PremiumLe journal du médecin

Saint-Pierre et Iris Sud se regroupent

photo

Les Hôpitaux Iris Sud (sites: Joseph Bracops, Molière Longchamp, Etterbeek-Ixelles et Etterbeek -Baron Lambert) et le CHU Saint-Pierre (sites: Alexiens, Porte de Hal) ont annoncé ce 11 septembre "leur volonté d'unir stratégiquement leur destin en formant, à deux, un groupement hospitalier".

23 septembre 2024

Philippe Close, bourgmestre "actionnaire" (PS), a souligné l'importance des hôpitaux publics pour sa région, en particulier dans les cinq communes concernées. "Ces hôpitaux sont véritablement des joyaux, essentiels pour garantir un accès équitable aux soins de santé pour tous. Nous sommes dans une dynamique où, grâce aux progrès médicaux, nous vivons de plus en plus longtemps. Cependant, cela pose également un défi majeur: le coût de la santé publique ne cesse d'augmenter. Actuellement, plus de 50% des dépenses en soins de santé sont concentrées sur les cinq dernières années de vie. Il nous faut donc réfléchir à comment offrir des soins de meilleure qualité, tout en assurant la pérennité financière de notre système de santé."

"Nous avons la chance d'avoir à Bruxelles des professionnels de santé de très haut niveau: des médecins, des infirmiers, des personnels administratifs et techniques, tous dévoués à la qualité des soins. C'est un véritable atout pour notre région. Mais la mauvaise nouvelle, c'est que la santé publique va coûter de plus en plus cher. C'est pourquoi nous devons innover dans notre manière d'organiser et de financer les soins."

En ce sens, le regroupement des hôpitaux Iris Sud et de l'hôpital Saint-Pierre constitue une avancée majeure, estime le socialiste également vice-président de Solidaris. Cela permettra de mutualiser les ressources et d'optimiser les soins offerts à la population.

"Fier de ce regroupement"

Jean Spinette, président d'Iris Sud et bourgmestre de Saint-Gilles (PS) s'est dit fier de ce regroupement. "Si on m'avait dit, il y a vingt ans, que l'hôpital Saint-Pierre se regrouperait un jour avec Iris Sud, je n'y aurais pas cru. Pourtant, nous y sommes. L'hôpital Saint-Pierre, qui fait partie du réseau ULB, est un fleuron du système de santé bruxellois. Il s'agit d'un hôpital issu des CPAS et des communes, dont la vocation est de garantir un accès aux soins pour tous, conformément à la loi sur les CPAS."

Grâce à ce réseau, ils pourront aligner toutes les spécialités médicales pour offrir des soins de proximité à tous les citoyens, quel que soit leur quartier. "Le regroupement des hôpitaux permet de créer des synergies, de réaliser des économies d'échelle, et ainsi de garantir la viabilité de notre modèle de soins de santé publics."

Yannick Manigart, gynécologue et chef de clinique au CHU Saint-Pierre et président du conseil médical depuis un an estime ce regroupement "essentiel pour l'avenir de son hôpital". "Lorsque nous avons commencé à discuter de ce projet, la première question qui s'est posée était: pourquoi un tel regroupement est-il nécessaire? La réponse est simple: la situation financière des hôpitaux est catastrophique, et nous ne pouvons pas affronter l'avenir seuls. Nous avons besoin d'unir nos forces pour continuer à offrir des soins de qualité à nos patients."

Que des avantages (ou presque)

Du point de vue médical, ce regroupement présente de nombreux avantages, affirme-t-il. "Nous souffrons d'une pénurie de personnel médical et infirmier, ainsi que de difficultés à recruter dans certaines spécialités, comme la chirurgie pédiatrique et la neurochirurgie. En mutualisant nos ressources avec Iris Sud, nous pourrons assurer des gardes plus facilement et répondre aux exigences des futures réglementations sur les missions de soins supra-régionales. Cela nous permettra également de rationaliser nos investissements dans des équipements coûteux, comme les robots chirurgicaux."

Un autre avantage important de ce regroupement est la possibilité de renforcer la recherche scientifique et l'enseignement médical, ajoute le gynécologue. "En unissant nos forces, nous pourrons offrir une formation de meilleure qualité à nos étudiants, tout en développant des projets de recherche ambitieux.

Nous partageons également des valeurs communes, telles que l'éthique médicale et l'engagement envers une médecine publique accessible à tous. C'est pourquoi ce projet est si important pour nous."

Tous les médecins impliqués

Le Dr Manigart souligne que, dès le départ, tous les médecins ont été impliqués dans les discussions. Cela a permis d'instaurer un climat de confiance et de transparence, ce qui est essentiel pour la réussite d'un tel projet. "Les réunions de travail ont été nombreuses et souvent animées, mais toujours constructives. Nous avons travaillé ensemble, de manière honnête et ouverte, pour trouver des solutions aux défis auxquels nous sommes confrontés."

Alain Bauler, président du conseil médical d'Iris Sud et chef du service de pédiatrie a décidé avec les médecins de participer à ce projet de regroupement "car nous croyons fermement à la nécessité de préserver une offre de soins publics de qualité à Bruxelles. Nous sommes confrontés à une précarisation croissante des patients, ainsi qu'à une pénurie de personnel médical et infirmier. Notre mission en tant qu'hôpital public est de prendre en charge ces patients et de leur offrir les soins dont ils ont besoin."

Pour le Dr Bauler, le regroupement avec le CHU Saint-Pierre est une opportunité unique de renforcer une capacité à offrir des soins de qualité. Cependant, cela ne sera pas sans défis. "Nous devons relever des défis organisationnels et assurer la pérennité de l'activité sur les différents sites. L'une des difficultés sera d'unir des médecins ayant des statuts différents: à Iris Sud, les médecins sont indépendants, tandis qu'au CHU Saint-Pierre, ils ont une vocation plus académique. Cela peut être une force, mais c'est aussi une source de complexité qu'il faudra surmonter."

Fort heureusement, il se dit que les médecins, les soignants et les administratifs sont impliqués à égalité dans les discussions. "Nous co-construisons ce projet, et cela nous donne bon espoir de réussir. La pénurie de personnel soignant est un problème majeur, mais nous espérons que ce regroupement nous aidera à recruter plus facilement et à attirer des talents. Nous voulons que ce projet aboutisse, car il est essentiel pour garantir l'accès aux soins publics pour tous les Bruxellois."

1.100 lits, 6.000 collaborateurs

Le projet de regroupement Saint-Pierre/Iris-sud est porté par tous les acteurs de terrain, par les conseils d'administration et les conseils médicaux des deux établissements. Il devrait être effectif à partir du 1er janvier 2026.

Avec près 6.000 collaborateurs et 1.100 lits répartis sur six sites, le nouveau groupement deviendra un acteur majeur de la santé publique sur le plan régional.

Ce groupement pourrait en appeler d'autres puisque la situation de Brugmann "n'est pas confortable", a précisé le bourgmestre de Bruxelles.

Le projet est soutenu par les cinq bourgmestres "actionnaires":

-Philippe Close (PS), Bruxelles-Ville

-Fabrice Cumps (PS), Anderlecht

-Vincent De Wolf (MR), Etterbeek

-Christos Doulkeridis (Ecolo), Ixelles

-Jean Spinette (PS), Saint-Gilles

Face à la Tour de Babel...

Le journal du Médecin: Au sujet de l'usage des langues... En médecine, c'est évidemment crucial de bien comprendre son patient. Est-ce que le personnel soignant et médical est suffisamment multiculturel pour répondre à ce défi? Par exemple, un patient qui parle farsi venant d'Afghanistan, pourra-t-il trouver une infirmière qui parle sa langue?

Dr Yannick Manigart: Nous avons déjà ce que l'on appelle des médiateurs culturels. Ce sont des personnes engagées par l'hôpital, parfois en partie financées par la Région bruxelloise, qui viennent à nos consultations pour faire office de traducteurs. Ils couvrent beaucoup de langues, notamment l'arabe et plusieurs dialectes. Nous avons aussi des traducteurs pour des langues des pays de l'Est. Cela fonctionne bien. Autrement, nous faisons appel à des membres du personnel ou à des interprètes externes quand c'est nécessaire. Nous avons également la chance d'avoir une diversité grandissante au sein de notre personnel médical. Il est de plus en plus fréquent de trouver des médecins issus de l'immigration, ce qui nous aide à surmonter les barrières linguistiques.

Dr Alain Bauler: Dans les hôpitaux Iris Sud, c'est pareil. Nous avons des équipes multiculturelles qui arrivent à répondre aux besoins de la population. C'est rare que nous soyons bloqués à cause d'un problème de langue. Dans certains cas, les patients viennent avec des membres de leur famille pour traduire, ou nous faisons appel à des interprètes externes. De manière générale, nous nous débrouillons bien.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine