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Sept menaces contre l'avortement aux États-Unis

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Selon Nature, sept menaces pèsent désormais sur le droit à l'avortement aux États-Unis suite à l'arrêt de la Cour suprême visant à "déconstitionnaliser" ce droit: l'interdiction d'avorter dans certains États, difficultés d'accès géographiquement et financièrement, effets dominos dans les autres États, insécurité des patientes plus ou moins dans l'illégalité et augmentation des décès chez les parturientes.

24 août 2022

Rappelons qu'en juin, après un examen minutieux de la Constitution, la Cour suprême des États, composée de six juges "conservateurs" et trois juges "progressistes" a acté que la Constitution américaine ne confère aucun droit à l'avortement. Ce sont aux différents États de décider démocratiquement s'ils maintiennent ce droit.

Depuis cette décision qui a fait grand bruit, 13 États ont strictement réduit l'accès à l'avortement et une douzaine s'apprêtent à le faire voire à bannir toute possibilité d'avortement. Ce sont essentiellement des États du centre nord et sur des États-Unis, dont le Texas et les deux Dakota. La Floride pourrait basculer. C'est la première menace pesant sur l'avortement.

Avorter à 1.000 km

La deuxième est que la natalité ne s'en trouvera pas impactée et qu'autant de femmes qu'avant voudront avorter. Par voie de conséquence, l'accès aux centres médicaux et médecins pratiquant encore l'avortement va s'en trouver plus difficile. Géographiquement, on estime que 24 millions de femmes en âge de procréer et désireuses d'avorter devront trouver une solution à environ 160 km de plus en moyenne et jusque 966 km!

Dans les États qui légalisent encore l'avortement ou ceux qui le restreignent, il y aura forcément une pression sur les centres d'avortement avec des temps d'attente qui peuvent atteindre facilement trois semaines. Certains centres refuseront des patientes par manque de places et de personnel.

Avortements clandestins

Cinquièmement, comme les femmes qui avortent sont déjà financièrement les plus précaires, il est possible que leur situation s'aggrave étant donné que l'avortement leur coûtera plus cher (déplacement, suppléments éventuels, etc.).

Six: davantage de femmes seront poussées à pratiquer des avortements clandestins. Il faut donc prévoir une augmentation de l'insécurité autour de l'avortement et même, sixièmement, une augmentation des décès à l'accouchement de l'ordre de trois décès pour 100.000 accouchements dans certains États comme le Michigan. Ainsi, "l'épidémiologiste Roger Rochat a constaté une baisse de 39 morts dues à des avortements illégaux en 1972 à 2 morts après le vote de l'amendement Roe & Wade qui rendit l'avortement constitutionnel en 1976. Ce nombre de morts s'est maintenu depuis." Le nombre de décès devrait en outre être environ trois fois plus important auprès des Blancs non-hispaniques qu'auprès des Blancs hispaniques.

Références:

Nature 608, 254-257 (2022)

doi: https://doi.org/10.1038/d41586-022-02139-3

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