PremiumLe journal du médecin

Disque obole

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A l'heure où le vinyle effectue un retour en force, une exposition allemande met en exergue les pochettes de disques et les créateurs qui les ont fait entrer dans l'histoire de la musique...

21 septembre 2022

Situé dans la banlieue de Stuttgart, la Stihl galerie de Waiblingen, doit son nom à la marque de tronçonneuses Stihl et à la fondation dont la soeur du président actuel, Nikolas Stihl, Eva a créée et qui se montre active dans le domaine de la médecine et des arts.

Originaires de cette ville de 50.000 habitants, les héritiers d'Andreas Stihl ont eu la volonté de rester ancrés dans leur ville ou village d'origine, conservant ce sens de la communauté, malgré la dimension internationale de leur société. Ce qui suppose bien entendu que l'entreprise familiale ne soit pas cotée en bourse... et donc soumise aux injonctions des actionnaires.

A Waiblingen, plutôt que de sponsoriser le stade de football, Stihl a investi dans la construction d'une galerie temporaire de 500 m2, d'une école d'art et d'un troisième bâtiment destiné à accueillir la fondation: des oeuvres contemporaines, tous trois semblables, de formes rondes, aériennes, et de hauteur raisonnable en contrepoint d'un bâtiment administratif assorti d'un restaurant au rez-de-chaussée, bâti dans la même structure que l'ancien moulin à eau qui s'y trouvait.

L'ensemble fait face à l'ancienne ville préservée, et surtout au bâtiment le plus ancien, le seul à ne pas être détruit au 17e lors de la guerre de Trente Ans, et qui abrite désormais le musée de la ville.

Si Stihl prend en charge l'achat des oeuvres urbaines qui ponctuent la ville (celle d'un homme chevauchant un hippocampe, oeuvre de Stephan Balkenhol trône même au milieu de la rivière toute proche), elle n'intervient pas dans le développement de la collection municipale de la ville, mais plutôt dans le financement d'expositions temporaires (qui intègre souvent des oeuvres que la ville possède) proposées trois fois par an et qui ont pour objet les beaux-arts, les médias ou les arts appliqués.

Se déploie dans la galerie jusque fin octobre, une proposition originale, centrée sur les pochettes de disques, qui reviennent d'ailleurs à la mode du fait du renouveau du vinyle.

Tronçonneuse et "Revolver"

Sur 500 m2, Cover Art se penche sur la naissance de la pochette artistique, née en 1940 à New York, sous la plume du directeur artistique de Columbia Records, Alex Steinweiss, lequel, en tant que véritable artiste, y apposait sa signature, qu'il s'agisse d'un album de Charles Trenet ou de Dave Brubeck.

Autre référence graphique dans le monde de la musique, Blue Note, spécialisé dans le jazz, et qui jouait d'une police de caractère personnalisée et du fait de mettre la photo du musicien en couverture, Charlie Parker notamment: un style qui sera repris sous forme d'hommage au musicien par Joe Jackson, trente ans plus tard, au début des années 80.

Très illustrée bien entendu, l'exposition s'intéresse à Klaus Voormann, qui connut les Beatles à leurs débuts à Hambourg, devint leur ami, et signa la pochette de l'album "Revolver", mélange de collages et dessins. De cette relation et cette expérience, il fera un roman graphique en 2016, présenté en regard de la pochette.

Emil Schult sera quant à lui un compagnon de route de Kraftwerk, dont ce comparse d'académie de Richter et Beuys, signera notamment la pochette de l'album Autobahn qui marque le début du succès international du groupe allemand.

Anton Corbijn, connu surtout pour ces photos de rockers, a également droit aux cimaises (notamment avec l'album de Depeche Mode Violator), tout comme Heinz Eidelmann qui, s'il signa des pochettes "flower power" pour Nana Mouskouri entre autres, déclina surtout son style dans Yellow Submarine, le film d'animation qui mettait en scène ces mêmes Beatles.

Quant à Peter Saville, cofondateur de Factory Records à Manchester, il est surtout connu pour ses pochettes du Closer de Joy division ou celle de Blue Monday de New Order, un peu plus tard.

Limitée aux débuts des années quatre-vingt, cette intéressante exposition pour les amateurs d'art et de musique oublie cependant d'intégrer le label 4AD et le travail de ce génie de la pochette, même après l'apparition "réductrice" au niveau du son comme de l'image du CD, que fut Vaughan Oliver, décédé voici trois ans, dont la palette... "musicale" variait de Cocteau Twins au Pixies en passant par Dead Can Dance, The Wolfgang Press ou les Throwing Muses et pour qui chaque pochette devait être... une belle surprise.

Cover Art, jusqu'au 16 octobre à la Galerie Stihl de Waiblingen www.galerie-stihl-waiblingen.de

Autre référence graphique dans le monde de la musique, Blue Note, spécialisé dans le jazz, et qui jouait d'une police de caractère personnalisée (au fond de la pièce sur la photo).
Autre référence graphique dans le monde de la musique, Blue Note, spécialisé dans le jazz, et qui jouait d'une police de caractère personnalisée (au fond de la pièce sur la photo).

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