La grippe bien présente, les premiers pollens aussi

Les consultations en médecine générale pour état grippal augmentent, selon le dernier bulletin de Sciensano, et les premiers pollens d'aulne et chatons de noisetier sont dans l'air.
Si l'incidence des consultations chez les médecins généralistes pour syndrome grippal lié à influenza a dépassé le seuil épidémique depuis la première semaine de décembre, elle a tout particulièrement augmenté depuis le 22 janvier (semaine 4), souligne Sciensano dans son dernier rapport hebdomadaire sur les infections respiratoires. Des grippes confirmées, parallèlement, par les tests labo des réseaux vigie. Concernant les (sous-)types circulants, les infections sont majoritairement liées au virus de la grippe A, avec une légère prédominance H1N1. Du côté des admissions hospitalières pour infection respiratoire aiguë sévère due à la grippe, l'augmentation est continue depuis décembre et atteignait 3,2 par 100.000 habitants mi-janvier.

Covid-19
Le virus qui circule principalement pour le moment en première ligne est l'influenza.
Sur le front du covid-19, le nombre moyen de contacts quotidiens avec un généraliste reste stable, avec en moyenne dix contacts par jour pour 100.000 habitants en Wallonie, et moitié moins côté flamand.
"Au cours de la période du 21 janvier au 27 janvier 2024, 18.095 tests ont été effectués, soit une moyenne journalière de 2 585 tests", explique l'Institut national de santé publique. "Le taux moyen de positivité pour la Belgique pour cette période est de 11% et 1.647 nouveaux cas ont été diagnostiqués. Le samedi 27 janvier, le taux de reproduction était de 0,979."
La surveillance moléculaire du SARS-CoV-2 indique que les principaux variants qui circulent chez nous en ce moment sont JN.1 (ou Juno, un sous-variant de BA.2.86. classé comme "variante d'intérêt" par l'OMS en décembre dernier vu sa propagation rapide) et, dans une moindre mesure, BA.2.86. (dit "Pirola").

La surveillance des eaux usées révèle que le nombre de zones "haute circulation" est stable (11 zones en alerte, surtout en Flandre), l'indicateur "tendance à la hausse" augmente légèrement (5 zones en alerte) et celui d'une "augmentation rapide" touche la capitale. "Dans l'ensemble, les charges virales se situent à un niveau élevé par rapport à la 9e vague et sont stables", indique Sciensano.
Vaccination
Au 29 janvier 2024, un peu plus de 1,91 million de doses du vaccin contre le covid-19 (seul Comirnaty® XBB.1.5 est utilisé) avaient été administrées au cours de la campagne de revaccination (+ 996 doses par rapport au 22 janvier). Seules quatre personnes immunodéprimées sur dix ont été revaccinées lors de la campagne 2023.
La couverture vaccinale contre le covid-19 montre de fortes disparités entre le Nord et le Sud du pays. En Wallonie, un peu moins de 9% de la population générale a reçu une dose de vaccin au cours des six derniers mois, contre 22% en Flandre. Si l'on regarde la cohorte des 85+ ans, les taux respectifs sont 37% au Sud et 68% au Nord.

Autres virus en circulation
Le VRS est stable, les admissions à l'hôpital en lien avec ce virus sont actuellement au niveau de base, après un pic fin octobre et début novembre de l'an dernier.
RAS du côté des adénovirus, ni des parainfluenzavirus. Le nombre d'infections à Mycoplasma pneumoniae est globalement en diminution depuis mi-décembre.
Si l'on regarde les indicateurs d'infections respiratoires, l'incidence des consultations en médecine générale pour symptômes grippaux (ILI) a augmenté à 537 consultations pour 100.000 habitants la dernière semaine (contre 331 la semaine auparavant). L'augmentation touche surtout les 15-64 ans, et davantage le nord du pays pour le moment. Le nombre de cas en MRS s'élevait à 12 pour 1.000 résidents (= seuil jaune), celui d'hospitalisations était à 1,5 et aucun décès n'a été signalé.

Concernant la charge de travail en MG, 52 % des médecins vigies considéraient la semaine dernière que la charge de travail due aux consultations pour infections respiratoires était élevée ou très élevée, un chiffre en augmentation.
Autre indicateur intéressant pour les médecins, celui de la surmortalité (Be-Momo, toutes causes confondues): la semaine du 8 janvier a présenté une surmortalité statistiquement significative sur l'ensemble de la semaine en Wallonie chez les personnes à partir de 85 ans, note Sciensano.
La saison des pollens est lancée
Attention, les patients qui éternuent et mouchent en janvier peuvent désormais - réchauffement climatique oblige - être déjà victimes de leurs allergies, et non forcément de la grippe ou du coronavirus. AirAllergy, le réseau national de surveillance aérobiologique au sein de Sciensano, a annoncé le lancement officiel de la saison pollinique 2024 ce 30 janvier: les inflorescences de l'aulne et surtout du noisetier, également appelées 'chatons', sont observables depuis plusieurs semaines.

En cette période, les concentrations de pollen d'aulne et de noisetier dans l'air restent encore relativement faibles vu les basses températures, mais elles peuvent rapidement augmenter lorsque les conditions météorologiques s'y prêtent, ce qui entraîne la dispersion d'une grande quantité de grains de pollen dans l'air.
" Depuis ce dimanche 28 janvier, les concentrations journalières mesurées sont plus régulières et ont dépassé les 40 grains/m³ d'air. Nous pouvons nous attendre à ce que des pics plus importants apparaissent dans les prochaines semaines. Même si la dernière période de gel a sans doute endommagé une partie de la production pollinique, l'aulne et le noisetier arrivent en pleine floraison et leur pollen sera émis en masse dans l'air sur une plus courte durée, dès que les conditions de dispersion seront favorables ", rapporte Nicolas Bruffaerts, collaborateur scientifique au service de Mycologie et Aérobiologie de Sciensano.
A noter qu'à partir de cette année, l'IRM, qui publiait déjà les prévisions pour les pollens de bouleau et de graminées, y ajoute l'aulne. L'Institut utilise une version adaptée à la Belgique du modèle Silam, développé en Finlande, dont les cartes prévisionnelles peuvent aider les patients allergiques à mieux planifier leur traitement et appliquer des mesures prophylactiques plus efficaces.