La création d'un Master en médecine à l'UMons "plus que nécessaire", selon la FEF

L'Organisation Représentative des Étudiants, les représentants des étudiants en médecine de Mons et la Fédération des Étudiants Francophones (FEF) ont déploré, jeudi, l'opposition de la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Glatigny à la création d'un Master en médecine à L'UMons.
"La création d'un Master en médecine est plus que nécessaire dans le Hainaut", affirme la FEF. "Actuellement, la majorité des Masters en médecine se trouvent à Bruxelles, là où les loyers étudiants font déjà partie des plus chers du pays, et où le coût de la vie plonge toujours plus les étudiants dans la précarité. La proximité des études est essentielle dans le Hainaut, une province qui souffre d'un niveau socioéconomique plus faible, et où le taux d'inscription dans l'enseignement supérieur est le plus bas de la Fédération Wallonie-Bruxelles."
"Cette décision de la ministre est d'autant plus incompréhensible au regard de la pénurie de médecins qui touche la Belgique, et qui n'épargne pas la province du Hainaut", ajoute l'organisation.
"Madame Glatigny (photographiée en 2020 lors d'une visite à l'UMons, ndlr) évoque un prétendu sous-localisme et un surcoût théorique. Les coûts astronomiques causés par des soins de santé défaillants sont pourtant eux bien réels", poursuit-elle, rappelant que "l'Université de Mons dispose déjà d'une faculté de médecine, et l'hôpital Erasme ferait office de partenaire dans le cadre d'une codiplômation avec l'ULB. Le refus d'un tel projet qui semble pourtant évident ne repose pas sur des éléments concrets, mais sur des considérations politiques qui vont à l'encontre du bien-être de la population."
Et de conclure : la ministre "doit agir dès maintenant en rendant les études de médecine accessibles à toutes et tous. Face aux pénuries et aux enjeux majeurs de santé publique auxquels nous sommes confrontés, les futurs médecins doivent être accueillis et encouragés par enseignement de proximité. Il est encore temps pour la ministre de revenir sur sa décision."
Le Collège provincial du Hainaut estime légitime un master en médecine à l'Umons
Le Collège provincial a réagi, jeudi, à la décision de la ministre Valérie Glatigny dans le dossier de demande d'octroi d'un master en médecine à l'UMons. Pour le Collège du Hainaut, "l'avis défavorable exprimé par la ministre vis-à-vis de la demande d'habilitation déposée en codiplomation avec l'ULB va à l'encontre d'arguments forts et pertinents avancés par les deux institutions universitaires, et d'ailleurs entendus par les instances de l'ARES."
Pour le Collège provincial, il est légitime de proposer un tel master dans la plus grande province de Wallonie, "une Province marquée par de graves inégalités de santé, comme le relèvent depuis plusieurs années les statistiques de l'Observatoire de la Santé du Hainaut."
Les instances du Hainaut ont rappelé, par ailleurs, que la province souffre "d'un manque évident de diplômés dans tous les domaines, malgré les efforts déjà consentis par les Hautes Ecoles et les Universités". "Ce différentiel négatif de jeunes Hainuyers inscrits dans les filières supérieures constitue un frein évident au redéploiement de la Province et c'est particulièrement le cas dans les professions médicales", ont indiqué les instances du Hainaut, qui appellent le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et son Parlement à ne pas suivre la position de la ministre.