800 pour les travailleurs du sexe masculins, 500 pour la post-exposition des contacts à très haut risque et à haut risque des cas confirmés de la variole du singe.
Selon Frank Vandenbroucke, le stock actuel de vaccins n'est pas suffisant pour vacciner tous les groupes-cibles. Il a été demandé aux centres de référence VIH de prendre les mesures nécessaires au sein de leur groupe de patients pour vacciner autant de personnes que possible cette semaine et la semaine prochaine, en tenant compte des groupes prioritaires.
Lorsque davantage de vaccins seront disponibles, les membres des groupes-cibles prioritaires qui n'ont pas encore été vaccinés auront la priorité.
Le ministre de la Santé n'a par ailleurs pas caché que la campagne de vaccination n'était pas simple à concrétiser. Il y a selon lui une tension entre la demande générale et d'autre part le fait qu'il est difficile d'atteindre le public des travailleurs du sexe, raison pour laquelle il a été fait appel à la collaboration de quatre associations du secteur.
Toujours d'après le ministre, la Belgique dispose d'un stock "énorme" de vaccins contre la variole classique, constitué pour anticiper tout risque de type guerre bactériologique. "Mais les effets secondaires de ce vaccin sont tellement importants que ceux-ci ne sont pas indiqués contre la variole du singe qui n'est pas mortelle", a-t-il souligné.
M. Vandenbroucke a ajouté à ce propos que contrairement à des pays voisins comme la France et les Pays-Bas, la Belgique n'avait pas renouvelé ce stock stratégique (ndlr: à l'aide de vaccins indiqués dans le cadre de la lutte contre la présente épidémie). "Je ne vais pas vous répondre à la question de savoir pourquoi. Nous devons en parler au gouvernement", a-t-il précisé.
Belga
Sciensano : "94% des transmissions se font entre hommes"
Au 8 août 2022, un total de 546 cas confirmés de Monkeypox, mieux connu sous le nom de variole du singe, ont été signalés par les administrations/gouvernements régionaux en Belgique, a indiqué Sciensano, mardi, dans le cadre d'un point de la situation épidémiologique.
Il s'agit de 304 cas en Flandre (56 %), 187 cas à Bruxelles (34 %) et 55 cas en Wallonie (10%).
Tous les cas pour lesquels le sexe est connu sont des hommes, âgés de 16 à 71 ans. Les informations sur les symptômes sont connues pour 484 individus (89 %). Presque tous les patients (96 %) présentaient des lésions cutanées, qui étaient principalement dans la région anale-génitale. Environ 66 % présentaient des symptômes généraux tels que fièvre, malaise général, 30 % gonflement des ganglions lymphatiques, .....
Vingt-huit des 455 personnes (9 %) pour lesquelles l'information est connue ont été hospitalisées, 21 en raison du traitement (l'une d'entre elles avait un trouble immunitaire sous-jacent), deux parce que l'isolement à domicile n'était pas possible, et cinq pour lesquelles la raison était inconnue.
Il n'y a aucun décès.
Sur base des données actuelles sur la transmission présumée, il apparaît que le virus est principalement transmis par contact sexuel entre hommes (94 %).
Moins d'un quart (n = 119, 28 %) de tous les cas a pu identifier un contact spécifique avec un autre cas confirmé.
Les contacts sexuels dans le contexte privé ont été le plus souvent mentionnés (48 %).
Environ une personne sur six a participé à un grand événement national ou à l'étranger, au cours duquel il y eu des contacts sexuels. Les saunas sexuels ou autres lieux facilitant les contacts sexuels ont été identifiés par 94 hommes (24 %). La participation à une fête ou autre activité sans relation sexuelle a été rapportée pour 24 personnes (6 %).