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Mésusage de Prégabaline: étude qualitative auprès de consommateurs

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Les médecins de première ligne et les institutions de soin aux personnes précaires sont confrontés au mésusage de la Prégabaline (Lyrica®) de façon croissante depuis plusieurs années. Ce travail a pour objectif d'améliorer la prise en charge des usagers en permettant une meilleure compréhension de la problématique.

3 mai 2023

Le mésusage de Prégabaline (Lyrica®) fait l'objet de façon croissante depuis plusieurs années de signalements et d'alertes à l'échelle internationale. Les effets recherchés sont multiples et cette pratique s'inscrit dans des contextes de poly-consommations, notamment d'opioïdes, dont le Lyrica® semble majorer le risque de décès par overdose. Face à ce phénomène émergeant, nous avons voulu identifier le profil des consommateurs sur le territoire belge et mieux comprendre leur mésusage.

Méthodologie

Étude qualitative par entretiens semi-dirigés menée auprès de 20 usagers de Lyrica®. Recrutement multicentrique en Belgique francophone auprès de structures et intervenants prenant en charge ces consommateurs. Retranscription, codage et analyse de données selon une méthode d'analyse narrative avec le logiciel Nvivo.

Résultats

Un profil d'usagers jeunes et migrants de première génération a émergé. Ils avaient en commun un parcours migratoire difficile, parfois traumatique, et des conditions de vie précaires sur le territoire belge. La plupart étaient sans domicile fixe ni source de revenus légale. La Prégabaline semblait leur permettre de fonctionner au quotidien dans ce contexte. Ils présentaient également tous des comorbidités psychiatriques et/ou somatiques pour lesquelles ils ne semblaient pas bénéficier du suivi médical adéquat. Leur consommation de Lyrica® semblait relever de l'auto-médication de problématiques d'anxio-dépression et de douleurs chroniques.

Conclusion

Cette étude a mis en évidence un profil d'usagers et un type de mésusage encore peu décrits dans la littérature. Il semble nécessaire, sur base de ces résultats, de mettre en place des mesures pour améliorer l'accès aux soins de ces patients. Cela concerne leurs problématiques d'assuétudes mais également de santé mentale, physique et sociale.

Titre complet: Mésusage de Prégabaline: exploration d'un phénomène émergeant, étude qualitative auprès de consommateurs

Auteur: Dr Louise Servais (ULB)

Promotrice: Dr Lou Richelle

Master de spécialisation en médecine générale

Année académique 2021-2022

Empathie et honnêteté

Pourquoi avez-vous choisi la médecine générale?

C'est grâce à un stage réalisé en maison médicale, qui lui a " permis de voir toute la richesse de cette spécialisation", que le Dr Louise Servais a opté pour la médecine générale. La jeune femme exerce actuellement au Collectif santé 1040, à Etterbeek, "dans une volonté de travailler en maison médicale et en autogestion", nous explique-t-elle. La jeune généraliste avait effectué son assistanat à Antenne Tournesol, une maison médicale de Jette qui emploie également des kinés et des infirmiers, et propose des consultations sociales, psychologiques et d'ostéopathie.

Quelle est donc la facette qu'elle apprécie le plus dans sa pratique? "J'aime solutionner des problèmes complexes 'avec les moyens du bord' et à plusieurs." Par contre, "ce qui est le plus dur pour moi est de constater les effets désastreux de problèmes systémiques sur la santé physique, mentale et sociale des patients, et d'être impuissante face à ceux-ci." À la question de savoir si son exercice correspond à ce qu'elle en imaginait lorsqu'elle a entamé ses études, la jeune femme s'exclame: "Pas du tout, j'ai commencé médecine avec l'idée de faire de la recherche en neurologie ou de la psychiatrie!"

Les qualités les plus précieuses pour un généraliste sont, selon elle, l'empathie et l'honnêteté. Quant à savoir s'il est des aspects de la profession qui demanderaient à être améliorés, sa réponse fuse: "La surcharge administrative et le manque de communication avec la deuxième ligne."

La jeune Bruxelloise a-t-elle des projets en lien avec sa formation et sa carrière médicale? "J'ai des projets de recherche et je participe à la création d'un projet de sensibilisation et de formation aux constats de violence policière. Sur le plus long terme, j'aimerais travailler dans le réseau bas-seuil/assuétudes et peut-être monter une maison médicale."

Enfin, côté personnel, Louise a-t-elle un violon d'Ingres? Une activité particulière pour relâcher la pression quand le besoin s'en fait sentir? "La lecture, j'ai d'ailleurs appris l'expression 'violon d'Ingres' grâce à John Kennedy Toole et ai été un peu perturbée par la question. Sinon, je cours pour décompresser."

Comment envisage-t-elle le futur de la médecine générale ?

"En groupe et pluridisciplinaire."

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