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Obésité: un coût... et des opportunités

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Le gestionnaire d'actifs Capital Group observe que la lutte contre l'obésité entre enfin dans une phase active, avec les traitements novateurs lancés par les firmes Novo Nordisk et Eli Lilly. Des noms à retenir... par les investisseurs.

7 décembre 2022

Ni en Inde, ni en Chine, l'obésité n'est un problème sérieux, puisqu'il n'y touche que 3,6 et 6,2% respectivement de la population. C'est ce que révèlent les chiffres publiés l'an dernier par l'OMS se rapportant à l'année 2016. Si la moyenne mondiale atteint 12,8%, c'est en raison de proportions dramatiques ailleurs dans le monde. États-Unis en tête, comme on s'en doute: pas moins de 36,7% des Américains sont obèses au sens clinique, c'est-à-dire qu'ils présentent un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30. L'Europe est moins touchée, avec 25,2% par exemple en Allemagne. Les pays moins développés ne sont toutefois pas épargnés, le cas le plus emblématique étant sans doute celui du Mexique, avec 27,8% de personnes obèses! On sait que les jeunes n'y échappent pas non plus, le taux d'obésité et de surpoids étant, entre 1975 et 2021, passé de 4 à 18% parmi les 5 à 19 ans, a calculé l'OMS.

Les experts de Capital Group ne font pas l'impasse sur un sérieux bémol: l'obésité touche davantage les populations pauvres que les nanties.

Style de vie ou maladie?

Outre son coût économique, en matière d'absentéisme notamment, l'obésité grève lourdement les budgets santé des États. Les frais médicaux en lien avec l'obésité dépassent 170 milliards de dollars par an aux États-Unis, suivant une estimation des CDC, l'Agence fédérale de santé publique. Et à en croire une étude prospective de l'OCDE, le montant pourrait fuser à quelque 650 milliards à l'horizon 2050. Bien plus que la Grande-Bretagne et surtout la France, c'est cependant l'Allemagne qui serait alors la plus gravement touchée, proportionnellement à sa population: plus de 400 milliards, représentant près de 12% des dépenses de santé totales.

Or, en dépit d'une large prise de conscience de ce désastre, les avancées restent très modestes sur le plan médical, affirme l'étude de Capital Group. D'une part, la société dans son ensemble, en ce compris le corps médical, a tendance à considérer que l'obésité procède d'un style de vie et ne s'apparente pas à une maladie. D'autre part, les traitements sont peu efficaces au niveau médicamenteux et fort invasifs au niveau chirurgical. La situation est toutefois en train de changer, avec l'apparition de traitements de nouvelle génération plus sûrs et plus efficaces. L'étude de Capital Group cite les sociétés Novo Nordisk et Eli Lilly, considérées comme très prometteuses sur ce terrain et que les investisseurs ne sauraient dès lors négliger.

Pas moins de 36,7% des Américains sont obèses au sens clinique.
Pas moins de 36,7% des Américains sont obèses au sens clinique.© Getty Images/Westend61

Perte de poids: 15 à 22%

Géant mondial des traitements contre le diabète, le danois Novo Nordisk a, en automne 2021, lancé un nouveau médicament à base de sémaglutide. De la famille du GLP-1 utilisé dans le traitement du diabète de type 2, cette injection hebdomadaire serait à la fois efficace et sûre. Les essais cliniques ont débouché sur une perte de poids moyenne de 15%, avec des effets secondaires "tolérables". La société n'a pas encore obtenu de remboursement de son remède par Medicare, mais bien, et parfois largement, par des assurances privées. Elle a dès lors bénéficié d'une forte demande et estime qu'elle pourrait atteindre un chiffre d'affaires de 3,7 milliards de dollars en 2025 dans le domaine de l'obésité.

Le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly n'est pas en reste, ou plutôt: il devrait rattraper son retard. Toujours dans la famille des traitements injectables GLP-1 (domaine dans lequel les deux groupes sont en situation de duopole), il a mis au point la tirzépatide, dont les effets sont supérieurs au sémaglutide: la perte de poids observée lors des essais cliniques atteint 22%. La société devrait demander l'approbation du médicament en 2023. Par ailleurs, ces deux entreprises sont déjà en train de préparer la génération de traitements suivante, notamment par voie orale.

Avec la conscience croissante du problème et (surtout? ) de son coût, on peut imaginer que les traitements contre l'obésité finiront par être assez largement remboursés. Et ceci alors qu'on craint un taux d'obésité de 20% en 2030, ce qui concernerait plus d'un milliard et demi de personnes.

Prometteur mais pas donné!

Tout ceci est très prometteur, mais... Les experts de Capital Group ne font pas l'impasse sur un sérieux bémol: l'obésité touche davantage les populations pauvres que les nanties, c'est bien connu. Les traitements étant fort coûteux (le sémaglutide coûte 1.350 dollars par mois aux États-Unis), d'importants remboursements sont indispensables à leur succès commercial. D'autant qu'on ne sait pas dans quelle mesure ces traitements devront être maintenus sur le long terme. L'autre réserve se situe sur le plan boursier: les investisseurs ne sont pas restés indifférents à la percée de ces entreprises sur le terrain de l'obésité et à leurs belles perspectives. En conséquence, leurs actions ont bondi: +27% pour Novo Nordisk et +53% pour Eli Lilly sur les 12 derniers mois, avec des rapports cours-bénéfice respectifs de 37 et 56. L'ensemble du secteur santé de la Bourse américaine n'a progressé que de 7% dans le même temps. C'est dire que les chouchous de Capital Group ont pris de l'avance...

L'IMC, une invention belge!

L'indice de masse corporelle (IMC, noté BMI en anglais), comme chacun le sait, s'obtient en divisant le poids par la taille au carré. C'est cet indice de masse corporelle que l'OMS a institué, en 1997, comme la norme permettant d'évaluer les risques liés à l'obésité chez les adultes. L'Organisation a, ce faisant, repris une invention datant alors de près d'un siècle et demi! Elle était le fait du Belge Adolphe Quetelet (Gand 1796 - Bruxelles 1874), par ailleurs reconnu comme un des pères de la statistique moderne.

Belfius obtient une honorable septième place.
Belfius obtient une honorable septième place.

Ses finances sur smartphone: la Belgique bien placée

Les banques belges les mieux classées ont un peu reculé, mais elles conservent des places plus qu'honorables dans le classement annuel établi par l'antenne belge du cabinet de conseil Sia Partners. Ce dernier reprenait cette année pas moins de 151 établissements (dont 13 belges) dans 22 pays. Est-ce pour cette raison que KBC et Belfius ont perdu les deux premières places du classement au profit de la "néobanque" britannique Revolut et de l'italienne Intesa Sanpaolo? KBC doit à présent se contenter de la troisième place et Belfius de la septième, ce qui demeure plus qu'honorable face à tant de rivaux.

Leur recul s'explique en partie par le fait que le jugement accordait cette année moins de place à l'assurance, alors que la bancassurance est précisément une spécialité belge. Ceci ne saurait toutefois occulter le fait que le Britannique Revolut a un peu révolutionné le secteur, ses applications "proposant un nombre incroyable de services", note l'étude. L'application de KBC/CBC ne se fait toutefois distancer que d'un cheveu: elle obtient 16,31 points sur 20, contre 16,54 pour Revolut. Elle offre le moyen "le plus complet et le plus flexible" du marché belge pour ses opérations bancaires quotidiennes, tout en ayant intégré des possibilités plus complexes en matière de crédits et d'assurances. S'y ajoutent plusieurs services non bancaires, sans oublier l'assistant vocal Kate.

Champion en ce qui concerne les produits d'investissement, Belfius a de son côté un peu souffert de la moindre prise en compte de ce critère cette année. Son score demeure dans le peloton de tête, avec 15,55 points sur 20. De plus, c'est Banx qui occupe la troisième place en Belgique (12,89 points), c'est-à-dire la banque mobile de Belfius et Proximus. Une entrée fracassante pour cette nouvelle venue!

Une petite faiblesse du côté belge? Oui, relève l'étude, dans deux domaines ayant pris pas mal d'importance cette année: les outils permettant d'optimiser ses dépenses et les critères ESG de durabilité. Au niveau de la Belgique, trois situations sont à noter: KBC et Belfius distancent largement les autres banques qui, hors Banx, affichent des scores compris entre 11,92 pour Argenta et 9,93 pour Keytrade, très proches donc. À l'exception toutefois, troisième constat, des deux lanternes rouges que sont Crelan (7,04 points) et surtout Deutsche Bank, avec 5,9 points seulement.

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