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Antibiotiques: l'Inami propose de nouveaux indicateurs aux MG

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L'Inami annonce de nouveaux indicateurs sur le comportement des médecins généralistes (et des dentistes) en matière de prescriptions d'antibiotiques.

14 décembre 2023

L'Inami le rappelle d'emblée: "La diminution de l'utilisation des antibiotiques, outre ses effets bénéfiques sur la santé publique en évitant la résistance aux antimicrobiens, est également favorable pour l'environnement, crée des gains d'efficience pour l'assurance-maladie et réduit de manière significative les dépenses des patients."

"Chaque année, en Belgique, plus de 600 patients décèdent des suites d'une résistance aux antimicrobiens (RAM). L'Inami travaille depuis des années déjà à des actions et des campagnes d'information et de sensibilisation envers les citoyens et les prescripteurs sur cette matière grave. Aujourd'hui, une nouvelle étape voit le jour avec la publication au Moniteur belge par le Conseil national pour la promotion de la qualité de nouveaux indicateurs visant à prévenir l'utilisation et la prescription inutiles d'antibiotiques en vue de réduire la résistance aux antibiotiques et les infections nosocomiales (à l'hôpital)."

Réduire la consommation d'antibiotiques est important pour la santé publique, bénéfique pour l'environnement, et financièrement avantageux pour le patient.

Des indicateurs quantitatifs et qualitatifs

Le nouvel indicateur quantitatif vise une diminution substantielle de 40% du nombre de prescriptions d'antibiotiques par les médecins généralistes. Il est établi séparément pour les enfants (jusqu'à 14 ans) et les jeunes et adultes (à partir de 15 ans). Au moins 40% des prescriptions sont considérées superflues lorsque les antibiotiques sont prescrits pour des affections qui ne réagissent pas aux antibiotiques. 14% de ces prescriptions concernent un rhume banal, 19% une grippe et 14% des douleurs non infectieuses.

Les deux indicateurs de qualité se focalisent sur une diminution substantielle des antibitioques réservés à des situations spécifiques ("deuxième ligne"). Ces derniers sont aujourd'hui trop souvent prescrits à tort au détriment des antibiotiques de première ligne recommandés. Les antibiotiques de deuxième ligne concernés sont l'amoxicilline associée à l'acide clavulanique, les céphalosporines, les quinolones et les macrolides.

Le Dr Philip Tavernier, médecin directeur général de l'Inami, s'adresse directement aux médecins concernés par la prescription d'antibiotiques: " Nous vous demandons de tenir compte de ces indicateurs dès à présent lorsque vous prescrivez des antibiotiques. C'est important pour la santé publique. Ce n'est qu'en réduisant drastiquement les prescriptions inutiles que nous pourrons freiner la résistance aux antibiotiques et prévenir les infections nosocomiales. La réduction de la consommation d'antibiotiques est également bénéfique pour l'environnement, et financièrement avantageuse pour le patient et l'assurance soins de santé."

Un rapport spécialisé par médecin

"L'introduction d'indicateurs avec un seuil de justification ne représente qu'un des leviers pour lutter contre l'usage superflu d'antibiotiques", ajoute l'Inami. "Des mesures d'accompagnement supplémentaires seront développées au sein des diverses administrations de soins de santé. Il s'agit notamment de l'obligation de délivrer des antibiotiques et d'en fixer le prix unitaire, dont le déploiement est prévu d'ici à la fin de l'année 2024."

L'Inami précise encore que chaque médecin recevra, dans les six mois, un rapport personnalisé l'informant de sa situation avant la publication de ces indicateurs, pour lui permettre de se situer par rapport à ceux-ci. Dans un an, le respect des indicateurs par l'ensemble des dispensateurs de soins concernés sera évalué. Les médecins qui dépasseront ces nouvelles normes seront personnellement contactés pour qu'ils justifient leur comportement de prescription. "En fonction de la situation, nous prendrons des mesures proportionnelles telles qu'une sensibilisation, un avertissement ou une action de contrôle", avertit le Dr Tavernier.

Les médecins qui dépasseront ces nouvelles normes seront personnellement contactés pour justifier leur comportement de prescription.

Quatre raisons de s'inquiéter de la résistance antimicrobienne (RAM)

- Chaque année, 800.000 personnes en Europe sont infectées par des bactéries résistantes. Malgré une légère baisse en 2020, le nombre de personnes infectées par ces bactéries augmente. Selon l'OCDE, 70% des infections surviennent dans des établissements de soins.

- La résistance antimicrobienne coûte la vie à 100 personnes par jour. Certaines infections facilement soignées par le passé sont devenues difficiles, voire impossibles, à traiter. Si la RAM continue à se développer, de petites coupures ou des infections et interventions chirurgicales mineures pourraient avoir des conséquences mortelles.

- La résistance aux antibiotiques est aussi présente chez l'animal, dans les denrées alimentaires, dans les plantes et dans l'environnement. Les antimicrobiens sont également utilisés dans l'élevage, l'aquaculture et le traitement des animaux. Ils se répandent également dans l'environnement par l'urine et les déjections humaines et animales, par l'élimination inappropriée des médicaments et par l'utilisation de fumier contaminé dans l'agriculture. De ce fait, des résidus sont également présents dans le sol, dans l'eau et dans les plantes, ce qui accroît le risque de contamination supplémentaire.

- Le coût de la résistance antimicrobienne est estimé à 1,1 miliard d'euros par an en Europe. Lorsqu'une infection ne répond pas à un traitement antimicrobien de première intention, les professionnels de la santé se tournent vers d'autres solutions plus coûteuses. Les complications ou la durée plus longue d'une maladie ou d'un traitement nécessitent parfois des séjours hospitaliers plus longs, avec les coûts que cela entraîne.

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