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"À quand remonte votre dernier dépistage IST?"

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La Semaine internationale consacrée au dépistage des IST se déroulera cette année du 18 au 24 novembre. L'occasion d'organiser des actions de sensibilisation au cabinet et d'aborder ainsi plus naturellement la question avec les patients en consultation, voire, éventuellement, de proposer des séances de dépistage au sein de votre pratique de groupe.

Cécile Vrayenne - 4 novembre 2024

À l'occasion de la Semaine du dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), de nombreuses structures, tant belges qu'européennes, mettent sur pied des moments de dépistage accessibles gratuitement à tous. Les différentes actions organisées peuvent être trouvées facilement en tapant un code postal sur la carte interactive qui sera mise à disposition (à partir du 12 novembre) sur le site internet https://depistage.be/.

"À quand remonte votre dernier dépistage IST?"

C'est aussi l'occasion, pour le médecin, de poser la question en consultation. "On se rend bien compte que pour les médecins, qui ont déjà beaucoup à faire, c'est assez compliqué à organiser, aussi souhaitons-nous les sensibiliser à ne fût-ce que parler du dépistage pendant cette semaine-là, en demandant par exemple à leurs patients entre 18 et 30 ans à quand remonte leur dernier dépistage, voire, si possible, en proposant d'en (faire) réaliser un", expose Ambre Deville, membre de l'association "O'Yes" (Organization for youth education & sexuality, anciennement Sida'sos). Cette ASBL (www.o-yes.be), créée par des jeunes et pour les jeunes, est active dans le domaine de l'éducation et de la promotion de la santé notamment via les universités, les hautes écoles et les écoles secondaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Simplement rappeler le dépistage, comme on le ferait pour un rappel de vaccin, permet déjà de lever le tabou.

De préférence un dépistage complet

"De notre côté, nous encourageons les personnes à faire un dépistage complet", explique Raoul Thelen, formateur et animateur en charge du projet IST pour O'Yes, "c'est-à-dire une prise de sang pour les infections qui se dépistent dans le sang et, soit un prélèvement urinaire pour les personnes à pénis, soit un frottis vaginal pour les personnes qui ont un vagin. En fonction des pratiques sexuelles, on peut aussi faire des frottis à différents endroits (buccal, anal) pour dépister toutes les IST possiblement transmises."

Et de poursuivre : "En général, les médecins généralistes posent les questions en consultation pour décider des dépistages utiles et ils redirigent ensuite les personnes avec une prescription vers un laboratoire ou le service infirmier du centre médical. Certains médecins font un dépistage directement, et ça va relativement vite: la médecin du centre situé au-dessus de notre ASBL arrive par exemple à tout faire en 15 minutes." Et de rappeler que le frottis peut aussi être réalisé par la personne elle-même dans les toilettes, pendant que le médecin s'occupe de la partie administrative du dossier.

À quelle fréquence?

Pour rappel, chez les patients qui n'ont pas de partenaires multiples, le dépistage est recommandé en cas de symptômes ou de changement de partenaire. Pour ceux qui ont de multiples partenaires, un dépistage est conseillé tous les trimestres. Le remboursement n'est toutefois accordé que deux fois l'an pour la chlamydia et la gonorrhée.

"Le remboursement dépend du nombre de tests réalisés, chaque test équivaut à un nombre de points", détaille Raoul Thelen. "Si on dépasse un certain nombre de points, on doit payer la différence. Mais il y a moyen de mutualiser les prélèvements. Les médecins peuvent en principe obtenir une fiche explicative du laboratoire où ils envoient habituellement leurs prélèvements."

Outils à disposition des médecins

"Cette année, on se concentre donc sur le dépistage", précise Ambre Deville, "nous serons présents un maximum dans les transports en commun, à Bruxelles et en Wallonie."

"L'année passée, nous avions 63 lieux de dépistage gratuit, ce n'est pas énorme, mais pour nous, c'est déjà une grande avancée d'avoir pu toucher ces personnes-là", se réjouit Raoul Thelen.

La campagne est réalisée avec le comité de pilotage de l'ASBL O'Yes, composé notamment de médecins. "Nous avons aussi des partenaires comme les fédérations de centres de planning familial, les maisons médicales et la SSMG. Notre matériel de communication est à disposition pour les médecins intéressés." Vous pouvez consulter, commander ou télécharger des brochures, affiches, tableaux des délais de transmission des IST, vidéos animées pour la salle d'attente, etc. via l'onglet 'Ressources' du site https://depistage.be/ ou par email à: logistique@o-yes.be.

"Il suffit juste d'en parler. Et mettre des infos dans sa salle d'attente, c'est déjà beaucoup", conclut Ambre Deville. "Et si vous n'avez pas le temps, en consultation, de faire plus que d'en parler, renvoyez simplement la personne vers un centre de dépistage. Rappeler le dépistage, comme on le ferait pour un rappel de vaccin, permet déjà de lever le tabou."

Les trois IST les plus fréquentes en recrudescence

Le dernier rapport intermédiaire publié par Sciensano en mars (concernant 2023, chiffres sans doute sous-estimés car incomplets) montre une recrudescence des IST. Cette augmentation s'expliquerait, entre autres, par un moindre recours / une mauvaise utilisation du préservatif.

"À quand remonte votre dernier dépistage IST?"
© Sciensano

- La chlamydia est l'infection la plus fréquente. Elle touche principalement les femmes. Plus de la moitié des diagnostics concernent des femmes âgées de 20 à 29 ans. Elle est augmenté de 21% entre 2019 et 2023 (189 cas pour 100.000 habitants).

- La gonorrhée est la plus fréquente chez les hommes (trois fois plus d'hommes que de femmes), et surtout parmi les 25-34 ans. Elle a grimpé de 99% en moyenne (130/100.000 habitants), mais de 145% chez les femmes.

- La syphilis est la moins fréquente des trois IST (73/100.000 habitants), mais elle augmente aussi (+13% en moyenne).

Parler des conséquences, non négligeables, des IST non traitées, est aussi une façon d'aborder le sujet en consultation. Chlamydia et gonorrhée peuvent entraîner une inflammation pelvienne, causer des douleurs chroniques à long terme et une stérilité. La gonorrhée peut en outre provoquer des inflammations notamment articulaires. La syphilis peut avoir de graves conséquences neurologiques et cardiologiques, ainsi que sur l'enfant à naître en cas de grossesse.

Enfin, Sciensano rappelle l'importance d'effectuer le traitement des IST en suivant les directives belges en matière d'antibiotiques car Neisseria gonorrhoeae, par exemple, résiste désormais à certains antibiotiques.

Un SMS anonyme pour prévenir ses partenaires

Si les résultats de votre patient s'avèrent positifs et que vous sentez qu'il est mal à l'aise d'en informer ses partenaires potentiellement infectés pour qu'ils se fassent dépister à leur tour, sachez qu'il existe un système de SMS que les patients peuvent envoyer gratuitement et anonymement depuis la plateforme https://depistage.be/sms/. Un autre système né en Flandre est aussi disponible, où le médecin doit donner un code pour pouvoir envoyer le SMS (www.partneralert.be/F/).

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