Les facteurs influençant le risque de diabète mis à jour

Selon une analyse de données issues de la vaste étude de cohorte internationale RESPOND, si les inhibiteurs de l'intégrase augmentent le risque de diabète, quelque soit le gain pondéral, ils sont loin d'être les seuls facteurs influençant le développement d'un diabète chez les personnes vivant avec le VIH.
L'étude RESPOND regroupe les données collectées auprès de 20.865 personnes séropositives traitées par antirétroviraux et suivies durant une période de 4,8 années en moyenne au sein de 19 cohortes réparties en Europe et en Australie. Au cours de cette période de suivi, 4 % des participants ont présenté un diabète défini par une glycémie supérieure à 200 mg/dl, un taux d'HbA1c supérieure à 6,5 % ou la prise d'un traitement antidiabétique. Le taux d'incidence global était donc de 7,8 cas pour 1000 personnes-année de suivi.
Quatre facteurs étaient associés à un risque accru de développer un diabète:
- Les patients d'origine africaine présentaient un risque de 78 % plus élevé de développer un diabète que les personnes de race caucasienne tandis que les personnes d'autres ethnies avaient, pour leur part, un risque accru de 81 %.
- Les personnes dont le nombre de cellules CD4 était inférieur à 200 étaient 2,24 fois plus susceptibles de développer un diabète que les personnes ayant un nombre de CD4 supérieur à 350.
- Les personnes souffrant d'hypertension artérielle avaient un risque 43 % plus élevé de développer un diabète.
- Le traitement par un inhibiteur de l'intégrase augmente le risque de diabète de 48 % par rapport aux autres classes de médicaments antirétroviraux. Le risque de diabète n'a pas été affecté par TDF ou TAF combiné ou non avec un inhibiteur de l'intégrase. L'augmentation du risque de développement d'un diabète sous inhibiteur de l'intégrase est apparu indépendant de la masse corporelle. L'analyse de sensibilité a également montré que les inhibiteurs de l'intégrase n'augmentaient le risque de diabète qu'après au moins un an de traitement. De plus, alors que le dolutégravir et le raltégravir étaient associés à un risque accru de diabète, les autres inhibiteurs de l'intégrase ne l'étaient pas (28 % des participants ont pris de l'elvitégravir, du bictégravir ou du cabotégravir pendant la période de suivi). Même si, effectivement, les inhibiteurs de l'intégrase augmentent le risque de diabète, le nombre absolu de cas supplémentaires demeure cependant faible. Ainsi, on estime que 3 personnes ont développé un diabète à la suite de la prise d'un inhibiteur de l'intégrase/ 1000 personnes-année au sein de cette cohorte. Une analyse de Kaplan-Meier a montré qu'après 5 ans de suivi, un peu moins de 6 % de ceux qui avaient pris un inhibiteur de l'intégrase développaient un diabète, contre un peu moins de 4 % de ceux qui prenaient un inhibiteur de protéase et moins de 3 % des personnes prenant un INNTI.
Notons enfin qu'un facteur était associé à un risque plus faible de diabète : le sexe féminin. En effet, les femmes présentaient un risque de développer un diabète inférieur de 31 % par rapport aux hommes.
Réf: Rupasinghe D. et al. Abstract OAB0402, IAS 2023, Brisbane.