Apps: amélioration des demandes de financement

À partir du 1er octobre 2023, une meilleure procédure de demande de financement des applications médicales mobiles entrera en vigueur. "Cette nouvelle procédure aura un impact sur les entreprises qui cherchent à se faire rembourser, ainsi que sur les patients et les prestataires de soins de santé qui ont le droit d'utiliser une application", précise Bemedtech.
La nouvelle procédure constitue une avancée pour le secteur mais les délais restent longs: "Une entreprise cherchant un financement préliminaire dans notre pays pour une application prometteuse doit attendre 12 à 15 mois avant d'y voir clair. À titre de comparaison, en France et en Allemagne, ce temps d'attente est d'au plus trois (! ) mois. Par conséquent, plusieurs applications prometteuses ne parviendront que bien plus tard aux patients et aux prestataires de soins de santé en Belgique."
Le secteur se réjouit néanmoins qu'un groupe d'experts permanent sera chargé d'évaluer les demandes de financement. Parmi eux des économistes de la santé, ce qui, selon Bemedtech, est une véritable avancée.
Outre les entreprises du secteur, d'autres acteurs pourront introduire une demande, tels les associations scientifiques, les organisations professionnelles et les hôpitaux. Un calendrier sera proposé pour l'état d'avancement des dossiers. Des financements temporaires seront possibles pour des applications innovantes prometteuses.
Le secteur est satisfait bien qu'il s'agisse seulement d'un petit pas en avant.
Bemedtech rappelle quelques pierres d'achoppement:
-Le système de financement reste trop lent par rapport à l'avancée rapide des technologies médicales numériques.
-La vision du financement des applications de digital medtech reste trop étriquée, même dans le cadre de la nouvelle procédure de demande.
Conclusion: "Le financement durable des technologies numériques médicales nécessite donc d'autres instruments, par exemple des programmes de soins ou un système de paiement groupé basé sur le résultat. L'essentiel est de ne pas se concentrer uniquement sur un acte médical ou une technologie, mais d'envisager l'ensemble de la prise en charge et le résultat."
Les nouvelles technologies pour sauver le système de soins belge
Se basant sur l'évolution délétère du système de soins britannique, Bart Collet, ancien directeur de maison de repos et conseiller en nouvelle technologie pour Bemedtech, avertit: "La démographie de l'Europe constitue un défi supplémentaire. Notre population vieillissante augmente la demande de soins (les personnes âgées ont en moyenne besoin de plus de soins) et réduit les capacités du système (de nombreux prestataires de soins prennent leur retraite et ne sont pas remplacés). Ce n'est pas pour rien que l'Organisation mondiale de la santé a placé la "crise du personnel de santé en Europe" en tête de ses priorités."
En Grande-Bretagne, en raison de la pénurie de soignants, sept millions de Britanniques sont sur liste d'attente pour les traitements de routine dans les hôpitaux du NHS (National Health Service). "Nous n'en sommes certes pas encore là en Belgique, mais la situation pourrait changer si nous ne faisons rien. Si vous pensez qu'il est question de catastrophisme, il vous suffit de vous entretenir avec les responsables du personnel du secteur hospitalier, des soins aux personnes âgées ou des soins à domicile..."
Bart Collet ne croit pas qu'on puisse pécuniairement attirer de nouveaux soignants dans le système car le personnel fait simplement défaut. "Nous devons miser sur la technologie et l'innovation bien plus que nous ne le faisons actuellement. L'intelligence artificielle, par exemple, peut soutenir les prestataires de soins pendant 40% (! ) de leur temps de travail. L'IA peut ainsi aider à optimiser la paperasse et d'autres tâches routinières. Résultat? Les prestataires de soins peuvent se concentrer davantage sur les soins aux patients et bénéficient de cette bouffée d'oxygène si importante pour faire preuve d'empathie."
En parallèle, le spin doctor propose d'investir dans le perfectionnement des prestataires de soins en termes de technologies (numériques) médicales, "afin qu'ils soient armés pour contribuer à la transformation des soins de santé". "Les soins de santé ont, en d'autres termes, besoin d'un terreau propice à l'innovation. Et il y a encore du pain sur la planche!"
Trois types de technologies numériques médicales
La technologie médicale numérique, ou "Digital MedTech" en abrégé, "désigne les applications logicielles déployées à des fins médicales. Ces solutions permettent de collecter, de suivre et de partager des informations sur la santé. Elles sont utilisées par exemple, pour faciliter les diagnostics, le suivi et les thérapies." Il y a trois types d'applications logicielles:
Mobile health (m-health): applications que le patient peut utiliser comme outil médical, par exemple pour surveiller certains paramètres ou pour partager des données de santé avec l'équipe soignante à partir de son propre environnement. Les outils de télésurveillance font également partie de la m-health.
Clinical Decision Support systems(CDS) : applications que les prestataires de soins de santé peuvent utiliser comme outils médicaux, par exemple pour établir un diagnostic ou choisir un traitement particulier. Une application bien connue est l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans l'interprétation de l'imagerie médicale.
Digital Therapeutics (DTx): applications sous forme de dispositifs médicaux qui administrent, contrôlent ou soutiennent directement une thérapie. "L'administration de glucose en "closed loop" chez les patients diabétiques en est un exemple. La pompe à insuline d'un patient est connectée à un capteur qui mesure en permanence les valeurs de glucose dans le sang. En fonction de ces valeurs, le logiciel DTx détermine la quantité d'insuline que la pompe doit administrer."