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Les médecins très critiques

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Outre l'accord médico-mutualiste, les médecins se sont exprimés sur le New Deal et la réforme du financement hospitalier. En cette année d'élections, ils ont également évalué l'actuelle législature et donné leurs favoris pour juin 2024.

8 février 2024

Abordons d'abord le New Deal. Les médecins sont-ils séduits par cette troisième voie? Les résultats peu flatteurs (48 cabinets intéressés par le New Deal au niveau national, pour rappel) laissaient craindre un désaveu de la part du corps médical. Cela se confirme largement dans les chiffres puisque seuls 15,86% des médecins estiment qu'il s'agit d'un bon, voire d'un très bon système. 23,71% des médecins souhaitent laisser du temps au New Deal et n'ont pas d'opinion. Et près de 45% des médecins (43,67%) jugent le New Deal mauvais à très mauvais. On peut noter que, au contraire de ce que certains suggéraient sur les réseaux sociaux, il n'y a pas de différence de point de vue entre néerlandophones et francophones, les médecins étant tout aussi critiques dans les deux langues.

Les médecins très critiques

On peut cependant relever plusieurs biais potentiels. D'abord, seuls 16,76% ont indiqué "sans objet", alors que 58,06% des répondants n'étaient pas médecins généralistes. Plusieurs sondés ont donc donné un avis sur une pratique qui ne les concerne pas directement. Cependant, on ne note pas de grandes différences entre médecins généralistes et spécialistes sur la question, étonnement. Ensuite, c'est le modèle à l'acte qui est favorisé par un bon tiers des médecins sondés (36,74%) ou, mieux, un système mixte combinant 75% de paiement à l'acte et 25% au forfait (39,78%). Seule une minorité de médecins préfèrent être rémunérés entièrement au forfait (4,30%) contre 15,23% dans un système mixte (75% au forfait et 25% à l'acte).

New Deal ou pas, les médecins ont plébiscité l'appel à un professionnel de l'art infirmier au sein des pratiques. Seuls 15,41% estiment qu'il s'agit d'une mauvaise idée.

Réformes hospitalières

Le gouvernement souhaite réformer en profondeur le financement hospitalier. La réforme de la nomenclature constitue l'un des grands volets de ce chantier. L'objectif d'éliminer les différences de revenus déraisonnables entre médecins généralistes et spécialistes et entre spécialistes eux-mêmes trouve un écho favorable parmi les médecins sondés. Ils sont près de deux tiers à estimer que cela serait une bonne ou une excellence chose (64,70%). Seulement 21,21% trouvent que c'est une mauvaise, voire une très mauvaise idée. Il y a cependant de grosses disparités entre généralistes et spécialistes sur la question: les premiers sont 80,29% à soutenir la démarche, contre seulement 53,42% pour les seconds.

Les médecins très critiques

Deuxième objectif de la réforme de la nomenclature: diviser les honoraires en une partie "frais de fonctionnement" qui rembourse les coûts directs et indirects, et une partie "professionnelle" qui rembourse l'acte médical lui-même. Plus d'un médecin sur deux y est favorable (55,55%), et un médecin sur quatre contre (25,09%). Encore une fois, davantage de médecins généralistes soutiennent cette mesure de la réforme (60,10%) par rapport aux médecins spécialistes (50,81%).

Tant qu'à aborder des questions hospitalières, abordons le sujet de la cogouvernance. Les médecins doivent-ils cogérer les hôpitaux? Pour six médecins sur dix, c'est absolument nécessaire. Et 17,38% des répondants estiment que les médecins et la direction de chaque hôpital devraient pouvoir en décider de manière autonome. Seulement 6,28% des sondés estiment que cela n'est pas nécessaire, soit car ils ne s'intéressent pas à la politique hospitalière (3,41%), soit car cela leur permet de se concentrer pleinement sur leur pratique clinique (2,87%).

Une claque politique

Pour finir en beauté, les médecins ont donné une note de zéro à dix au gouvernement fédéral, ainsi qu'aux gouvernements régionaux. Mais aussi aux différents ministres de la Santé. Les médecins y sont allés fort puisqu'aucun n'a la moyenne. C'est le gouvernement flamand qui s'en sort le mieux puisque les médecins néerlandophones lui attribuent la note de 4,8/10. Le gouvernement fédéral s'en sort, lui, avec un 4/10. Les gouvernements wallon et bruxellois doivent se contenter d'un maigre 2,9/10 chacun.

Pour les ministres, cela doit aussi être la soupe à la grimace car Frank Vandenbroucke écope d'un 2,8/10. Francophones et néerlandophones se rejoignent dans leurs notes. Christie Morreale fait à peine mieux en Wallonie (3,1/10) et Alain Maron sombre à Bruxelles (2,6/10). Enfin, en Flandre, Hilde Crevits (CD&V) s'en sort presque avec la moyenne (4,5/10).

Enfin, les intentions de vote des médecins pour les prochaines élections se dessinent. Les tendances sont les mêmes pour les élections fédérales et régionales. Côté francophone, cela penche à droite et c'est le MR qui remporte la majorité des suffrages (42,11%), suivi des Engagés (15,79%). Les autres partis ne récoltent que des miettes: Écolo (5,92%), DéFI (5,26%) le PS (3,29%) et le PTB (1,97%). À noter que 25,66% ne se sont pas exprimés. Côté néerlandophone, plus d'un médecin sur deux soutient un parti nationaliste, très majoritairement la N-VA (47,29%), mais aussi le Vlaams Belang (5,17%). Suivent, loin derrière, le CD&V (9,85%), l'Open VLD (8,62%), Groen (6,65%), Vooruit (5,91%), et le PVDA (PTB) (2,22%). 14,29% des médecins néerlandophones ne se sont pas exprimés.

Au nord du pays, les médecins se distinguent du reste des néerlandophones par leur adhésion très majoritaire à la N-VA au détriment du Vlaams Belang. Au sud, c'est le jour et la nuit entre les médecins et le reste de la population francophone, qui plébiscite davantage la gauche, voire la gauche radicale, même si cette dernière tendance est à la baisse.

Répartition des répondants

L'enquête a trouvé écho auprès de 895 médecins, dont 27,3% de francophones et 73,7% de néerlandophones. La majorité des répondants sont des hommes (69,26%) à l'échelon national, une tendance que l'on retrouve davantage au nord (71,92%) qu'au sud du pays (63,16%), où les femmes médecins ont davantage répondu. Les différentes tranches d'âge sont assez bien représentées entre jeunes médecins (24-40 ans: 20,07%), médecins confirmés (41-60 ans: 37,63%) et médecins seniors (61+: 42,29%). Pour être complet, 35,84% des répondants étaient médecins généralistes, 0,54% généralistes en formation, 53,94% spécialistes, 1,08% spécialistes en formation et 8,60% n'étaient pas médecins.

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