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Dépendance à la méthamphétamine : tout traitement est meilleur que l'abstention thérapeutique

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Comme nous venons de le voir dans l'article précédent de cette newsletter, de toutes les drogues " récréatives " consommées dans le cadre de la pratique du chemsex, la méthamphétamine est de loin la plus nocive sur le plan physique, psychique, relationnel, professionnel ou financier.

Dr Jean-Luc Schouveller - 29 février 2024

Conscients de ces ravages, nombreux sont les consommateurs qui désirent réduire, voire arrêter complètement la prise de méthamphétamine. Mais le soutien professionnel est-il vraiment utile ? Amorce de réponse avec cette étude récente menée par des investigateurs de l'UCLA.

L'étude californienne portait sur 285 hommes gays et bisexuels de Los Angeles qui participaient à une étude en cours (mSTUDY) et rapportaient une consommation de méthamphétamine. Près des deux tiers vivaient avec le VIH et 84% ne recevaient aucun traitement pour leur consommation de drogues au début de l'étude.

Les chercheurs ont classé les participants en trois catégories: consommation fréquente de méthamphétamine (quotidiennement, 19%), consommation occasionnelle (hebdomadaire ou moins, 57%) et aucune consommation (24%). Ils ont ensuite examiné l'évolution de catégorie au fil du temps lors d'entretiens tous les six mois, ainsi que le lien entre cette évolution de la consommation et le traitement reçu.

Parmi les hommes qui consommaient fréquemment de laméthamphétamine et n'avaient reçu aucun traitement contre la toxicomanie, 33% avaient réduit leur consommation au cours du suivi. En revanche, 65% des hommes qui consommaient fréquemment de la méthamphétamine et suivaient un traitement contre la toxicomanie ont réduit leur consommation. Cela inclut à la fois les personnes qui sont passées à une consommation occasionnelle et celles qui ont atteint l'abstinence totale. De plus, on constate que les participants ayant reçu un traitement contre la toxicomanie, quel qu'il soit, avaient des périodes d'abstinence plus longues, ainsi que des périodes réduites d'utilisation hebdomadaire ou quotidienne.

Les investigateurs affirment que ces résultats soulignent, d'une part, l'importance des programmes de traitement axés sur la réduction de la consommation plutôt que sur ceux qui visent l'abstinence et, d'autre part, ils témoignent du fait que même si les options de traitement pour le sevrage à la méthamphétamine sont encore limitées et peu ou pas ciblées, il est important d'augmenter et faciliter l'accès au traitement pour les patients et de tout mettre en oeuvre pour intensifier la recherche d'options thérapeutiques ciblées sur le sevrage à la méthamphétamine.

Réf: Rosen A.D et al. Journal of Substance Abuse and Addiction, janvier 2024, accès libre pour consultation sur le site.

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