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CAB/RPV LA: la fesse ou la cuisse ?

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Rassurez-vous, la CROI n'a pas été le théâtre d'un remake made in USA du célèbre film de De Funès mais bien celui de la présentation d'une très sérieuse étude clinique évaluant la cuisse comme site alternatif potentiel pour l'administration du traitement antirétroviral injectable CAB/RPV LA chez des patients éprouvant fatigue, lassitude ou intolérance pour les injections traditionnelles dans la fesse ou pour qui ce site constitue une contre-indication (p. ex. présence d'implants fessiers).

Jean-Luc Schouveller - 3 mars 2023

Cette analyse a été rendue possible grâce à la participation, sur base volontaire, de 118 participants de l'étude ATLAS-2M qui, tous, avaient déjà reçu des injections dans la fesse durant au moins trois ans dans le cadre de l'étude ATLAS-2M avant de participer à la présente sous-analyse.

Durant le phase d'injection dans la cuisse, le schéma d'administration est demeuré identique au protocole initial, soit une injection CAB/RPV LA tous les mois, soit une injection tous les deux mois.

Les injections ont été administrées dans un cadre professionnel par un praticien expérimenté, cabotégravir dans la cuisse gauche et rilpivirine dans la cuisse droite.

Dernier point important, l'analyse s'est déroulée sur une période de 16 semaines, les 64 participants du groupe injection mensuelle ont reçu 4 injections dans la cuisse et les 54 autres participants n'en ont reçu que 2 puisqu'ils étaient randomisés au sein du groupe d'injection tous les 2 mois.

La cuisse, un site d'injection acceptable mais pour de courtes durées

Après 16 semaines de suivi, la pharmacocinétique du cabotégravir et de la rilpivirine était similaire que les injections soient administrées dans la fesse ou dans la cuisse.

La sécurité d'emploi et la tolérance des injections de CAB/RPV LA dans la cuisse étaient satisfaisantes. La plupart des effets indésirables observés étaient jugés d'intensité faible à modérée.

Un seul cas de potentielle mauvaise administration (injection intraveineuse partielle) a été observée chez un participant qui, 2 heures après injection, a présenté une concentration en cabotégravir très élevée.

Les taux de suppression virologique sont demeurés élevés durant les 16 semaines de suivi et on n'a constaté ni échec virologique, ni pic virologique a 50 copies ou plus.

Enfin, environ 30% des participants ont déclaré préférer les injections dans la cuisse car la cuisse est un site d'injection facilement accessible.

En conclusion, ces résultats montrent que la cuisse peut constituer, sans risque majeur, un site d'injection alternatif et pour une courte période dans le cadre d'un schéma d'administration fessier en cas d'intolérance ou de fatigue ou lassitude du patient. D'autres évaluations cliniques sont cependant nécessaires pour évaluer le potentiel d'une administration dans la cuisse dès initiation du traitement injectable et/ou en continu.

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