Les troubles hypertensifs de la grossesse prédisposent au déclin cognitif

Les troubles hypertensifs associés à la grossesse s'accompagnent d'un risque accru de déclin cognitif plus tard dans la vie, comme en témoigne une analyse de données longitudinale. Cela concerne aussi bien l'hypertension gestationnelle ou chronique que la (pré-)éclampsie.
Les auteurs, dont les observations ont été publiées dans Neurology, ont suivi quelque 2.200 femmes au sein de la Mayo Clinic of Aging entre 2004 et 2019. La plupart de ces femmes (83%) avaient connu au moins une grossesse, tout en restant normotendues pour la plupart ou avec hypertension pour certaines. Les 17% restants concernaient une sous-population de nullipares.
Les participantes, dont l'âge médian s'élevait à 73 ans en début d'étude, ont été suivies pendant une durée médiane de cinq ans, à l'aide d'une batterie de neuf tests cognitifs couvrant quatre domaines: mémoire, attention et fonctions exécutives, langage, compétences visuo-spatiales. Les tests ont eu lieu tous les quinze mois.
Mécanisme vasculaire spécifique
Alors qu'initialement, les prestations cognitives des femmes ayant eu au moins une grossesse étaient équivalentes dans les groupes normotendu et hypertendu, les femmes ayant présenté une hypertension pendant la grossesse ont manifesté dans le courant de l'étude un déclin cognitif plus marqué que les femmes normotendues. Cet écart s'est maintenu après correction pour un certain nombre de facteurs potentiellement confondants, dont le statut APOE, le tabagisme, l'hypertension survenue en dehors des grossesses, la dyslipidémie, l'IMC, le diabète et les antécédents d'AVC ou de maladie cardiovasculaire. Les auteurs en déduisent que les troubles hypertensifs de la grossesse constituent bien un facteur de risque indépendant de déclin cognitif à un âge ultérieur. Le fait que la différence entre les deux groupes n'a pas été modifiée après correction pour des facteurs cardiovasculaires 'classiques' conforte l'hypothèse d'un mécanisme (micro-)vasculaire spécifique. À noter que la différence avec le groupe normotendu était plus accentuée dans le sous-groupe de femmes ayant été atteintes de (pré-)éclampsie.
Constat interpellant, les nullipares prestaient en début d'étude des performances cognitives inférieures à celles des femmes ayant eu au moins une grossesse, après correction pour le niveau d'éducation et l'âge. La différence était le plus marquée dans le groupe ayant été scolarisé pendant douze ans ou moins. Ces dernières données n'ont pas été commentées par les auteurs.
MedPage Today - Hypertensive Disorders of Pregnancy Linked With Late-Life Cognition