Brillant avenir pour les robots dopés à l'IA!

L'intelligence artificielle va-t-elle tuer une foule d'emplois? Elle devrait en tout cas accroître les capacités des robots, un secteur dont l'attrait se renforce. Et en améliorant la rentabilité des entreprises faisant appel à l'automatisation, la robotisation dopée à l'IA offre des perspectives bien plus larges aux investisseurs.
Les robots sont, sous diverses formes, omniprésents dans l'industrie, où ils accomplissent notamment des tâches horriblement répétitives ou carrément malsaines, comme la peinture automobile. Le manque de main-d'oeuvre renforçait déjà leur attrait et voilà que leur efficacité devrait progresser spectaculairement grâce à l'intelligence artificielle. Ce n'est pas par hasard que plusieurs gestionnaires de fonds investis dans l'automatisation se sont récemment penchés sur la question. Avec enthousiasme!
De l'automobile à la chirurgie
"Les progrès notables de l'IA, conjugués aux tensions persistantes observées sur les marchés de l'emploi, accélèrent le recours à l'automatisation, un nombre toujours croissant d'entreprises mobilisant les technologies robotiques au profit de l'efficacité, de la sécurité et de la précision." C'est en ces termes qu'Axa Investment Managers résume la situation. Les statistiques de la Fédération internationale de la robotique (IFR) révèlent que plus de 550.000 robots industriels ont été installés l'an dernier dans le monde, un nombre en hausse de 5% sur 2021. La progression est attendue à 7% par an à partir de cette année. Ce n'est pas une explosion, ce qui est normal pour une activité déjà bien lancée, mais c'est une progression très supérieure à celle de l'économie.
La robotique réalise des percées rapides dans des domaines très divers, dont la chirurgie.
Parmi les catalyseurs de cette croissance figure l'élargissement des domaines d'utilisation des robots. Si le secteur automobile en reste le premier détenteur, avec pas moins d'un tiers du total installé dans le monde, le commerce en ligne y fait de plus en plus massivement appel pour la gestion des stocks et la préparation des commandes, souligne le cabinet de conseil McKinsey. On sait par ailleurs que la robotique réalise des percées rapides dans des domaines très divers, dont la chirurgie. McKinsey souligne que l'IA et l'automation pourraient sensiblement accroître la productivité (plutôt en panne ces dernières années), ce qui change quelque peu les perspectives économiques.
La robotique médicale en tête
Quoi qu'il en soit, le secteur de la robotique, ce ne sont plus seulement les fabricants japonais Denso, Fanuc et Yaskawa, ou l'helvético-suédois ABB. Aucune de ces entreprises ne figure du reste dans le top 10 du portefeuille du fonds AXA Robotech. Ces champions des robots industriels le cèdent aujourd'hui à des fabricants de robots plus spécifiques, aux concepteurs de logiciels animant ces robots, mais aussi aux diverses entreprises tirant parti de l'utilisation des robots et autres systèmes d'automatisation.
Quelles entreprises trouve-t-on dans le portefeuille? Premier poste, avec près de 5% du total: Intuitive Surgical qui est, comme son nom le laisse deviner, un fabricant de robots médicaux. Suit de près: l'inévitable fabricant de puces Nvidia, fournisseur obligé de l'intelligence artificielle. Le podium est complété par Cadence Systems, entreprise informatique fournissant tant des logiciels que du matériel. Elle est très engagée dans l'IA et son action a gagné 60% sur un an. La cinquième place est occupée par DexCom. Encore une entreprise relevant du secteur médical, puisqu'elle fabrique des systèmes de surveillance continue de la glycémie pour la gestion du diabète. Cette action-ci est en repli sur un an, après un gros coup de mou en été.
Cette entreprise est précédée par Siemens, le géant allemand du matériel électrique, et suivie par Amazon, très gros utilisateur de robots pour le tri et l'envoi des colis. Relevons encore le japonais Keyence, spécialiste des senseurs et autres systèmes de vision, composants importants des robots. Le fonds Robotech d'AXA affiche un return annuel moyen de 10,6% sur les cinq dernières années, mais sa performance est quasiment nulle sur les trois dernières. Elle dépasse légèrement 3% sur un an.
De plus en plus classique... et performant
Belfius propose également un fonds visant la robotique: l'Equities Robotics & Innovative Technology. Performance annuelle moyenne: 14,3% sur cinq ans et 6,1% sur trois ans ; il a progressé de 14,5% sur un an. On retrouve les actions Siemens et Nvidia dans le top 10 du portefeuille, lequel est toutefois dominé par les très classiques Alphabet et Microsoft. Suivent les plus spécifiques entreprises Lam Research et Palo Alto Networks. La première fabrique des équipements pour la fabrication des semi-conducteurs, La seconde, dont l'action a progressé de plus de moitié en un an, est spécialisée dans la sécurité informatique.
La performance d'un fonds axé sur la technologie serait-elle d'autant plus élevée qu'il se concentrerait sur les grands classiques du secteur au lieu de vouloir se spécialiser? On pourrait le penser plus encore en examinant le fonds Disruptive Technology de BNP Paribas. Il affiche un insolent +17% sur un an et plus de 18% par an, sur cinq comme sur dix ans. Une performance brillante... pour un portefeuille pas très disruptif. Il est en effet dominé par les géants de la tech: Microsoft, Apple et Alphabet occupe le podium, suivi par AMD, un fabricant de puces qui espère marcher sur les traces de Nvidia en matière d'IA. Suivent: le système de paiement Visa et Booking Holdings, groupe axé sur la réservation en ligne. Avec un poids impressionnant de 19% pour le trio de tête, c'est avec bonheur que le fonds est assez classique. Cela peut-il durer? Certains posent la question, comme évoqué ci-contre. Pour le reste, on a compris que l'investisseur ne doit pas se fier au nom d'un fonds pour comprendre sa stratégie, mais aller voir ce qu'il a en portefeuille!
Les Sept Magnifiques: le chant du cygne?
Pour désigner les fleurons technologiques de la bourse américaine, on évoquait naguère les GAFA puis les GAFAM, en ajoutant Microsoft à Google, Apple, Facebook et Amazon. Ces derniers mois, il est sans cesse question des Magnificent Seven, expression souvent traduite en français par les Sept Magnifiques. Si ce septuor l'emporte aujourd'hui, c'est pour tenir compte d'importants changements de décor, dans la forme comme sur le fond. D'abord, deux de ces ténors de la cote ont changé de nom: Facebook est devenu Meta Platforms, puisque le groupe chapeaute Facebook, mais aussi Instagram et WhatsApp. De son côté, Google est devenu Alphabet, du moins en bourse.
Ensuite, deux nouvelles étoiles sont montées au firmament des stars technologiques: le fabricant automobile Tesla et, cette année, Nvidia, le fabricant de ces semi-conducteurs qui sont apparus idéaux pour l'intelligence artificielle. Si ces entreprises sont magnifiques, c'est parce que, parallèlement à leur succès commercial, leur action a explosé en bourse, au point qu'elles sont carrément devenues les entreprises les plus importantes du monde! Voici quelques mois encore, avant que Tesla ne s'affaiblisse cet été, ces "Sept Magnifiques" trustaient en effet les huit premières places, en compagnie de Saudi Aramco (en numéro 3), le numéro 1 mondial du pétrole. L'insolente santé de ce club sélect est responsable de la quasi-totalité de la performance de la bourse américaine cette année: avant la hausse plus globale des dernières semaines, les Sept avaient globalement bondi de plus de moitié, alors que le reste de la cote était en repli de 2%!
Le conte de fées des Magnificent Seven peut-il durer? Tout le monde n'en est pas persuadé. Car si l'envol des cours a tout un temps suivi celui des bénéfices, ce n'est plus vraiment le cas: ces actions sont devenues plus chères qu'il y a quelques années. Les investisseurs anticipent une poursuite de la croissance, alors qu'elle ralentit déjà sérieusement chez Apple et Tesla. Il n'y a peut-être pas péril en la demeure, mais certains gestionnaires commencent à mettre en sûreté une partie des mirobolantes plus-values réalisées ces dernières années.