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Le virus de la grippe aviaire aurait muté dans l'organisme d'un patient américain

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Le premier cas humain grave de grippe aviaire aux Etats-Unis est porteur d'un virus qui aurait muté à l'intérieur de son organisme pour s'adapter aux voies respiratoires humaines, ont annoncé jeudi les autorités sanitaires américaines.

Belga - 31 décembre 2024

Les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) avaient annoncé le 18 décembre qu'un patient âgé était hospitalisé en Louisiane dans "un état critique" après avoir été contaminé par le virus H5N1.

Le virus se lie aux récepteurs cellulaires humains

Une petite partie du virus retrouvé dans la gorge de ce patient présente des modifications génétiques pouvant se traduire par une "liaison accrue du virus" avec certains "récepteurs cellulaires des voies respiratoires supérieures humaines", ont révélé jeudi les CDC. Elles ont "probablement été générées lors de la réplication du virus chez le patient", ont indiqué les CDC, précisant qu'aucune transmission de ce virus ayant muté n'a été identifiée.

Ces modifications n'ont pas été observées chez des oiseaux contaminés, y compris chez ceux avec lesquels le patient aurait été en contact dans une basse-cour. Des experts sollicités par l'AFP ont déclaré qu'il était trop tôt pour déterminer si ces changements pouvaient permettre au virus de se propager plus facilement, ou de provoquer davantage de cas graves chez des humains.

Étape nécessaire mais non suffisante

La mutation en cause constitue "une étape nécessaire pour qu'un virus devienne plus contagieux", a expliqué à l'AFP Angela Rasmussen, virologue à l'université de Saskatchewan, au Canada. "Mais j'insiste sur le fait que ce n'est pas la seule" nécessaire, a-t-elle ajouté. Mme Rasmussen a indiqué que la mutation pourrait permettre au virus de pénétrer plus facilement dans les cellules, mais que des tests supplémentaires devront être menés sur des animaux pour le confirmer.

Des modifications génétiques ont déjà été observées par le passé chez des patients contaminés par la grippe aviaire et gravement malades, mais ne se sont pour autant pas traduits par une augmentation de la transmissibilité du virus à l'homme.

Pas forcément une mauvaise chose

Pour Thijs Kuiken, du Centre médical universitaire Erasmus, aux Pays-Bas, ces modifications pourraient conduire à des infections moins graves, le virus devenant "plus susceptible" d'"infecter les voies respiratoires supérieures", provoquant des écoulements nasaux ou des maux de gorge, que d'affecter les voies respiratoires inférieures, et d'entraîner des pneumonies.

Ces observations ne signifient donc pas que l'on se rapproche d'une "pandémie", a insisté Angela Rasmussen. En plus de ce patient de Louisiane, 65 cas bénins de la maladie ont été détectés chez l'homme aux Etats-Unis depuis le début de l'année, et d'autres pourraient être passés inaperçus, selon les CDC.

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