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Règles empiriques pour le traitement de l'obésité

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Dans une prochaine édition, le Pr Bart Van der Schueren [1] discutera de l'algorithme BASO pour l'accompagnement des patients obèses. À l'occasion d'une enquête que lui et son équipe de recherche souhaitent diffuser le plus rapidement possible, nous entamons déjà le propos en mettant l'accent sur quelques règles empiriques utiles pour les médecins dans le traitement de l'obésité.

8 mars 2023

"Au cours des dix dernières années, nous avons clairement fait comprendre aux médecins et aux patients que la lutte contre l'obésité ne doit pas se concentrer exclusivement sur le poids corporel", rappelle le Pr Van der Schueren. "C'était justifié parce que la constitution corporelle d'une personne est différente de celle d'une autre, et que le poids n'est qu'un symptôme de la maladie que constitue l'obésité.Récemment, nous constatons à nouveau une focalisation accrue sur le poids parce que l'indication de l'utilisation de médicaments contre l'obésité a été formulée sur la base de l'IMC."

Il est nécessaire de renforcer les capacités de la première ligne afin qu'un nombre croissant de patients obèses puissent y être accueillis.

Il est vrai que les patients atteints d'obésité sévère - et donc avec un IMC très élevé - présentent un risque accru de décès prématuré et doivent donc être traités énergiquement. Cela dit, il est quand même important d'examiner, par le biais d'une évaluation médicale approfondie, toute une série de facteurs qui, à côté du poids, sont déterminants pour l'obésité. Il s'agit aussi bien des répercussions physiques du poids corporel (hypertension, dyspnée, maux de dos, limitation de la mobilité, incapacité de travail) que des répercussions psychologiques et métaboliques, reflétées par les analyses de sang. "L'algorithme BASO (Belgian Association for the Study of Obesity) sert notamment à cela", poursuit Bart Van der Schueren. "Il donne un aperçu très large de toutes les données que l'on doit inclure dans l'évaluation."

À l'aide de ces données, on peut calculer le score EOSS [2] et décider si le patient doit être traité par la première ou la deuxième ligne. Il peut aussi ressortir des données que le patient est obèse sans symptômes ni facteurs de risque (score EOSS 0). "Ce patient doit néanmoins recevoir des conseils sur le mode de vie, surtout s'il s'agit d'une personne jeune", nuance le Pr Van der Schueren. "Si quelqu'un a déjà un problème d'obésité à 20 ou 30 ans, il y a de fortes chances que cela ne fasse qu'empirer dans les décennies suivantes. C'est pourquoi le traitement vise au moins à stabiliser le poids."

Conseil sur le mode de vie: central

Les conseils sur le mode de vie sont une donnée essentielle. Bart Van der Schueren commente: "Les médicaments et la chirurgie bariatrique sont efficaces, mais il faut les considérer comme une aide pour les patients qui ont du mal à passer à des habitudes alimentaires adaptées. Pour l'adaptation des habitudes alimentaires, le patient doit recevoir des conseils spécialisés. Sinon, il court le risque de reprendre du poids après l'arrêt des médicaments ou quelque temps après la chirurgie bariatrique. L'un des facteurs de risque est que les personnes suivent un régime amaigrissant avec trop peu de protéines. Par conséquent, elles dégradent leurs muscles avec leur régime amaigrissant. Et dès qu'elles arrêtent le régime, elles reprennent du poids parce que la masse musculaire a diminué et les muscles brûlent beaucoup d'énergie. En outre, s'il s'avère que le patient ne peut pas maintenir son poids cible uniquement avec des habitudes alimentaires saines, alors, en tant que médecin, vous devez effectivement prescrire une médication à vie. C'est pourquoi, chez les jeunes, je préconise d'aller aussi loin que possible uniquement en travaillant sur le mode de vie."

Et d'ajouter: "Inversement, il faut aussi être capable de présenter correctement l'application des médicaments ou de la chirurgie bariatrique. Certains patients considèrent la chirurgie bariatrique comme un échec - ils n'ont pas réussi à perdre suffisamment de poids sans chirurgie. Il faut leur faire comprendre que le recours à la chirurgie bariatrique ne signifie pas qu'ils ont échoué. Cela signifie que l'obésité chez eux est un problème si tenace qu'ils sont éligibles à la chirurgie bariatrique."

Enfin, le Pr Van der Schueren souligne la nécessité de renforcer les capacités de la première ligne afin qu'un nombre croissant de patients obèses puissent y être accueillis, la décision finale étant de les y traiter ou de les référer à la deuxième ligne.

[1] Service d'endocrinologie clinique et expérimentale du département des maladies chroniques et du métabolisme de la KU Leuven et du département d'endocrinologie de l'UZ Leuven

[2] Sera aussi traité dans une prochaine édition.

Règles empiriques pour le traitement de l'obésité

Obésité: enquête auprès des généralistes et des endocrinologues

Au cours des dernières décennies, il est devenu évident que le surpoids et l'obésité sont plus qu'une simple augmentation de la masse graisseuse causée par des habitudes alimentaires malsaines et un manque d'exercice. Cependant, l'obésité est encore (trop) souvent considérée dans la société comme la conséquence d'un manque de volonté plutôt que comme une affection complexe et multifactorielle. Cela fait souvent obstacle à une conversation constructive entre les patients et les prestataires de soins.

En effet, les personnes souffrant d'obésité ont souvent été victimes de discrimination et de stigmatisation pendant si longtemps qu'il leur est très difficile de parler de leur maladie, et encore plus de l'accepter. Ainsi, lorsque, en tant que prestataire de soins, vous commencez à parler de ce problème avec les meilleures intentions du monde, vous marchez sur des oeufs.

Pourtant, il existe un consensus général chez les soignants pour dire que l'obésité est une maladie chronique dont l'impact sociétal est énorme. Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut faire quelque chose. Cependant, cela est difficile étant donné qu'actuellement, la prise en charge des personnes en surpoids et obèses n'est pas bien structurée et que les personnes qui cherchent de l'aide ne s'y retrouvent donc pas - des facteurs qui entravent l'accès à un traitement efficace.

Spirale négative

En raison de toutes ces pierres d'achoppement, les patients se retrouvent dans une spirale négative où plus aucune aide n'est proposée et où ils se résignent avec leur maladie, pour ainsi dire. Pour le prestataire de soins, cela revient à dire que le patient n'est pas motivé. Cela ne fait que creuser le fossé.

L'acceptation de l'obésité comme problème de santé majeur et complexe par les professionnels de la santé, la population en général et les décideurs politiques, est le seul moyen de renverser la vapeur et d'appliquer avec succès les interventions médicales. Cela devrait également conduire à des programmes de soins structurés pour ces pathologies et à un remboursement correct des traitements.

Répondez au questionnaire

Le Pr Van der Schueren et ses collègues désirent mieux comprendre les principales pierres d'achoppement qui font obstacle à une bonne prise en charge de l'obésité en Belgique. À cette fin, ils ont élaboré un questionnaire qui prend la hauteur de la perception, de l'approche et des obstacles au sujet de l'obésité chez les prestataires de santé concernés (à savoir le pharmacien, le médecin généraliste et l'endocrinologue) en Belgique. Ces dispensateurs de soins sont souvent les premiers à entrer en contact avec des personnes qui souffrent d'obésité et ont un impact important sur le déroulement du traitement. L'objectif est de cartographier le parcours du patient, d'avoir une idée des différentes évaluations de santé effectuées lors des consultations, et de comprendre quels facteurs déterminent le choix d'un traitement spécifique.

La participation d'un maximum de médecins généralistes et d'endocrinologues est essentielle pour obtenir des résultats fiables à cette enquête. En outre, un grand nombre de participants démontre également que les prestataires de soins perçoivent l'importance des programmes de prise en charge de l'obésité. Cela constitue une meilleure base pour demander également un financement adéquat. Les chercheurs remercient d'avance les collègues qui participeront à cette enquête.

https://kuleuven.eu.qualtrics.com/jfe/form/SV_816cLYE5A1vdVXw

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