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Dans les poubelles des hôpitaux wallons

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Parmi les déchets hospitaliers incinérés, 85% sont de type B1, c'est-à-dire issus des soins aux patients et non infectieux, contrairement aux B2.

2 novembre 2023

Une caractérisation des déchets a pu être réalisée en fouillant les poubelles d'un hôpital dans le cadre de Circular Wallonia (économie circulaire en Wallonie). "Cet hôpital était déjà assez avancé dans le tri, deux autres ont servi de comparaison", précise Charline Martin, de Greenwin. Six unités, les plus génératrices de déchets plastiques (bloc op', USI, pneumologie, endoscopie, hôpital de jour et cardio interventionnelle), ont été sélectionnées pour tenter de comprendre les consignes et les contraintes de tri des soignants.

Sur 118 kilos analysés, le plastique représentait 65%. Rien que pour le bloc opératoire, la production de déchets hors B2 par an peut être évaluée à 45,3 tonnes. Les soins intensifs arrivent en deuxième position, suivis de la salle de cathétérismes de cardio. Les plus gros volumes s'avèrent aussi les plus complexes, et donc difficiles à trier. Mais la fouille a permis d'isoler des déchets prioritaires, comme les champs stériles, les blouses et gants, les masques aérosols, tubulures, poches et bacs de préparation et pas mal de films PE. "La filière PMC est sous-exploitée, les nouvelles normes FostPlus non appliquées", constate Mme Martin. "Il manque de place dans les salles d'op' pour mettre plusieurs poubelles et, par ailleurs, certaines accréditations exigent de jeter en B2 ce qui ne le devrait pas selon les normes belges..."

En route vers le futur

En février prochain sera lancée la campagne "Healthcare challenge", un appel aux start-up qui ont des solutions circulaires pour renverser le paradigme du 'tout à l'usage unique'. Objectif: créer des laboratoires vivants entre ces start-up et nos hôpitaux pour commercialiser des produits à empreinte positive qui font actuellement défaut dans le secteur des soins de santé.

"L'économie linéaire, c'est game over", tance Mieke Pierters, fondatrice de The Circular Hub, organisme qui aide à faire la transition vers un modèle circulaire. Transformer les "acheteurs" en "utilisateurs", générer des revenus et créer de la croissance sans recourir aux matériaux rares, développer des produits qui ne deviendront jamais des déchets mais seront conçus pour un usage à l'infini... sont autant d'ambitions au coeur de ce projet porté par "Belgium Builds Back Circular", dont Roularta/le JDM sont partenaires, de même que plusieurs hôpitaux du pays.

Les déchets médicaux échappent au recyclage

Ne plus penser "déchets" mais "matériaux", tel est l'esprit de l'économie circulaire et ses stratégies "R" (réduire, réutiliser, recycler, réparer, etc.), explique Astrid De Man, de l'OVAM (organisme de gestion des déchets en Flandre, NdlR). Les déchets médicaux sont encore incinérés et échappent donc au recyclage. En 2021, les incinérateurs spécialisés (Anvers et Tournai) ont brûlé plus de 15.000 tonnes de déchets médicaux "à risque" (RMA, conteneurs jaunes) et les incinérateurs domestiques, autant de déchets dits "non à risque" (sacs bleus).

Or, pas mal de ces déchets pourraient être valorisés, sans mettre en péril la sécurité. Une politique qui va au-delà des seuls hôpitaux: les médecins en cabinet privé, les pharmacies, les laboratoires doivent aussi mettre leur pierre à l'édifice de la circularité. Des projets pilotes sont en cours, tels que le recyclage des chiffons bleus de stérilisation (Enadvies), des PVC à usage unique (Vinylplus Med) ou encore des cathéters pour en récupérer le métal (Repomed). Recure étudie la réintroduction des tabliers réutilisables et Bebat identifie les batteries recyclables dans les soins de santé.

À l'UZ Gand, des affiches destinées au personnel expliquant le tri médical en sac bleu (différent du tri domestique) portent leurs fruits: "Désormais, quatre sacs différents sont présents au bloc et un sac bleu et un jaune sont complètement remplis au cours d'une seule intervention, alors qu'auparavant tout partait dans les déchets à risque", se réjouit Astrid De Man. La chargée de mission identifie toutefois encore pas mal de difficultés, dues "à la répartition des compétences en Belgique, à la traçabilité des matériaux venus d'Asie ou encore aux différences entre normes européennes et internationales qui se contredisent."

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