PremiumGestion médicale

Comment mettre un peu d'IA dans son portefeuille ?

photo

Depuis le lancement de ChatGPT en novembre dernier, l'intelligence artificielle est de toutes les conversations. Et même si elle suscite des craintes, on en attend un développement fulgurant dans les années à venir. Plusieurs fonds permettent à l'investisseur particulier de participer à cette grande épopée. Mais faut-il en choisir un spécifiquement dédié ou pas ?

Guy Legrand - 25 mai 2023

Le lancement de ChatGPT, un agent conversationnel (chatbot) très sophistiqué, par la société OpenAI (largement financée par Microsoft) reste aujourd'hui encore un des évènements les plus médiatisés. Et ceci à divers niveaux, de la réaction des entreprises concurrentes aux inquiétudes fondamentales que suscite une intelligence artificielle pouvant échapper au contrôle de l'être humain. Y compris de la part d'un des fondateurs d'OpenAI (ayant quitté la scène depuis), à savoir Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX : il demandait à fin mars une pause dans les développements, en compagnie de 1.300 patrons et universitaires. Il est vrai que Sam Altman, le patron d'OpenAI, a de son côté évoqué l'époque où les programmes "seront plus intelligents que les humains en général" ! Faut-il par ailleurs rappeler les monstrueuses pertes d'emplois rapidement évoquées dans divers métiers ?

Meilleur que les hackers

Sans aller jusqu'à envisager la prise de pouvoir par la machine au détriment de l'homme, certains ont lancé des mises en garde à d'autres niveaux, plus prosaïques. Le site spécialisé Numerama a ainsi expérimenté la rédaction d'une fausse annonce venant d'Amazon et en conclut que " ChatGPT est meilleur que des hackers pour rédiger des arnaques ". Il évoque également l'opinion d'un confrère, suivant lequel GPT-4, la version lancée en mars, est encore pire que ChatGPT en matière de désinformation : ce troisième logiciel ne refuse pas de créer des fake news, ni ne met en garde contre elles. À noter que ChatGPT refuse par contre de rédiger des messages d'hameçonnage (phishing), a également observé Numerama.

Par-delà ces réticences et avertissements qu'on ne saurait ignorer, nul ne doute que l'intelligence artificielle, abrégée par IA en français et AI (Artificial Intelligence) en anglais, soit promise à un avenir radieux. Les gestionnaires d'actifs n'ont évidemment pas raté le coche et ils n'ont d'ailleurs pas attendu novembre dernier : parmi les fonds spécifiquement axés sur l'IA, le plus ancien date déjà de 2016. Quels sont-ils et qu'ont-ils dans le ventre ? Et cette spécialisation en vaut-elle la peine par rapport à un fonds technologique plus classique ? Réponse par l'analyse de quatre fonds.

Fameusement chahutés !

A tout seigneur, tout honneur : créé en 2016 déjà, le fonds Global Artificial Intelligence de l'assureur allemand Allianz est le vétéran et le géant du secteur IA : il pèse aujourd'hui pas loin de 6 milliards. Après une performance exceptionnelle en 2020 (+84,7 %, contre +36 % pour le secteur technologique en général), il est rentré dans le rang en 2021 (+18,5 % contre +22,5 %) et a bu la tasse l'an dernier, davantage que les valeurs technos dans leur ensemble : -41,6 %, contre -32 %. Profil assez semblable pour le fonds AI du gestionnaire français Echiquier : +78,9 % en 2020, puis +7,6 % en 2021, ce qui est plus faible, et une super-catastrophe l'an dernier, avec -54,2 % ! Troisième exemple : le fonds Invest AI du gestionnaire allemand DWS, naguère filiale de Deutsche Bank. Il fut beaucoup moins chahuté, tout en accentuant légèrement la performance du marché technologique. C'est une première leçon et non des moindres : les fonds se réclamant spécifiquement de l'intelligence artificielle sont particulièrement secoués, tout en ayant au total franchement sous-performé ces dernières années.

C'est d'autant plus vexant que leurs principales participations sont assez semblables à celles des fonds technologiques plus larges. Prenons pour référence le BNP Paribas Disruptive Technology, un fonds important (3,3 milliards) et aux performances plutôt enviables : 12,2 % par an sur les 3 dernières années et pas moins de 17,4 % sur 10 ans. Ici comme là, on retrouve des actions telles que Microsoft, Alphabet (Google), ou encore Taiwan Semiconductor... Une spécificité cependant : les trois fonds AI évoqués plus haut placent le titre Nvidia en ordre très utile dans leur portefeuille; il est même numéro 1 chez Allianz. Assez logique quand on sait que ce concepteur américain de puces et processeurs graphiques est devenu incontournable dans l'IA grâce à ses cartes graphiques. Ceci lui vaut d'ailleurs une appréciation boursière de plus de 60 % sur les 12 derniers mois ! Pas suffisante pour que ces fonds fassent des étincelles...

Microsoft, tout simplement...

Le fonds de BNPP ratisse assez large avec des participations dans Visa et Booking, importants utilisateurs de l'IA, ainsi que dans AMD et ASML, fabricants respectivement de puces et de matériel pour les produire. Les fonds dédiés à l'IA essaient de viser quelques entreprises moins emblématiques, avec par exemple ON Semiconductor et Enphase Energy (technologies énergétiques) pour Allianz, ou encore Arista Networks (matériel de réseau informatique) et Synopsys (logiciels axés sur les circuits intégrés) pour DWS Invest. C'est le fonds de l'Echiquier qui se démarque le plus à cet égard, ces actions (beaucoup) moins connues pesant plus lourd dans son portefeuille et sortant davantage de l'ordinaire : ServiceNow (connections à l'intérieur de l'entreprise), Crowdstrike (cybersécurité en lien avec le cloud), ou encore MercadoLibre, entreprise argentine de vente sur Internet ! Une participation inattendue et un excellent choix, puisque le cours a doublé en un an.

Ce surcroît d'imagination des fonds spécifiquement axés sur l'intelligence artificielle ne leur a, comme on l'a vu, pas permis de mieux performer qu'un fonds plus global, bien au contraire. En sera-t-il différemment à l'avenir ? Il est vrai que la tâche est ardue car ce sont aujourd'hui "tout simplement" les géants de la techno qui semblent les plus prometteurs. Ainsi les analystes de JP Morgan ont-ils récemment désigné Microsoft (" parrain " d'OpenAI, rappelons-le) comme étant " le premier bénéficiaire de l'IA pour sa capacité à mettre des produits d'IA sur le marché et en raison de son vaste portefeuille de produits pouvant bénéficier d'une intégration de l'IA ".

Comment mettre un peu d'IA dans son portefeuille ?
© Getty Images via AFP

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Désimplifier les régimes à comprimé unique, une option efficace et économique, mais uniquement sur base volontaire

Même si le passage volontaire d'un régime à prise unique vers la prise de plusieurs comprimés chaque jour s'est avéré acceptable pour les personnes vivant avec le VIH aux Pays-Bas, un passage forcé, exigé par certains organismes assureurs pour économiser de l'argent, s'est, par contre, avéré inacceptable, et a même conduit à une augmentation paradoxale des coûts après un an d'application.

Bénéfique, tant pour le patient que pour le prestataire de soins

"La divulgation ouverte s'inscrit parfaitement dans le cadre de la qualité des soins", déclare le Pr Kris Vanhaecht, du Leuvens Instituut voor Gezondheidszorgbeleid (LIGB). En tant que professeur de qualité et de sécurité des patients, il est bien placé pour présenter ce concept encore récent.

L'obligation d'informer existe déjà, mais elle pourrait être plus claire

Le Pr Steven Lierman enseigne le droit médical à la KULeuven et dirige également le département juridique du Leuvens Instituut voor Gezondheidszorgbeleid (LIGB). Nous lui avons demandé d'expliquer la base juridique de la divulgation ouverte dans les soins (hospitaliers).

Donnez-vous de l'espace, au patient et à vous-même

La divulgation ouverte est nécessaire, mais elle est également difficile. Ce type de communication a reçu trop peu d'attention dans la formation des médecins. Walter Rombouts est spécialisé en communication dans les situations difficiles, et formateur en communication.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine