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Un nouveau service de radiologie et imagerie médicale à l'Hôpital des enfants reine Fabiola

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Depuis ce jeudi 15 décembre, les petits patients de l'Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola (Huderf - HUB) sont accueillis dans un tout nouvel espace de radiologie et d'imagerie médicale, entièrement conçu pour leur confort et doté des technologies les plus pointues.

Cécile Vrayenne - 14 décembre 2022

"L'idée n'est pas d'augmenter l'activité et de surconsommer, mais de faire le bon examen au bon endroit ; de s'ouvrir à la ville et d'attirer des collaborations au sein de l'Hôpital universitaire de Bruxelles (HUB) et au-delà, interhospitalières, en tant que seul hôpital pédiatrique de Belgique, pour en faire davantage encore un service de référence", amorce le Pr Paolo Simoni, chef du service de radiologie et d'imagerie médicale de l'Huderf. "22,4% de la population bruxelloise sont des enfants, dont 10% souffrent de pathologies chroniques ou lourdes. Bruxelles est aussi riche en nationalités, ce qui nous donne un nombre important de maladies rares. Nous voulons offrir à chaque enfant qui passe les portes le meilleur, quels que soient son milieu ou ses origines."

Le nouveau service d'imagerie médicale entend devenir une vitrine d'excellence, aussi en recherche et pour l'enseignement.

Fonctionnalité et économies d'énergie

L'Huderf a inauguré, en début de semaine, ses nouveaux locaux d'imagerie médicale dans le cadre de la poursuite de ses investissements d'agrandissement. Situé au premier étage, ce plateau technique totalement rénové occupe les anciens quartiers opératoires, à la croisée des soins intensifs et avec un accès facilité aux urgences. Une chambre de garde confortable permet d'accueillir le radiologue de service, un senior confirmé spécialisé en pédiatrie quasi en permanence vu la complexité des cas (traumas crâniens, notamment) reçus jour et nuit, notamment via d'autres hôpitaux du pays. La demande est telle que le nouveau service recevra d'ailleurs désormais aussi les samedis.

Un examen IRM? Non, un voyage intersidéral.
Un examen IRM? Non, un voyage intersidéral.

Contraintes énergétiques obligent, le service n'a pas gagné en surface mais celle-ci a été maximalisée et complètement pensée pour accueillir des enfants. "La fonctionnalité est un défi dans un hôpital d'enfants où les contraintes sont particulièrement lourdes", souligne Paolo Simoni. " L'imagerie consomme des ressources numéraires, mais aussi écologiques: on estime qu'une seule IRM équivaut à 100 km aller-retour en voiture. Réduire les dépenses énergétiques comme ne pas mettre d'eau chaude aux lavabos dans les toilettes par exemple, nous permet de mieux chauffer."

Les deux nouvelles salles de radiographie classique, dont une équipée en scopie, partagent une unique salle des commandes intermédiaire afin d'optimiser les ressources humaines et de faciliter les écolages - "un partage instantané des connaissances dans le cadre d'un hôpital universitaire, et pas seulement entre médecins mais également avec les paramédicaux", précise le Pr Simoni.

Entre les salles d'imagerie, des locaux neutres et lumineux, loin des machines, permettent d'accueillir familles et enfants pour discuter des résultats et des protocoles.

Éviter tout impact négatif

"On est vraiment dans une structure pédiatrique qui fait l'essence de notre hôpital", se réjouit Anna Groswasser, directrice générale adjointe de l'Huderf. "Dans la technologie et dans la prise en charge des patients pour améliorer leur expérience, mais aussi pour améliorer la qualité et la sécurité des soins, et la qualité de vie des équipes qui y travaillent au quotidien."

Exit l'imagerie médicale souvent cantonnée aux étages enterrés des bâtiments hospitaliers dans des pièces aveugles, renvoyant une image sombre voire mortifère, le nouveau service se veut baigné de lumière naturelle. Tout comme les trois salles d'échographie, le scanner (basse dose) occupe une pièce dotée de grandes fenêtres (plombées anti-rayons). Et la distraction s'invite partout pour diminuer l'anxiété et rendre les examens moins impressionnants, voire ludiques. Un écran sur le scanner permet par exemple de projeter des dessins et messages adaptés vers l'enfant.

L'inauguration du nouveau service en présence du bourgmestre de Bruxelles.
L'inauguration du nouveau service en présence du bourgmestre de Bruxelles.© CV

L'IRM, autre machine "lourde", est bordée d'une fresque spatiale représentant la galaxie et plafonnée d'un ciel étoilé avec variateur de couleurs. Un système de divertissement intégré permet de diffuser des vidéos à l'intérieur du tunnel et la technologie "Quite" réduit les bruits lors des séquences d'acquisition des images. "Faire entrer une TV dans une résonance magnétique, d'un point de vue physique, c'est assez révolutionnaire", s'étonne Paolo Simoni. "Le champ est de 3 Tesla, un des plus puissants en Europe. Les examens sont plus rapides, cinq minutes au lieu de dix pour le cerveau par exemple, ce qui a un impact majeur en cas d'anesthésie générale." CT-scan et IRM embarquent l'IA, qui permet d'optimaliser les images et de gagner du temps en acquisition comme en post-traitement.

"Nous ne faisons pas que des images, nous faisons aussi de la médecine et nous nous occupons de l'humain. L'imagerie n'est qu'un autre stéthoscope...", sourit le chef de service.

Simuler l'IRM avant d'y passer

Les tout-petits (moins d'un an) ne sont pas les patients les plus difficiles en salle d'IRM: leur donner le biberon et attendre qu'ils s'endorment pour les glisser dans la machine est un stratagème qui fonctionne généralement bien. Un "luxe" de temps inimaginable dans un service d'imagerie pour adultes où les examens s'enchaînent.

L'âge critique se situe entre deux et six ans: l'examen requiert alors souvent de passer par une sédation, voire une anesthésie générale pour les bouts d'chou les plus anxieux. Au-delà de 6-7 ans, il est plus facile d'expliquer à l'enfant, quitte à faire entrer ses parents près de l'appareil pour le rassurer.

Les enfants plus âgés et les ados sujets à des troubles neurologiques ou du spectre autistique peuvent également se révéler très sensibles face à l'expérience de la résonance magnétique. Comment le savoir? Comment obtenir leur coopération? En leur proposant de d'abord tester l'aventure dans une salle de simulation, grâce à une maquette en passe d'être réalisée par des étudiants ingénieurs (Helha) de Charleroi. Le simulateur permettra aux enfants de s'allonger et d'apprendre à ne pas bouger. En fonction de leurs réactions face aux sons et sensations, le personnel soignant pourra mieux déterminer les petits patients qui nécessitent plus d'attention et doivent éventuellement être endormis.

Chiffres

Chaque mois, le service de radiologie et d'imagerie médicale de l'Huderf voit passer:

En radiologie: 1.700 petits patients ;

Pour une échographie: 800 enfants ;

En IRM: 300 petits patients ;

Pour un CT-scan: 120 enfants.

Le nouveau scanner, basse dose et assisté par l'IA, dans une pièce baignée de lumière naturelle.
Le nouveau scanner, basse dose et assisté par l'IA, dans une pièce baignée de lumière naturelle.© CV

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