PremiumActualités médicales

Les Engagés proposent une refédéralisation partielle et la suppression du numerus clausus

photo

Elisabeth Degryse détaille au jdM les grands axes de la politique que Les Engagés souhaitent voir mener au Fédéral et dans les entités fédérées, étant donné qu'on les attend à tous les niveaux de pouvoir.

Nicolas de Pape - 26 juin 2024

Vous proposez une refédéralisation des compétences en matière de soins de santé pour améliorer la gestion et la coordination. Comment envisagez-vous de convaincre les entités fédérées, qui ont actuellement ces compétences, de céder ces pouvoirs au niveau fédéral, surtout dans un contexte de régionalisme croissant en Belgique?

Pour les engages nous proposons de refédéraliser la prévention et la promotion de la santé. Les soins de santé se trouve encore pour la plus grande partie au niveau fédéral. Dans les couloirs de certaines administrations régionales, on entend dire " on ne va pas investir trop dans cette politique-là car c'est le fédéral qui y gagne ". Si on veut avoir une vraie politique de santé publique cohérente et éviter ces phrases, il faut refédéraliser. À défaut, si la configuration politique ne permet pas cette refédéralisation, il faut que le niveau fédéral ait le dernier mot sur les stratégies transversales et décisions critiques en matière de santé lorsqu'il y a des divergences de vues entre niveaux de pouvoir.

Suppression du Numerus Clausus

Parmi vos propositions, la suppression du numerus clausus et des quotas Inami est une mesure radicale pour lutter contre les pénuries de personnel médical. Comment assurez-vous que cette suppression n'entraîne pas une surproduction de médecins et une potentielle baisse de la qualité de la formation médicale?

Face aux pénuries de médecins généralistes et de médecins spécialistes en particulier dans certaines spécialités et dans certaines zones, avec pour conséquences pour les citoyens, des difficultés pour trouver un généraliste et des délais très longs pour avoir un rendez-vous chez certains spécialistes, nous pensons qu'il faut agir de façon radicale et voulons supprimer les quotas.

Nous ne pensons pas que cette mesure va entraîner une " surproduction " de médecins ; et ce, pour plusieurs raisons. Il convient, tout d'abord, de combler les nombreuses pénuries qui existent actuellement et qui vont apparaître ou se renforcer dans les prochaines années. Il appartiendra aux Communautés de définir éventuellement des quotas par spécialisation afin de veiller à assurer un nombre suffisant de praticiens dans l'ensemble des spécialisations pour répondre aux besoins et pour la médecine générale. Il faut ensuite tenir compte des besoins croissants de la population (notamment en lien avec le vieillissement de la population). Nous aurons donc besoin d'un nombre plus important de professionnels de la santé pour accompagner l'ensemble des citoyens et les aider à gérer leur santé. Un autre facteur à devoir prendre en compte est la volonté de nombreux médecins de mieux concilier leur vie privée et leur vie professionnelle. La recherche d'un meilleur équilibre entre ces deux pans de la vie implique, pour de nombreux soignants, une diminution du temps consacré à leur activité professionnelle. Enfin, les études de médecine sont extrêmement exigeantes et le fait de permettre à tout jeune qui le souhaite d'entamer les études de médecine ne signifie pas que tous seront diplômés à la fin : une sélection parmi les candidats s'effectuera mais elle sera fondée sur la formation en elle-même (et ses difficultés) et non sur une limitation à priori avant l'entame des études.

Il est enfin nécessaire de mettre fin au phénomène où, en raison des pénuries, de nombreuses institutions font appel à des médecins formés à l'étranger : Nous voulons stopper la discrimination dont sont victimes les étudiants qui veulent entamer des études de médecine en Belgique et qui sont soumis à un contingentement alors que les médecins formés dans les pays européens et qui viennent en Belgique reçoivent automatiquement un numéro Inami

En ce qui concerne l'impact sur la qualité de la formation, nous précisons clairement dans notre programme que nous voulons garantir à chaque étudiant une formation de qualité (y compris durant les stages et les spécialisations) et un apprentissage dans de bonnes conditions. Il reviendra dès lors aux Communautés de s'organiser et de procéder aux modifications et aux investissements nécessaires en vue d'offrir un environnement optimal pour ces étudiants.

Vous proposez plusieurs mesures pour soutenir les soignants et les infirmiers, notamment l'exonération fiscale et le secrétariat gratuit. Comment prévoyez-vous de financer ces mesures et de garantir leur pérennité à long terme?

Nous pensons en effet absolument nécessaire de soutenir davantage les soignants. Nous réclamons notamment depuis plusieurs années un plan d'attractivité et de soutien à la profession infirmière tout au long de la carrière professionnelle afin d'encourager de nombreux jeunes à entamer ces études, mais aussi de soutenir les infirmiers en place pour qu'ils bénéficient des conditions nécessaires à la bonne poursuite de leur carrière. La réforme fiscale que nous défendons a pour vocation non seulement d'augmenter le salaire de ceux qui travaillent et de diminuer les charges des employeurs, mais également de dégager des moyens pour des politiques qui en ont besoin, comme la santé.

Pour Les Engagés, il est important de dégager un budget supplémentaire accordé aux soins de santé.

Vous mentionnez dans votre programme l'importance de la cybersécurité dans le cadre de l'e-santé et des dossiers patients partagés. Quelles mesures spécifiques proposez-vous pour protéger les données de santé des patients contre les cyberattaques tout en facilitant leur partage sécurisé entre les professionnels de santé?

Sur cet enjeu crucial, nous devrons avec les experts mettre en place des stratégies de lutte contre les cyberattaques et contre le piratage de données personnelles, notamment par le renforcement de nos services de contre-espionnage. Nous voulons également promouvoir des collaborations intra-européennes entre les entreprises, les universités et les institutions pour développer des solutions de cybersécurité innovantes. Enfin, dans les hôpitaux, nous proposons d'augmenter le personnel hospitalier en charge de la cybersécurité. Ceci permettrait de répondre à la professionnalisation et aux nouvelles contraintes imposées afin d'améliorer la gestion et de limiter les risques.

Différences avec le MR

La santé publique a été un des axes prioritaires des Engagés pendant la campagne électorale. Vous avez déclaré que vous ne vouliez pas faire d'économies en soins de santé " en accord avec Vooruit "). Des différences importantes existent avec le MR. Quelles sont les principales " nuances " avec le MR et comment comptez-vous les aplanir ?

Pour Les Engagés, il est important de dégager un budget supplémentaire accordé aux soins de santé. Nous estimons que la concertation avec les acteurs de la santé est une condition essentielle si l'on veut mettre en oeuvre des politiques cohérentes, soutenues par ces acteurs qui devront l'appliquer et donc qui seront concrétisées sur le terrain. Cela n'a pas été le cas ces dernières années et nous espérons inverser complètement cette tendance afin d'associer les acteurs concernés par les réformes qui ont un impact sur leur travail. La stratégie mise en oeuvre ces derniers jours au niveau de la Région wallonne me semble indiquer que ce sera le cas...

Nous défendons un plan d'attractivité de la profession infirmière : nous réclamons cela depuis plusieurs années mais sans succès et avons dénoncé certains mesures prises par le précédent gouvernement qui n'allaient pas dans le sens d'une valorisation des infirmiers. Nous voulons changer de cap et voulons que la prochaine législature soit l'occasion d'adopter des mesures qui auront un impact direct sur les infirmiers et qui correspondent à leurs recommandations.

Nous espérons enfin pouvoir faire aboutir certaines mesures qui nous tiennent à coeur et qui avaient été rejetées par les partis du précédent gouvernement : c'est le cas notamment de l'accessibilité de la logopédie pour les enfants dont le QI est inférieur à 86 ou de la suppression de la différence de remboursement pour les patients en fonction du statut de conventionnement du professionnel de la santé qui les prend en charge.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine