Les médecins globalement remontés contre les mesures récentes

Outre la note en deçà de la moyenne du ministre Vandenbroucke, les médecins sondés étaient également invités à répondre à une dizaine de questions sur l'actualité récente. Au menu: l'interdiction des suppléments d'honoraires, l'accord médico-mut, la prime énergie ou encore l'accessibilité de la première ligne.
Que nous apprend le coup de sonde mené par le journal du Médecin et son pendant néerlandophone Artsenkrant entre le 12 et le 23 janvier derniers?
Sur la question de l'interdiction des suppléments d'honoraires pour les patients BIM introduite dans les soins ambulatoires, un médecin sondé sur quatre estime qu'il s'agit d'une très mauvaise mesure. Les médecins néerlandophones comme francophones sont d'accord sur ce point.
Il n'est donc pas étonnant de constater que plus d'un médecin sur deux (52%) rejoint la position de l'Absym qui a menacé d'annuler l'accord médico-mut il y a peu. On notera d'ailleurs que seuls 10% des médecins étaient en désaccord avec l'Absym sur ce point côté francophone, contre 21,9% côté néerlandophone.
La prime aux seuls conventionnés passe
L'Inami a proposé 100 millions aux prestataires de soins en compensation de l'augmentation des prix (de l'énergie). Les médecins toucheront une prime d'environ un millier d'euros en 2023. Seuls les médecins conventionnés sont éligibles à cette prime. Et cela ne choque pas les médecins sondés outre mesure, malgré les contestations syndicales. Il reste tout de même trois médecins sur dix qui estiment que la mesure est discriminatoire et mauvaise. Un peu plus côté francophone (37%) que côté néerlandophone (30%). Et seulement 15% estiment que c'est une bonne raison de rester conventionné.
L'accessibilité aux soins primaires était également au menu du sondage. Dans l'ensemble, les médecins sont plutôt d'accord avec l'affirmation selon laquelle bon nombre de médecins généralistes se plaignent d'être "inondés" de patients en raison du faible montant du ticket modérateur. Ils ne sont que 18% à penser le contraire.
Volet hospitalier
Côté hospitalier, les médecins sondés se sont d'abord exprimés sur le nombre d'interventions possibles en hôpital chirurgical de jour qui a doublé en début d'année. Une bonne voire une très bonne mesure pour la moitié des spécialistes sondés. Les généralistes sont un peu moins enthousiastes (40%).
Seulement un médecin sur trois estime que raccourcir la durée de séjour réduit la pression sur l'hôpital. Côté francophone, ils sont seulement 25% à raisonner de la sorte. Les spécialistes suivent la même tendance (33%), au contraire des médecins généralistes qui sont 51% à estimer que les durées moyennes de séjour plus courtes réduisent la pression sur l'hôpital.
Si davantage de patients quittent l'hôpital plus rapidement, un soutien supplémentaire est nécessaire pour les médecins généralistes et les soins primaires. Deux tiers des médecins sont entièrement pour (l'infographie ci-contre ne tient pas compte des réponses "blanches"). L'écrasante majorité des généralistes - 9 sur 10 - sont évidemment preneurs. Ils sont soutenus par 80% de leurs confrères spécialistes.
Statut et rémunération
Spécialistes et généralistes s'accordent sur le statut social qui convient le mieux à l'exercice de la profession de médecin: celui de professionnel indépendant. 80% des médecins estiment effectivement qu'il s'agit là de la meilleure manière de pratiquer.
Enfin, concernant le mode de rémunération, 30% des médecins privilégient le paiement à l'acte, 28% un système mixte 75% à l'acte et 25% au forfait. Ils ne sont que 2% à préférer le forfait pur, et 14% un système mixte 75% au forfait et 25% à l'acte. Le paiement à l'acte a donc toujours la cote chez les médecins. Il y a toutefois de légères différences entre généralistes et spécialistes. Les premiers sont plus enclins (45%) à privilégier un système mixte 75% à l'acte et 25% au forfait, tandis que les seconds préfèrent un paiement à l'acte uniquement (42%).

La vieille garde moins sévère
L'enquête a rassemblé une part presque égale de participants entre 41 et 60 ans (30,8%) et plus de 61 ans (34,9%). Un peu moins de jeunes médecins (moins de 40 ans) ont participé à l'enquête.
Ces chiffres permettent de réaliser quelques constats. D'abord une impressionnante homogénéité dans les réponses. Les médecins, quelle que soit leur génération, sont sur la même longueur d'onde ou presque.
Ensuite, il reste quelques sujets qui les distinguent. Par exemple, l'interdiction des suppléments d'honoraires: alors que les jeunes médecins (55%) et les 41-60 (61%) estiment très majoritairement qu'il s'agit d'une mauvaise mesure, les 61+ ne sont que 43% à partager cette opinion.
Concernant le raccourcissement des séjours hospitaliers qui réduit la pression sur l'hôpital, c'est la même tendance: un médecin sur trois chez les 24-40 et les 41-60 est d'accord avec cette affirmation. Ils sont plus de 50% chez les 61+.
Enfin, la vieille garde est également moins sévère avec le ministre Vandenbroucke. Les jeunes médecins et les 41-60 lui accordent un 3,5 sur 10, tandis que les 61+ lui accordent un point supplémentaire (4,5 sur 10). Ils sont par contre tous d'accord pour attribuer une note de 3,2 sur 10 à la politique menée par la Vivaldi.

