Étude SEPTAVIH : évolution du statut de " fragilité " chez les personnes séropositives de 70 ans et plus

Menée en France, où l'on estime que 20 % des personnes vivant avec le VIH seront âgées de 70 ans et plus à l'aube de 2030, l'étude ANRS SEPTAVIH montre une aggravation du statut de fragilité (frailty en anglais) chez 18 % des patients séropositifs âgés de 70 ans et plus et ce, sur un laps de temps court de seulement un an. Parmi les principaux facteurs de risque associés à cette évolution rapide, on retiendra le nombre de comorbidités, ainsi qu'un nombre peu élevé de cellules CD4.
Durant un an, les investigateurs de cette étude ont suivi 508 personnes vivant avec le VIH, âgées de 73,5 ans en moyenne, afin d'observer l'évolution de leur statut de fragilité. Sur cette courte période de temps, on a constaté que 18 % des patients ont vu leur niveau de fragilité augmenter, alors que 14 % d'entre eux ont vu leurs capacités fonctionnelles s'améliorer.
Deux principaux facteurs de risque d'aggravation de la fragilité ont été mis en évidence lors de l'étude. Le premier concerne un nombre bas en cellules CD4 (< 350), signal d'un vieillissement prématuré du système immunitaire du patient séropositif. Sur ce point, les résultats obtenus sont en concordance avec ceux observés, en 2009, au sein de la cohorte MACS montrant qu'un nombre peu élevé de cellules CD4 était prédictif du développement d'un état de fragilité chez des patients âgés de 39 ans.
Le second facteur de risque d'aggravation est la présence d'un diabète de type 2, lequel augmente le risque de voir le patient passer du stade de préfragilité à celui de fragilité établie. Dysfonctionnement métabolique et inflammation chronique liés au diabète de type 2 favorisent la détérioration des fonctions musculaires et nerveuses, qui constituent les caractéristiques principales de l'état de fragilité.
Par contre, les investigateurs n'ont pas mis en évidence de relation entre aggravation de la fragilité et, d'une part, la période où le virus du VIH a été diagnostiqué (avant ou après 1996) et, d'autre part, des antécédents SIDA. Ces résultats pourraient s'expliquer par la notion de "survie sélective" : les personnes vivant avec le VIH diagnostiquées avant 1996 ou celles ayant présenté un SIDA et qui ont survécu jusqu'à atteindre l'âge de 70 ans étaient vraisemblablement plus robustes que les patients séropositifs décédés avant d'avoir atteint 70 ans.
Dernière information, il semble que les hommes ont moins tendance à améliorer leur niveau de fragilité (passer d'un état de fragilité à celui de préfragilité) que les femmes.
Réf: Achour J. et al. eP.B2.137, EACS 2023, Varsovie.