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La doxycycline, en prophylaxie post-exposition, réduit de 66% le risque d' IST

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DoxyPEP est une étude américaine menée auprès de 500 hommes, gay ou bisexuels, et de femmes transsexuelles qui montre que l'administration de doxycycline, immédiatement après un rapport non protégé (prophylaxie post-exposition ou PEP), permet de réduire de 66% le risque de contracter une IST. Preuve de l'efficacité de cette stratégie, l'étude a été interrompue, un an avant la fin, suite aux excellents résultats observés lors d'une analyse intermédiaire.

Jean-Luc Schouveller - 11 janvier 2023

L'étude DoxyPEP a recruté, à Seattle et San Francisco, 327 personnes séronégatives sous PrEP et 174 individus séropositifs sous traitement antirétroviral, tous âgés de 17 ans au moins et de sexe masculin à la naissance. Pour être inclus, les participants devaient avoir eu au moins une des trois IST (gonorrhée, chlamydia ou syphilis) au cours de l'année précédente.

L'objectif de l'étude était d'évaluer l'impact d'une prophylaxie post-exposition par doxycycline sur la survenue de trois IST: gonorrhée, chlamydia et syphilis. Au cours de l'étude, la moyenne des rapports sexuels sans préservatif était d'un peu plus de sept par mois et le suivi du traitement par la doxycycline était bonne: 87% des rapports sans préservatif ont été protégés par la doxycycline. L'administration de doxycycline en pré-exposition a permis de réduire de 66% le risque de contracter une IST chez les participants séronégatifs sous PREP et de 62% dans le groupe des patients séropositifs sous trithérapie. Alors que les IST sont en plein boom, cette stratégie de prophylaxie post-exposition a tout pour séduire au vu de ces excellents résultats. Cependant, le recours à des antibiotiques dans un but purement prophylactique fait ressurgir des craintes de pharmacoresistance puisque 20 % des gonorrhées diagnostiquées au moment où les personnes ont rejoint l'étude présentaient déjà une pharmacorésistance à la doxycycline et, au cours de l'étude, le taux de résistance a presque doublé pour atteindre un peu moins de 40 %. Mais, si le choix des investigateurs s'est porté sur la doxycycline, c'est à dessein. Non seulement la doxycycline n'est pas chère et sa demi-vie est relativement longue mais, surtout, elle n'est plusbeaucoup utilisée pour traiter les IST à l'exception des chlamydioses et de la syphilis et ce, uniquement en cas d'allergie aux antibiotiques recommandés. En tout cas, pour traiter la gonorrhée, c'est une autre classe d'antibiotiques qui est utilisée. Voilà quelques arguments qui devraient éviter de jeter, d'emblée, le bébé avec l'eau du bain ce qui serait bien dommageable vu le manque criant de moyens pour prévenir le retour en force des IST.

Réf: Luetkemeyer A. et al. Abstract OALBX0103, IAS 2022, Montréal

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