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Assurance habitation: de nombreuses nuances!

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La plupart des Belges paient leur prime chaque année sans trop se poser de questions, a fortiori sans réexaminer les conditions de leur contrat. Pour une personne devenant locataire pour la première fois, il s'agit au contraire de bien comprendre ce que signifie une assurance habitation et d'en examiner les termes et les tarifs. Le tour du sujet en quelques questions.

19 avril 2023

Ce qui est fort surprenant, avec l'assurance habitation du locataire, c'est qu'elle n'est pas obligatoire en Région bruxelloise. Il est vrai que l'obligation est fort récente dans les autres Régions, à savoir le 1er septembre 2018 en Flandre et le 1er janvier 2019 en Wallonie. Étonnant dans la mesure où on peut qualifier cette assurance d'indispensable: en cas d'incendie par sa faute, un locataire risque d'avoir du mal à indemniser le propriétaire pour les dégâts occasionnés. Or, si l'incendie s'est déclaré dans son logement, il est fort logiquement présumé responsable. C'est à lui d'apporter la preuve du contraire. On comprend dès lors que cette assurance n'est pas seulement chaudement recommandée, mais que le propriétaire du bien peut l'imposer dans le bail.

Il faut absolument savoir que l'assurance contenu est limitée aux dégâts et ne couvre absolument pas le vol.

Assurance habitation ou RC locative?

Souvent appelée "assurance habitation", parfois même "assurance incendie", cette couverture indispensable du locataire est en réalité la "RC locative", le sigle RC renvoyant à la notion de responsabilité civile. La différence? La RC locative concerne le bâtiment et elle couvre la responsabilité du locataire à l'égard du propriétaire. Quelques griffes dans le mur, ce n'est pas grave, mais en cas d'incendie ou de gros dégâts des eaux causés par le locataire... Une nuance à relever au passage: le locataire est tenu de rendre le bien dans son état d'origine et telle est la portée de son assurance. L'assurance du propriétaire, elle, couvre la valeur à neuf du bien et non son état du moment. Elle est dès lors généralement un tiers plus cher environ.

La RC locative couvre donc l'immeuble, mais également une cuisine équipée d'origine, par exemple. Par contre, les biens appartenant au locataire en sont exclus. S'il désire se couvrir contre les dégâts pouvant les frapper, il doit souscrire une "assurance contenu". C'est la paire ainsi formée qui est généralement appelée assurance habitation. Assureurs et courtiers proposent généralement les deux couvertures dans un même contrat, mais il n'est pas indifférent de connaître la nuance... Souscrites par un locataire, ces assurances couvrent sa responsabilité propre. En d'autres termes, si c'est l'immeuble qui est en cause, c'est clairement l'assurance du propriétaire qui va jouer. En cas de dégâts aux meubles du locataire causés par une fuite au toit, par exemple.

Et qu'en est-il du vol?

Il faut absolument savoir que l'assurance contenu est limitée aux dégâts et ne couvre absolument pas le vol. Ce dernier fera l'objet d'un contrat distinct, ou du moins d'une couverture spécifique. Laquelle fera fameusement grimper la facture, car même si les meubles et objets contenus dans le logement ne valent pas des fortunes, c'est de loin le risque le plus élevé, soulignent les assureurs.

Pas des fortunes? C'est une question importante. La couverture n'est en effet pas illimitée. Certaines compagnies prévoient deux catégories, ou plusieurs tranches pour la valeur du contenu. D'autres calculent plus classiquement la prime en fonction de la valeur globale de ce contenu. Par ailleurs, la couverture "standard" implique parfois des limites particulières. Soit par exemple un maximum de 2.000 ou 3.000 euros par objet, ou encore 4.200 euros pour les bijoux chez Ethias. Autre exemple: 25.000 euros pour les dommages et 12.500 euros pour le vol chez Corona.

Une astuce peu connue, renseigne un courtier: tandis que, en l'absence du locataire, le vol n'est couvert que s'il y a eu effraction, il l'est même sans effraction en la présence de l'occupant des lieux. Un détail important: le contrat peut prévoir que le vol n'est plus couvert en cas d'absence du locataire pour une longue durée et sans qu'il ait prévenu son assureur. À noter que la plupart des assureurs étendent la couverture vol au-delà du logement principal, visant un logement de vacance, mais également le kot de l'enfant étudiant, ou encore le vol en rue notamment.

Une raison à ces tarifs tellement différents?

La personne effectuant une petite comparaison entre les tarifs des divers assureurs, démarche indispensable de la part d'un consommateur averti n'est-ce pas, ne peut manquer de s'interroger avec perplexité: qu'est-ce qui explique de tels écarts? Une couverture identique dans son montant peut voir son prix varier du simple au quadruple! Ou alors, pour une même prime de l'ordre de 100 euros par an, on sera couvert jusqu'à 25.000 euros ici et plus de 50.000 là! Il n'y a pas vraiment d'explication à de telles différences, observe Diane Hendrickx, spécialiste en services financiers chez Test-Achats. Raison de plus pour examiner les conditions de près, puisque le diable se cache dans les détails... Et pour vérifier qu'un tarif de l'assurance vol très avantageux ne camoufle pas un prix un brin excessif pour une autre couverture.

La franchise, soit le montant non remboursé par l'assureur, se situe aujourd'hui aux environs de 309 euros dans de nombreuses compagnies. C'est sur un autre plan qu'on observe des différences: plusieurs assureurs la suppriment quand le dégât dépasse ce montant. C'est ce qu'on appelle la "franchise anglaise", parfois abusivement présentée comme "franchise 0%".

Et quand on n'est plus seul?

Faut-il revoir son contrat quand on a trouvé l'âme soeur et qu'on l'invite à cohabiter? La plupart des contrats assurent aussi "les personnes vivant sous le même toit", rappelle-t-on chez AG Insurance. Soit tant le cohabitant que les enfants, précise Axa. Il sera toutefois prudent de vérifier que l'occupant supplémentaire des lieux n'apporte pas des objets de grande valeur non couverts par le contrat ou, plus simplement, que ses biens ne font pas sauter le plafond inscrit dans ce contrat. Et que penser de la couverture spéciale "cohabitant" proposée par plusieurs assureurs? "Elle présente un côté pratique pour un groupe, mais je n'en vois guère l'intérêt au niveau de l'assurance elle-même", conclut un courtier.

Assurance habitation: de nombreuses nuances!

Drôle de cocos, ces AT1!

Le rachat du Crédit Suisse par son confrère UBS, pour (presque) une bouchée de pain, a mis en lumière un aspect méconnu du financement des banques. Et le danger tout aussi méconnu que peuvent présenter des obligations! Tous les commentateurs financiers ont souligné qu'une répétition de la crise bancaire de 2008 était quasiment impossible, notamment parce que les banques étaient aujourd'hui plus solides: elles ont beaucoup plus de fonds propres. Il faut toutefois ajouter: ou assimilés. Petit rappel: comment une entreprise se finance-t-elle? Par fonds propres, soit avec l'argent investi par les fondateurs et les suiveurs, qui est représenté par les actions. Mais également par de l'argent emprunté, soit du crédit bancaire ou des obligations vendues à des investisseurs.

En ce qui concerne ces dernières, la situation des banques est assez particulière, car il en existe de diverses sortes et cela peut réserver des (mauvaises) surprises. Outre les emprunts subordonnés, remboursés seulement après les autres dettes, les banques peuvent ainsi émettre des obligations qualifiées d'AT1 (rien à voir avec un récepteur de l'angiotensine! ), un sigle signifiant Additionnal Tier One. Elles offrent un rendement intéressant, supérieur à celui d'obligations classiques, ce qui les rend populaires dans les fonds amateurs d'obligations à "haut rendement", ou high yield (HY). Ce n'est toutefois pas sans raison, on s'en doute: ces obligations peuvent s'avérer fort risquées. Si elle a besoin de renforcer ses fonds propres, une banque peut en effet décider de les convertir en actions. C'est pourquoi elles sont aussi appelées CoCo, pour Contingent Convertible. Or, si la banque est en situation de besoin, ce sera forcément à un cours fort peu avantageux. Elle peut également réduire leur valeur, voire même l'annuler complètement!

C'est ce qui s'est passé avec Crédit Suisse. En organisant la reprise de la banque par UBS, les autorités ont décidé l'amortissement complet des AT1. Et 16 milliards de francs suisses à la poubelle! Ces obligations se sont donc révélées plus risquées que des actions. La Finma, l'autorité de contrôle du marché financier suisse, a rappelé que "les instruments AT1 émis par Crédit Suisse prévoient contractuellement d'être entièrement amortis en cas de survenance de certains évènements déclencheurs, notamment en cas d'octroi d'une aide publique exceptionnelle". Il ne fait pas de doute que certains l'avaient perdu de vue. Il faut toujours lire les petites lignes... et s'en souvenir.

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