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Des solutions bancales

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La situation particulière de la province de Luxembourg - un territoire étendu, rural et faiblement peuplé - en fait un candidat idéal pour la désertification médicale. Les problèmes rencontrés sont nombreux et connus depuis des années. Et les solutions se font attendre.

15 mars 2023

Pour comprendre la problématique de la pénurie en Belgique, il faut comprendre comment se fait la répartition géographique des prestataires de soins. Cette dernière est régie par des facteurs émanant de différents niveaux de pouvoir. Les quotas à proprement parler sont du ressort du Fédéral par la loi du 10 mai 2015 relative aux professions de santé. Le quota par communauté est fixé par arrêté royal. Les sous-quotas sont quant à eux la compétence de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette dernière a mis en place la Commission de planification des sous-quotas des métiers de santé, l'an dernier. La Région wallonne y a une voix consultative. "Les travaux de cette commission à l'avenir vont pouvoir aider à mieux comprendre les phénomènes liés aux différentes pénuries de prestataires de soins en Wallonie, et sans doute mettre en avant les solutions les plus adéquates pour y remédier", espère Christie Morreale, ministre wallonne de la Santé.

Traitement local

Attendre que de nouveaux médecins soient formés dans des profils spécifiques prendra des années. En attendant, la Région doit pouvoir offrir des solutions pour garantir l'accessibilité et la continuité des soins.

Concernant les médecins spécialistes, la Région wallonne n'a pas de solutions miracles. "On ne peut ni organiser ni imposer l'installation des médecins", regrette Christie Morreale. "Ce serait facile d'imposer aux médecins de s'installer dans telle ou telle région. Je l'ai proposé plusieurs fois, je ne suis pas suivie. La seule instance qui peut imposer l'installation est l'instance fédérale. Je répète que je l'ai suggéré, mais je n'ai pas été suivie. Il n'y a pas de majorité qui se dessine pour éventuellement imposer des numéros Inami liés à l'installation, pour s'assurer d'une zone géographique." Cela se fait dans d'autres pays, comme l'Espagne. La ministre reconnaît toutefois que ce serait peut-être une solution de facilité.

Concernant la pénurie en médecine générale, la Wallonie peut par contre compter sur davantage de mécanismes d'aide, parmi lesquels Impulseo. Avec Proxisanté, d'autres leviers devraient voir le jour. Un groupe de travail "Pénurie" et une note d'orientation devrait passer au Gouvernement wallon prochainement. "Nous avons reçu l'avis de l'inspecteur des finances, le dossier suit son cours", confirme la ministre. Enfin, Christie Morreale croit ferme en les associations de soins intégrés (ASI), ou plus simplement les maisons médicales. "Nous avons, sous cette législature, augmenté de plus de 20% le nombre d'ASI qui existent sur le territoire de la Wallonie."

De manière plus locale, d'autres solutions sont essayées par la province, via Santé Ardenne, les communes et Vivalia. Des structures de pratique de groupe, des maisons médicales pluridisciplinaires ou simplement des mises en commun de médecins généralistes ont été mises sur pied, au même titre que des "cabinets tremplin" afin d'accueillir de jeunes médecins. Des solutions qui ont rencontré des fortunes diverses.

Pas suffisant

"Il est vrai que des choses ont été mises en place pour pousser des médecins à s'installer dans des régions plus difficiles, c'est-à-dire plus rurales. On peut constater que la situation, telle qu'elle a été décrite, montre que ces mesures ne sont pas si efficaces que cela, en tout cas jusqu'à présent", réagit la députée Anne-Catherine Goffinet (Les Engagés).

De son côté, le PTB estime qu'il faut former les médecins dans les zones en pénurie dès leurs études. "Plusieurs recherches démontrent en effet une forte corrélation entre le lieu de formation des futurs médecins généralistes et le lieu où ils s'installent ensuite pour leur pratique", avance la députée Alice Bernard (PTB). "Namur accueille déjàaujourd'hui 55% des étudiants de la province deLuxembourg en bachelier. Y créer un master despécialisation en médecine générale aiderait donc demanière très concrète à combattre la pénurie."

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