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Exacerbation des bronchectasies, trois phénotypes distincts

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Les exacerbations de bronchectasie peuvent différer en termes de manifestations cliniques (signes et symptômes) lors de la présentation, de mécanismes biologiques sous-jacents et de pronostic.

Dr Jean-Claude Lemaire - 14 septembre 2023

Pour explorer les phénotypes possibles, une analyse groupée basée sur les symptômes comparés les uns aux autres et regroupés de façon hiérarchique a été réalisée parmi les patients atteints de bronchectasie enrôlés dans le registre observationnel prospectif EMBARC (European Multicentre Bronchiectasis Audit and Research Collaboration), qui selon leur médecin faisaient une exacerbation et participaient à la sous-étude concernant les exacerbations de ce registre.

Les caractéristiques et les résultats des patients ont été comparés entre les groupes. Parmi 321 patients (62,6 % de femmes, âge médian 64 ans) provenant de 15 pays, 3 groupes distincts ont été identifiés et les caractéristiques et les résultats des patients ont été comparés entre les groupes.

Le groupe 1 le plus important en nombre comprenait des patients présentant principalement de la toux et une augmentation du volume et de la purulence des crachats, d'où la dénomination de "cracheurs verts". Les patients du groupe 2 présentaient essentiellement de la dyspnée et une respiration sifflante, d'où la dénomination de "siffleurs". Enfin, dans le groupe 3, étaient rassemblés les patients peu symptomatiques, se plaignant surtout de toux sèche et de fatigue/malaise.

Le tableau reprend pour chaque groupe les principales caractéristiques des patients à l'état stable.

Groupe 1Cracheurs vertsn=218 (67,9%)Groupe 2Siffleursn=39 (12,2%)Groupe 3Peu symptomatiquesn=64 (19,9%)p
Femmes 62,4%61,5%64,1%ns
Âge médian62,5 ans65,0 ans66,5 ansns
BSI médian999ns
Asthme 25,2%51,3%39,1%0,002
Eosinophilie 6,7%26,7%13%0,05

Ce travail indique qu'éosinophilie et asthme comorbide sont plus fréquents dans le groupe 2, ce qui explique sans doute qu'un plus grand nombre de patients de ce groupe a reçu des corticoïdes lors du traitement de leur exacerbation et tend à faire penser que la biologie sous-jacente est différente. Hypothèse encore confortée par le surcroît significatif de mortalité à 30 jours constaté dans ce groupe, 9,7 % vs groupe 1 (1,0 %) et groupe 3 (0,0 %), p=0,029.

Pour l'heure et en attendant de mieux cerner les mécanismes en cause (endotypes), le message clinique est que les patients atteints de bronchectasies ayant le phénotype "siffleurs" méritent d'être surveillés de très près en cas d'exacerbation.

D'après Mattia Nigro et al. ERS

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