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La Zoast Ardennes fête ses 15 ans

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La coopération transfrontalière en soins de santé entre le CHU UCL Namur et la région de Givet (France) connaît un franc succès. Près de 9.000 patients français ont été accueillis aux CHU Dinant et Mont-Godinne en 2022. L'année 2023 a vu le développement de consultations en médecine spécialisée pour combler le désert médical français.

14 décembre 2023

Au début des années 2000, la fermeture de la maternité de Revin et de la clinique de Givet met les futures mamans de cette "pointe" des Ardennes françaises en grande difficulté: les voici contraintes de faire plus d'une heure de route pour accoucher à Charleville-Mézières...

Face à l'absence de soins hospitaliers de proximité, Claude Wallendorf, alors maire de Givet, plaide pour autoriser les accouchements à Dinant, qui n'est qu'à 20 km. C'est ainsi que naît une convention entre les autorités de Champagne-Ardennes, le Centre hospitalier de Dinant (CHU UCL Namur), l'assurance-maladie belge et son homologue française. L'initiative jette les bases d'une coopération sanitaire transfrontalière unique dans l'UE (1er juin 2005), qui sera suivie d'un accord "Smur" en 2007, puis donnera naissance, en février 2008, à la première "Zoast" (Zone organisée d'accès aux soins transfrontaliers), dite "Ardennes". Cette coopération interhospitalière fera six émules entre les frontières belge et française.

Près de 500 consultations spécialisées ont été menées à Givet cette année grâce à des médecins du CHU UCL Namur.

Une coopération indispensable

"La Zoast Ardennes est indispensable pour permettre aux populations frontalières de la pointe nord des Ardennes d'avoir accès à des soins de proximité délivrés à Dinant et Mont-Godinne", a souligné Henri Lewalle, coordinateur du dispositif, à l'occasion d'une conférence de presse pour les 15 ans de la Zoast. "Ce dispositif améliore la qualité de vie des populations frontalières concernées, et mutualise l'offre de soins disponible. C'est une avancée considérable en matière sanitaire et sociale dans l'UE qui a fait ses preuves."

La Zoast Ardennes fête ses 15 ans

Concrètement, les patients du département des Ardennes, de l'arrondissement de Dinant-Philippeville et de la commune de Bouillon peuvent se faire soigner dans les établissements de soins de part et d'autre de la frontière, conformément aux termes de la convention et au même titre que s'ils étaient soignés chez eux (pas d'autorisation préalable et remboursement). Cette mutualisation de l'offre médicale, sous l'angle de la complémentarité, évite aux patients de renoncer aux soins et permet par ailleurs l'échange de bonnes pratiques. Quelque 8.799 patients français ont ainsi consulté les CHU Dinant (dont 3.542 aux urgences) et Mont-Godinne (1.064 rien qu'en ophtalmologie! ) en 2022, et Dinant a enregistré 110 naissances de bébés français.

"Aux établissements de soins de départ (Charleville, Sedan, Fumay, Dinant et Godinne) se sont ajoutés Chimay et deux structures de soins de réadaptation à Warcq pour répondre aux besoins des patients en revalidation. Des accords additionnels ont facilité l'accès aux soins de néonatologie à Charleroi et de radiothérapie à Namur", précise le communiqué des différents acteurs du dispositif.

Et des médecins très mobiles

Toujours pour garantir la continuité des soins et face aux défis de démographie médicale, un autre projet (Mosan), dans le cadre des programmes européens "Interreg", a mené à l'inscription de 11 (+ deux à finaliser) médecins spécialistes du CHU UCL Namur à l'ordre des médecins français (08).

Le Pôle médical de la pointe de Givet, situé au pied de la citadelle de Charlemont et à côté du Manège, qui regroupait initialement médecins généralistes, kinés et infirmières, a ainsi pu réaliser 492 consultations de médecine spécialisée cette année, épargnant aux patients le déplacement vers Dinant ou Mont-Godinne. La Dre Kaoutar Ghammad, cardiologue au CHU Namur, a par exemple assuré 329 consultations en chirurgie vasculaire et thoracique, et le Dr Marcelo Di Gregorio, 118 en urologie. La pédiatrie connaît aussi un franc succès, qui devrait encore augmenter avec le lancement d'une consultation (sur rendez-vous) du chef de service du CHU Dinant, le Pr David Tuerlinckx. Certaines spécialités affichent toutefois encore des besoins criants, notamment la stomatologie et l'ophtalmologie.

Enfin, autre signe de la dynamique issue de la Zoast Ardennes, les travaux du Pr Laurence Gabriel (cardiologue) et de son équipe dans l'insuffisance cardiaque (https://coprosepat.eu/), qui mettent en place des outils d'éducation thérapeutique du patient et de son entourage pour mieux se prendre en charge - un projet expérimental unique dans l'UE.

La Zoast Ardennes fête ses 15 ans

Quelle a été pour vous l'actualité la plus marquante en matière de santé publique en 2023?

Dans les points positifs, je tiens à commencer par la fin de la saga politique sur les numéros Inami grâce à l'accord trouvé entre les ministres Vandenbroucke et Glatigny pour (enfin! ) augmenter les quotas en médecine. Cela ne donnera pas une réponse immédiate à la pénurie, entretenue pendant des années par l'Absym, mais la récente augmentation des sous-quotas en MG par la FWB ouvre des perspectives d'amélioration à moyen terme. Notons également le signal fort envoyé par les médecins belges lors des élections syndicales médicales, puisque le taux de participation a augmenté de près de 10% par rapport aux dernières élections de 2018! Je me félicite aussi que la première lecture du décret Proxisanté ait été adoptée au Parlement wallon début décembre, ce qui devrait permettre de démarrer dès 2024 le processus de concrétisation de la restructuration de la première ligne de soins wallonne. Belle avancée également au niveau de l'organisation des soins de santé en région bruxelloise grâce au plan SSI. Notons enfin l'ouverture des candidatures pour le New Deal. Le GBO a d'ailleurs décidé d'accompagner et aider les pratiques qui envisagent de passer en 2024 à cette troisième voie de financement et d'organisation de la pratique en MG. Parmi les points négatifs à retenir, je regrette vivement une série de mesures décidées dans l'urgence, sans aucune concertation avec les syndicats médicaux, et donc sans l'indispensable réflexion qui aurait permis de les nuancer et/ou de mettre en oeuvre une organisation adéquate sur le terrain (e.a. vaccination par les pharmaciens, interdiction de suppléments pour les BIM, campagne de vaccination automnale, etc.). Le ministre veut avancer seul, à marche forcée. Notons également que nous n'avons malheureusement pu noter aucune avancée pour améliorer la garde en MG, que du contraire avec la panne du 1733! Affaire à suivre car nous ne baisserons pas les bras! Et pour terminer, nous sommes en pleine négociation de l'accord médico-mut pour 2024-25, reste à espérer que nous obtiendrons ce que nous voulons pour la MG, malgré un budget disponible bien trop étriqué ...

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