Christie Morreale prend le pouls du Valdor à Liège

Dans le cadre de l'annonce des 345 établissements bénéficiaires du soutien financier (35 millions d'euros) du dispositif européen React-EU, la ministre régionale de la Santé Christie Morreale a visité le Valdor, un des établissements de l'Intercommunale de soins spécialisés de Liège (Isosl).
Favoriser "la réparation des dommages suite à la crise engendrée par la pandémie de covid-19 et préparer une reprise écologique, numérique et résiliente de l'économie", notamment par l'acquisition d'équipement et de matériel pour les services de santé, tels sont les objectifs du dispositif "React-EU", adopté par l'Europe fin 2020 avec un budget total de près de 48 milliards d'euros pour l'ensemble de ses États membres.
En Wallonie et à Bruxelles, suite à l'appel à projets lancé par l'Aviq l'an dernier, 32 hôpitaux et 313 maisons de repos [1] vont se partager un montant total d'un peu plus de 35 millions d'euros. Un soutien financier qui va leur permettre, par exemple, d'installer davantage de matériel de désinfection, de ventilation ou d'oxygénothérapie, ou d'aménager les infrastructures pour prévoir des espaces de détente pour le personnel, faciliter les analyses PCR en labos, mieux organiser les unités d'infectiologie ou encore gérer les flux d'entrées et de sorties, comme ce sera le cas à l'hôpital du Pèrî de l'Intercommunale de soins spécialisés de Liège (Isosl). Christie Morreale, la ministre wallonne de la Santé, est à cette occasion venue prendre le pouls au Valdor, l'hôpital d'Isosl dédié à la gériatrie, à la revalidation neurologique et locomotrice, aux soins palliatifs et aux consultations spécialisées en ambulatoire. Elle s'y est entretenue avec la direction et plusieurs médecins, s'invitant même à une réunion du personnel infirmier pour prendre la température sur le terrain.
[1] Brabant wallon: 2 hôpitaux et 39 MR ; Liège: 10 hôpitaux et 81 MR ; Hainaut: 8 hôpitaux et 123 MR ; Namur: 6 hôpitaux et 48 MR ; Luxembourg: 4 hôpitaux et 22 MR ; Bruxelles-Capitale: 2 hôpitaux.
" Le continuum de soins fait l'objet de toute mon attention "
Le journal du Médecin : En quoi consiste cette manne européenne, concrètement ?
Christie Morreale : Ce sont 35 millions d'euros dédicacés pour des centaines de projets, soit en hôpital soit en maison de repos, pour travailler sur les éventuelles prises en charge en cas de crise sanitaire. On s'est rendus compte, pendant le covid, à quel point des aménagements étaient nécessaires, et pas du tout prévus, et qui pourraient à nouveau être mis en place en fonction de situations que l'on pourrait à nouveau connaître. Pour éviter de se retrouver dans cette situation extrême sans pouvoir faire face rapidement, on a lancé un appel à projets. Un certain nombre d'hôpitaux et de maisons de repos ont été éligibles, comme ici au Valdor, à hauteur de 165.000 euros, pour des aménagements nécessaires en cas de crise sanitaire.
Par exemple ?
Pendant la crise, j'ai eu l'occasion de visiter des hôpitaux où, malgré les plans d'intervention d'urgence et la réflexion sur différents scénarios, des bâches en plastique avaient dû être tendues comme système de cloisonnement en raison des contaminations par aérosol. C'est important d'avoir des aménagements qui, même si on ne sait pas tout prévoir, permettent d'éviter d'avoir recours à des systèmes D comme ça a parfois été le cas.
Pendant votre visite, vous avez échangé avec des médecins et des infirmières, qu'en retenez-vous à chaud ?
L'important, pour moi, c'est l'organisation de la première ligne. On travaille beaucoup avec Proxisanté, on va mettre en place des décrets et modifications réglementaires pour pouvoir l'organiser. L'effet démographique et le vieillissement vont faire que de plus en plus de personnes âgées vont côtoyer, à un moment donné, des institutions de ce type, puis vouloir rentrer chez elles : quels aménagements met-on en place ? Quelles connexions avec les services d'aide familiale, les centres de jour, les services ambulatoires ? Avec les médecins généralistes pour le transfert des informations ? Pour l'organisation des soins palliatifs, comme ici au Valdor, mais aussi en maison de repos ou à domicile ? Le continuum de soins fait l'objet de toute mon attention pour le moment car nous avons encore des leviers réglementaires à implémenter et nous désirons être le plus juste et le plus efficace au moment de légiférer.