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"Le rapport de l'OMS et du KCE concerne l'année 2020", nuance Frank Vandenbroucke

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Le ministre fédéral de la Santé publique réagit suite à la sortie du rapport conjoint de l'OMS et du KCE sur la protection financière et l'accès aux soins de santé. Cette étude montre à quel point nos soins de santé étaient encore inégaux en 2020 et 2021.

1 mars 2023

" La réduction des écarts en matière de santé, les meilleurs soins de santé possibles pour tous, c'est un combat de tous les jours ", se défend le vice-Premier (Vooruit). "Le rapport de l'OMS et du KCE concerne l'année 2020. Les conclusions pour les années 2020 et 2021 sont également influencées par la crise du Covid, qui a entraîné, entre autres, des reports de soins. Durant cette période, le gouvernement a aussi été attentif à l'accessibilité des mesures spécifiques (gratuité de la vaccination, gratuité du dépistage dans toute une série de circonstances, remboursement de l'autotest pour les bénéficiaires de l'intervention majorée, accessibilité des téléconsultations...). Et depuis 2020, de nombreuses mesures ont été prises pour renforcer l'accessibilité des soins et supprimer les obstacles financiers."

Des dépenses de santé 'catastrophiques'

D'après le rapport, en Belgique, quelque 260 000 ménages (soit 5,2 % des ménages belges) ont dû faire face à des dépenses de santé dites 'catastrophiques' en 2020. L'expression 'dépenses de santé catastrophiques' désigne des dépenses de santé tellement élevées qu'un ménage ne peut plus se permettre de répondre à ses besoins fondamentaux, comme la nourriture, le logement et le chauffage. L'incidence des dépenses de santé catastrophiques en Belgique est parmi les plus élevées d'Europe occidentale. Elles concernent 8 % des ménages dont le chef de ménage est au chômage et 12 % des ménages qui font partie des 20 % les plus pauvres.

" Plusieurs des facteurs qui compromettent l'accessibilité financière des soins de santé (avec un impact disproportionné sur les ménages les plus pauvres) reflètent la complexité de l'architecture de l'assurance maladie belge", souligne le rapport. Par exemple, des contributions personnelles (tickets modérateurs et suppléments) qui s'appliquent à tous les services de soins de santé et sont complexes par rapport à d'autres pays; bien que plusieurs mécanismes de protection contre les tickets modérateurs aient été mis en place, ces mécanismes ne sont pas appliqués automatiquement, ce qui leur fait perdre une partie de leur efficacité; la plupart des soins ambulatoires sont soumis à un remboursement rétrospectif, ce qui est très inhabituel parmi les systèmes de santé de l'Union européenne. Ou encore, la couverture par l'assurance maladie des soins dentaires, des dispositifs médicaux et des médicaments non soumis à prescription médicale est limitée.

Frank Vandenbroucke: "Dès l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, en novembre 2020, nous nous sommes retroussé les manches, mais il y a encore du pain sur la planche".

" Il existe de grandes inégalités en matière de santé entre le groupe social le plus vulnérable et le reste de la population", explique le cabinet Vandenbroucke. Les écarts en matière de santé au sein de la population se creusent progressivement à mesure que l'on s'éloigne du groupe social le plus favorisé. En d'autres termes, il existe également un écart en matière de santé et de recours aux soins de santé entre les personnes du groupe intermédiaire et celles du groupe le plus riche. Les politiques ne doivent donc pas se baser sur une simple division entre " les plus vulnérables " et les autres.

MàF plus proche de l'" universalisme progressif "

Parmi les mesures prises pour renforcer l'accessibilité des soins et supprimer les obstacles financiers, le cabinet cite l'amélioration du régime du maximum à facturer (MàF) par l'introduction d'un plafond supplémentaire de 250 euros. "Fin 2022, nous avons encore pu modifier la législation sur le maximum à facturer sur un point crucial : grâce à cette modification, les plafonds du maximum à facturer n'ont pas été indexés cette année, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas été augmentés, ce qui signifie que les malades chroniques qui sont protégés par le maximum à facturer ne seront pas confrontés à des coûts de santé supplémentaires en 2023. Ces coûts supplémentaires pourraient s'élever jusqu'à plus de 200 euros. Pour que ces deux améliorations du maximum à facturer soient possibles (le plafond supplémentaire pour le groupe le plus vulnérable et le gel de tous les plafonds), nous avons débloqué plus de 63 millions d'euros sur une base structurelle."

"Nous avons également travaillé sur d'autres points problématiques mentionnés dans le rapport de l'OMS et du KCE. Par exemple, nous avons permis à tous les prestataires de soins d'appliquer le principe du tiers payant pour toutes les prestations qu'ils fournissent, afin que les patients n'aient pas à avancer eux-mêmes la totalité de la facture ; et nous avons énormément investi dans les soins bucco-dentaires en 2022. Cette année, nous avons engagé un mouvement de rattrapage budgétaire pour la kinésithérapie. Ce rattrapage est important pour mieux rémunérer les kinésithérapeutes qui respectent les tarifs officiels. D'une manière plus générale, il est essentiel dans notre action d'encourager le conventionnement et de freiner les suppléments."

C.V.

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