Dites donc

À l'heure où à coup de sms, de tweets ou de mails, notre langage se rétrécit, se rabougrit, voici que Nicolas Bernard, par ailleurs professeur de Droit de l'Université Saint-Louis, lequel n'a pourtant pas encore la barbe fleurie, nous enjoint de fleurir le nôtre en reprenant des exemples, parfois empruntés à d'autres auteurs sans pour autant se les attribuer, mais, principalement, en suggérant des variantes plus poétiques de son propre cru.
Voici quelques tournures reprises du Petit Bernard illustré.
Plutôt que "le Standard a battu Anderlecht", il conseille d'utiliser "le Standard a disposé d'Anderlecht". À l'inverse de "le Standard est loin devant les autres" en championnat, ce juriste se fait l'avocat de la tournure "le Standard est un leader autoritaire". Au "Standard l'a emporté sur Anderlecht", on préférera suivant les conseils de l'auteur "le Standard s'est adjugé le classico". On privilégiera par ailleurs "le standard marche sur le championnat" par rapport à "le Standard est largement en tête du championnat", et "son avenir s'inscrit en rouge et blanc" plutôt que "il est transféré au Standard de Liège".
On l'a compris: au travers de ces quelques exemples, Nicolas Bernard brise les barrières de l'écriture... standardisée, voit rouge quand il découvre une formule éculée et se fait le champion de la belle expression.
Reste à espérer que son Ne dites pas... mais dites... Fleurir son langage fera... florès.
Ce qui est vite... dit.
Nicolas Bernard, Ne dites pas... mais dites... Fleurir son langage (Larcier/Petites Fugues).