Dolutégravir n'est pas lié à une augmentation de la TA durant la grossesse

Une analyse post hoc de l'étude de phase III, randomisée et menée en ouvert IMPAACT 2010 montre que les schémas antirétroviraux basés sur le dolutégravir n'augmentent pas le risque d'HTA pendant la grossesse.
Par contre, le poids constitue un facteur de risque critique pour le développement d'une HTA durant la gestation.
IMPAACT 2010 : dolutégravir et grossesse
Lors d'analyses précédentes, l'étude a notamment montré que les femmes qui avaient initié un traitement antirétroviral basé sur le dolutégravir au cours du second trimestre de la grossesse étaient plus susceptibles d'avoir une charge virale indétectable au moment de l'accouchement que les femmes randomisées pour recevoir de l'éfavirenz. Des données importantes lorsqu'on sait qu'une charge virale indétectable au moment de l'accouchement réduit considérablement le risque de transmission verticale du VIH. L'étude a également révélé un moindre risque de prématurité, de mortinatalité ou de faible poids à la naissance lorsque les parturientes étaient traitées par un schéma basé sur le dolutégravir.
Dolutégravir, grossesse et HTA
Lors de la CROI, le Pr Risa Hoffman (University of California, Los Angeles) a présenté une analyse post hoc de l'évolution de la TA chez les participantes à l'essai. L'étude a porté sur 643 femmes dans 11 pays. Les participantes ont été réparties de manière égale entre les trois schémas thérapeutiques de l'étude entre 14 et 28 semaines de gestation. La TA a été mesurée toutes les quatre semaines pendant la grossesse, puis au moment de l'accouchement, et cinq fois au cours d'une période de 12 semaines durant le post partum. Les investigateurs se sont intéressés aux augmentations de TA, à l'HTA gestationnelle, à la pré-éclampsie et à l'éclampsie. L'âge moyen était de 26 ans, 86 % étaient d'origine africaine, l'IMC à l'inclusion était en moyenne de 24,6 et l'HTA à l'inclusion était peu fréquente et détectée chez 2,6 % des parturientes.
Les principaux résultats ne montrent pas d'impact majeur des antirétroviraux sur la TA durant la grossesse :
- Une augmentation de la TA au-delà de 130-139 et 80-89 mmHg et non gestationnelle était retrouvée chez 46 % des femmes sous DTG/FTC/TAF, chez 44 % sous DTG/FTC/TDF et chez 41 % sous EFV/FTC/TDF. Aucune différence statistiquement significative n'a été démontrée ;
- Une augmentation de l'HTA non gestationnelle supérieure à 140-149 et 90 mmHg à été objectivée chez seulement 9 % au sein du groupe DTG/FTC/TAF, 7 % pour DTG/FTC/TDF et 6 % pour EFV/FTC/TDF ;
- Une faible hypertension gestationnelle (> 140-159 et/ou 90-110 mmHg) a été objectivée chez 2 % dans le groupe DTG/FTC/TAF et chez 1 % pour les deux autres groupes étudiés ;
- Aucun cas d'HTA gestationnelle sévère (> 160 et/ou > 110 mmHg) n'a été observé ;
- Huit cas de pré-éclampsie sont survenus lors du suivi, dont quatre sous DTG/FTC/TAF.
Cette analyse ne laisse pas apparaître de lien entre le schéma antirétroviral et le risque de développer une hypertension artérielle. Par contre, le poids constitue un facteur critique. En effet, on a évalué, lors de l'étude, que pour chaque augmentation de poids de 5 kg, le risque de développer une hypertension artérielle augmentait de 16 à 22 %.
Réf : Hoffman R. et al. Abstract 183, CROI 2024, Denver.