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L'ennemi n'est plus tant le virus mais bien l'athérome pour les patients VIH de 50 ans et plus

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Alors que le risque cardiovasculaire et métabolique ne cesse de croître au sein de la population des patients VIH surtout au-delà de 50 ans, le traitement, pourtant simple, de facteurs de risque bien connus stagne voire diminue. Telle est la conclusion alarmante des investigateurs de la cohorte RESPOND lors de la présentation de leur suivi, entre 2012 et 2019, de l'évolution du risque cardiovasculaire et des mesures préventives associées auprès de quelques 22.000 participants de la cohorte.

Jean-Luc Schouveller - 27 octobre 2022

De cette longue présentation, 5 points sont à retenir qui témoignent du manque flagrant de prise en considération de la menace cardiovasculaire chez les patients qui vieillissent avec le VIH et pour qui l'ennemi n'est décidément plus le virus mais bien l'athérome.

  1. Entre 2012 et 2019, la proportion de patients VIH à très haut risque cardiovasculaire est passé de 31% à 49%. Cette augmentation du risque est surtout marquée pour la tranche d'âge des 55 ans et au-delà.
  2. En cause: les troubles lipidiques présents chez 63%, l'HTA chez 38%, le diabète chez 15% et le tabagisme chez 57%.
  3. Une autre cause à cette élévation du risque est liée aux traitements antirétroviraux antérieurs comme l'abacavir, le lopinavir ou l'indinavir.
  4. Alors que le risque augmente, la prise en charge des facteurs de risque ne suit pas le mouvement. Ainsi, on ne constate pas d'augmentation des traitements antihypertenseurs bloqués à 66% entre 2012 et 2019. Idem pour les traitements hypolipémiants bloqués à 57% des patients ainsi que pour la cessation tabagique qui n'évolue pas et reste au niveau très faible de 7%. Les traitements antidiabétiques, eux, ont même régressé passant de 63% à 57%.
  5. Particulièrement inquiétant est le constat que les patients VIH utilisateurs de drogues injectables et les patients dont la charge virale est inférieure à 200 copies/ml reçoivent moins souvent des hypolipémiants et sont moins enclins à cesser de fumer.

Conclusion:

"Alors que l'infection par le VIH est devenue une maladie chronique, il est affligeant de constater à quel point on néglige la prévention du risque cardiovasculaire chez les patients VIH. Si rien ne change, ce n'est plus le virus qui emportera nos patients mais bien les maladies cardiaques et métaboliques." Les mots de conclusion du Dr Nadine Jaschinski qui a présenté ces résultats se passent de commentaires. Il y a urgence à sensibiliser l'ensemble du corps médical afin de combattre ce nouveau fléau qui menace les patients VIH.

Réf: Jaschinski N. et al. Présentation orale Abstract O22, HIV Glasgow, 2022

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